Tout Recommencer : 4 idées reçues à balayer illico

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T’arrive-t-il d’avoir envie de tout balancer ?
De penser que tu n’es pas dans la bonne vie, que « ça » ne devrait pas être si difficile ?
As-tu le sentiment que les petits changements ne te mènent plus à rien, qu’il te faut faire table rase ?
Et pourtant, malgré ces pensées qui reviennent régulièrement, tu es toujours dans cette vie qui ne te plaît pas, dans laquelle tu es manipulée, peut-être violentée. Et tu t’en veux, parce que malgré l’envie, tu n’es « même pas capable de tout recommencer ».

 

Dans un article précédent (que tu peux lire en cliquant ici), j’ai parlé du paradoxe qui existe entre l’envie de repartir de zéro et la peur de faire des changements, qui génère l’immobilité.
J’examinais comment le seul fait de se poser la question de tout recommencer était déjà le signe que notre vie ne nous satisfaisait plus.
Comme si notre mental avait un train d’avance sur nos actions.

 

Dans l’article d’aujourd’hui, je reviens sur le concept de recommencer sa vie.
J’aimerais déconstruire quatre idées reçues que j’entends fréquemment :

  1. Tout recommencer, c’est impossible
  2. Repartir à zéro, c’est tout perdre
  3. Je n’en suis pas capable
  4. Il faut « sauver les meubles »

 

1.Tout recommencer, c’est impossible

 

Pour moi, cette phrase toute construite qui se balade dans nos têtes est un excellent exemple des pensées auxquelles nous nous accrochons, qui nous sont confortables bien qu’elles ne nous soient pas bénéfiques.

 

Le monde qui nous entoure évolue en grande partie dans la continuité, et ne se remet pas en question.
Nous connaissons tous des exemples de grands projets lancés au siècle dernier, qui ne fonctionnent plus aujourd’hui, mais qui continuent d’avancer droit dans le mur (la Sécurité sociale, la SNCF, l’éducation nationale, etc. Il y a aussi des exemples dans le secteur privé : Nokia a disparu du monde des portables parce que la société était partie sur un système d’exploitation et n’a pas su/pu tout recommencer).

Dans nos vies personnelles, c’est parfois pareil.

Nous n’avons pas appris la qualité de nous remettre en question à l’école, rarement dans notre famille et nous en avons tiré la conclusion implicite et inconsciente qu’il est impossible de tout changer.

 

Dans un sens, ça nous arrange bien.
Car tout recommencer demande des efforts,
à commencer par le travail intellectuel de croire à autre chose que ce à quoi on a toujours cru.

Notre cerveau est paresseux, il aime bien penser ce qu’il a toujours pensé.
Nous sommes paresseuses. Nous aimons bien faire ce que nous savons déjà faire.

 

Donc, quand nous présentons à notre esprit une idée aussi radicale que : « Il faut tout changer. »,
nous n’avons pas trop à faire pour nous convaincre que c’est impossible.

Rassurées, nous nous disons que nous n’avons pas le choix et nous continuons donc à vivre comme avant.

 

Comme si on avait dit à l’alpiniste au pied de l’Himalaya : « C’est trop haut »
et qu’il s’était assis en bas en disant : « Ben, oui. C’est vrai. »

 

Heureusement, il existe des gens qui croient que tout est possible.
Ils font avancer le monde et la science.
On sait maintenant que notre cerveau se régénère,
que ce n’est pas la pente descendante à partir de 25 ans.
Nous avons réellement les capacités d’évoluer et de nous changer.

 

Alors, tout recommencer : mission impossible ?
Non.

La première chose à faire,
c’est de changer son mode de pensée
et de se mettre non seulement à y croire, mais aussi, à le vouloir.

 

2. Repartir à zéro, c’est tout perdre

 

Perdre quoi, exactement ?
Ce qu’on a déjà perdu et qui nous donne envie de tout balancer ?

