Accueil » Témoignage » Témoignage de C. : belle-mère manipulatrice et emprises
Cosima témoigne de la violence psychologique de sa belle-mère manipulatrice.

Témoignage de C. : belle-mère manipulatrice et emprises

J’aimerais aujourd’hui vous présenter C., une femme qui a fait beaucoup de travail pour se libérer de relations perverses. J’utilise le pluriel, car il est impossible de raconter son histoire en se limitant à la toxicité de son ex-mari. Dans le rôle de la belle-mère manipulatrice se trouve une femme machiavélique, digne des contes les plus terrifiants de notre enfance. Le témoignage de C. permet d’observer les influences néfastes d’un parent sur son enfant, précisément celles d’une mère toxique sur son fils devenu adulte, et par ricochet, sur la victime ultime, la belle-fille. Il montre que les histoires de belle-mère jalouse, de belle-mère envahissante, de belle-mère possessive et manipulatrice ne sont pas que des clichésSon récit est une parfaite illustration de la dynamique de perversion narcissique. C’est effrayant.

Mais le témoignage de C. est aussi celui d’une femme qui a l’audace d’accepter la responsabilité de ses choix, de faire des recherches, de s’informer, de se faire aider et de vouloir trouver une issue qui ne la détruise pas davantage. Par son courage, et par certains choix parfois peu conventionnels, elle trouve le soutien dont elle a besoin. Elle se fixe des objectifs pour se recentrer et se libérer, et à force de travail, elle parvient à un équilibre.

I. Un match contre une belle-mère manipulatrice ?

Le témoignage de C. n’est pas celui d’une « victoire » sur son ex-mari ou sa belle-mère manipulatrice, mais d’une victoire sur le cours de son histoire. C. ne se bat pas contre des gens, elle se bat contre une dynamique. Et surtout, elle se bat pour elle, et pour ses enfants

1- Les 3 points clés qui l’ont aidée dans ses mots :

  • L’écriture  :

    « Tenir un journal intime et écrire le détail de mon épreuve a été déterminant dans mon cheminement pour la reconstruction. L’écriture m’a permis d’expulser tout ce dont je n’arrivais pas à me défaire et qui se traduisait par des maux corporels et des pensées obsessionnelles. Coucher sur le papier mes traumatismes a été une façon de dire à mon corps et à mon esprit : “C’est bon, soyez tranquilles, la trace de tout cela sera gardée à travers ce papier, vous pouvez désormais vous libérer de ce poids ” »

  • Les rêves :

    « Analyser mes rêves, extrêmement féconds sur cette période, m’a permis de reprendre contact avec mon monde intérieur, que j’avais très largement bafoué pendant la relation. À côté de l’analyse systématique de mes rêves, j’ai beaucoup travaillé sur “ la Loi de l’Attraction ”, en tentant de changer mon énergie à travers des pratiques telles que le Vision Board et la description millimétrée de ce que serait ma vie d’après. Ces rituels m’ont permis d’ancrer mon but et de me réconforter. »

  • Retrouver son corps  :

    « J’ai intégré la pleine conscience à ma vie quotidienne, par exemple, lorsque je me rendais à pied sur mon lieu de travail, ou bien en dansant avec mes enfants. L’objectif ici était de renouer avec mon corps que j’avais complètement désinvesti lorsque j’étais dans la tourmente. »

2- Les 3 victoires de C., dans ses mots :

« J’ai réalisé que la violence n’arrive jamais par hasard et que j’étais issue de deux familles qui recelaient chacune à sa façon une forme de violence. Je suis convaincue que la violence se transmet de génération en génération jusqu’à ce qu’un des maillons de cette chaîne familiale se réveille et libère les générations à venir par son action. »

– « J’ai réalisé que j’avais vécu jusqu’alors complètement endormie et contorsionnée pour me couler dans le moule de ce que les autres et la société attendaient de moi (ou tout du moins, ce que je