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Il n’y a qu’une chose que nous puissions réellement perdre.

C’est la seule vie dont nous disposions, en la vivant dans la souffrance et le renoncement de soi-même.

Rien ni personne ne dicte que nous méritions moins de bonheur, moins de sérénité que les autres.
Personne n’est né pour prendre ce rôle.

 

Beaucoup de nous n’ont pas reçu ce dont nous avions besoin dans notre enfance,
mais nous ne sommes plus ces différents êtres que nous avons été.

Nous ne sommes plus ce bébé qui pleurnichait trop (dixit nos parents),
nous ne sommes plus cette ado boutonneuse qui n’intéressait personne (dixit nos souvenirs),
nous ne sommes plus cette jeune mariée enamourée qui n’a pas osé poser ses limites.
Ces personnes font partie de nous, mais elles ne sont pas nous, nous les avons déjà perdues.

 

Et toi, je te demande, qui es-tu aujourd’hui ?
Es-tu la personne que tu veux être ?

Vis-tu la vie que tu veux vivre ?

 

J’ai eu envie de pleurer, un jour, quand j’ai lu le récit d’une femme
qui disait qu’elle ne pouvait pas quitter sa maison
parce qu’elle voulait la garder pour ses enfants.
Elle choisissait de rester dans la maltraitance de son conjoint
pour ne pas perdre sa moitié de la maison.
J’espère que ses enfants ne liront jamais cela.

 

Les témoignages sont nombreux de femmes qui sont parties et qui ont galéré.
Ce n’est pas juste et ce n’est pas facile, c’est vrai.
Mais donner sa vie pour une moitié de maison ?

 

Avoir le courage de tout recommencer, ce n’est pas tout perdre.
C’est se donner la chance de tout gagner.

 

3. Je n’en suis pas capable

 

La peur de ne pas réussir est probablement l’obstacle le plus fréquent.

Mais la peur, c’est une émotion.
Une émotion, c’est une vibration dans notre corps.

On la laisse venir, on se laisse la ressentir, et elle passe.

 

La peur, ça se déconstruit, ça se surmonte.
(Je donne des techniques pour cela dans mon plan en 3 étapes
que tu peux télécharger gratuitement avec l’un des formulaires sur cette page.)

Nous toutes, adultes, sommes capable de vivre une vie dans le respect
et nous avons toute non seulement les capacités, mais aussi le devoir, de nous prendre en charge.

C’est la spécificité des humains d’avoir des bébés qui sont totalement dépendants de leurs parents…
Mais, une fois adultes, nous avons toutes les aptitudes pour vivre une vie responsable et autonome.
Nous pouvons choisir de ne pas vivre seules, mais nous en sommes capables.

 

Même quand on a vécu des mois, des années ou des décennies avec quelqu’un qui nous a dit le contraire.
Même quand on nous l’a fait croire depuis l’enfance.

 

Pour tout recommencer, nous passerons toutes par des hauts et des bas, nous ferons des essais et des erreurs.
Nous serons très douées pour quelque chose et pas géniales pour une autre chose.
Nous nous ferons aider, par notre entourage, par les associations, par l’assistance sociale, par notre voisine ou par notre collègue de travail, par les professionnels, par les forces de l’ordre parfois aussi.
Nous n’avons pas besoin de faire ce chemin seules.
Personne ne gravit l’Himalaya sans aide. Ni sans préparation.
Nous sommes toutes capables de construire notre vie.
Sans compte à rendre et pour notre bonheur.

 

 

4. Il faut « sauver les meubles »

 

La dernière idée reçue que j’aimerais regarder ici est cette idée
qu’il faut essayer de préserver sa vie au plus proche de ce qu’elle a été.
C’est à dire tout recommencer, mais en n’y allant pas franchement,
en s’imposant des contraintes… des contraintes rarement réfléchies.
Qui ne sont justifiées que par le fait que c’est plus ou moins ce qu’on croit et ce que tout le monde semble dire.

En fait, on aimerait faire table rase, mais en s’encombrant d’idées préconçues.

 

La femme dont j’ai parlé plus haut voulait garder sa maison pour ses enfants.
Je me demande quel attachement les enfants éprouvent pour une maison
dans laquelle ils ont passé leur enfance à voir leur mère maltraitée.

 

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Dans le même style est l’idée de ne pas briser la famille, ou de ne pas priver les enfants de leur père.

Une famille dans laquelle un homme harcèle ou maltraite sa femme n’est pas une famille.
Ce n’est pas la famille dont tu rêvais quand tu t’es mariée,
ce n’est pas la famille que tu souhaites donner comme modèle à tes enfants.
Le père est toujours le père, même quand il n’est plus sous le même toit.
C’est sa responsabilité à lui de créer une relation avec ses enfants. Pas la tienne.

 

Que penser de l’idée qu’il faut que tout reste pareil pour les enfants ?
Alors que rien n’est pareil.
La chose la plus importante à leurs yeux, le couple parental, se dissout,
et il faudrait que rien ne change ?

Ça ne me semble pas logique.
Le plus important, ce n’est pas leur chambre,
mais la présence affective des adultes de leur vie.
À travers les épreuves.
Ce n’est pas de prétendre que tout est « comme avant ».

 

Mon cas ne sert pas de référence à tout le monde,
je respecte que chacune fasse ses choix et place ses priorités.
Pour ma part, j’ai attendu plus de trois ans avant de vendre la maison
qui avait été notre maison commune. J’en ai bavé.
Elle était trop grande, elle demandait trop d’entretien et elle me ligotait financièrement.
Y rester ne me poussait pas à renouveler ma manière de vivre ni mes habitudes.
Y rester faisait encore plus ressentir que nous y étions « sans papa »,
ce qui aurait certainement été moins violent dans un cadre différent.
Déménager a été une telle reprise en main de ma vie
que je me demande vraiment pourquoi j’ai attendu si longtemps.
J’aurais aimé entendre des discours
qui me fassent comprendre que les murs importent peu,
l’important c’est où est mon cœur.

 

 

Sans prôner la précipitation, je pense qu’il m’aurait été plus utile
d’essayer de bien mettre ma situation à plat,
d’évaluer ce qui était bon et gérable pour moi
et de me lancer sans essayer de « préserver » les acquis de ma vieille vie.

 

5. En conclusion

 

Tout recommencer, c’est possible et beaucoup de femmes l’ont déjà fait.
Mais, quels que soient les changements que l’on fait, on repart rarement de zéro.

Beaucoup de femmes ont décidé de changer leur vie.
Elles ont perdu quelque chose en chemin.
Et elles ont aussi trouvé des compétences nouvelles et d’autres valeurs, bien plus importantes.
Elles n’ont pas oublié tout ce qu’elles avaient appris, elles ont continué de progresser.
Elles ont transformé les épreuves vécues en force.

 

Les grands plans ne sont qu’une multitude de petits projets empilés les uns sur les autres,
jusqu’à former une montagne aussi haute que l’Himalaya.
Il n’est donc que question de temps, de préparation et de motivation.
Chacune peut et doit apprendre à décomposer son projet en étapes,
à se fixer des objectifs et à les partager,
à tomber et se relever chaque fois que quelque chose ne marche pas,
puis à essayer de nouveau.

Et au bout du chemin, planter son drapeau en haut de la montagne.

 

Chacune de nous peut apprendre à y croire et à le vouloir.

 

Il n’y a rien à perdre, juste une vraie vie à gagner.

 

Et toi, as-tu changé ta vie? Es-tu repartie de zéro?
Quels sont les challenges que tu as rencontrés et comment les as-tu dépassés?
Laisse ta réponse ci-dessous, merci!

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Attribution des photos : Marivi Pazos (couverture, modifiée)

Publié le 11 avril

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Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

One thought on “Tout Recommencer : 4 idées reçues à balayer illico”

  1. Excellent article !
    Je me rends compte que, chaque fois que j’ai avancé dans ma vie, cela a été en me disant “C’est quand on a plus rien à perdre que l’on a tout à gagner”.
    Encore faut-il savoir ce que l’on entend par “rien à perdre” car l’on croit toujours, en effet être retenu par quelque chose. L’idée que les autres peuvent se faire de nous, si l’on fait voler en éclats la “vitrine” d’une vie familiale qui entrait socialement en inter-actions avec les autres, notre sens du devoir ou notre conscience (morale) auprès des enfants, voire …un confort matériel. L’exemple sur l’attachement présumé des enfants à un lieu de vie de souffrance est très parlant. L’on ne tient, dans le fond, qu’à des idées, des représentations ….le plus souvent complètement erronées. Par le besoin de rester dans sa zone de confort, (aussi inconfortable soit-elle), par peur de l’inconnu.
    Il faut un sacré électo-choc, mise en danger physique, émotionnelle, financière pour comprendre enfin que quelque chose doit changer. Que ce à quoi l’on s’accroche est ce qui vous ensevelit.
    Mais parfois, cela ne va pas jusque là. Le simple fait d’avoir envie de tout envoyer balader, de s’imaginer “ailleurs, “autrement” est une prise de conscience sur laquelle travailler. Qui peut permettre de préparer ce changement, en “toute sérénité”, une chose chaque jour … pour tourner le dos à ce qui ne nous “correspond” plus sans agir dans la précipitation (excepté en cas d’urgence physique vitale). La précipitation, le coup de tête en effet induisent la peur (sentiment) et le risque réel de “jeter le bébé avec l’eau du bain” . De se débarrasser, dans l’impulsion, de choses, de gens, de soutiens qui eux appartiennent au positif de notre vie et nous seront nécessaires et utiles pour nous reconstruire. Je pense par exemple à des amis dont on ne sait plus quoi penser car une distance s’est mise en place. La phase de “victimisation” génère en effet un besoin frénétique de compassion. Mais si l’on s’y complaît trop, l’entourage, qui pourtant ne nie rien et a bien compris la situation, finit par se lasser de notre déni. Alors oui, il y a des gens qui vous ont réellement tourné le dos mais il y a aussi ceux qui attendent que vous vous décidiez enfin à vous prendre en main vous-même pour vous tendre la leur. Ceux-là, il ne faut pas hésiter à leur prouver que vous avez retrouvé votre pleine conscience, non par des discours, mais par des actes.
    Faire table rase d’une situation ne veut pas dire renoncer à celle que vous êtes intrinsèquement, libérée du conditionnement acquis ou imposé. C’est vous mettre en adéquation avec celle que vous êtes devenue, par l’expérience, au fil des épreuves. C’est vous retrouver vous, débarrassée de toutes les couches qui se sont accumulées sur votre dos et que vous avez fini par croire être vous.
    Se débarrasser est à la fois mental et physique. Le changement, quand il s’opère, se concrétise par des changements concrets repérables. Certaines ne changent que de coiffure ou de style, d’autres d’emploi, d’autres se lancent dans une reconversion professionnelle, voire carrément d’environnement total, changeant de résidence, de région, de pays même. Tout ce qui n’est pas une fuite mais une démarche vers son nouveau “soi” révélé enfin est à OSER, sans hésitation, en le préparant. En s'”écoutant” sans mettre de limites à son rêve. C’est le premier pas qui compte. Il est souvent stupéfiant de constater comment les choses s’ouvrent et se mettent en place d’elles-mêmes une fois ce fichu premier pas franchi. C’est un horizon nouveau entier qui s’ouvre, des opportunités parfois au delà de ce que l’on avait imaginé. Il faut accepter de se laisser surprendre.

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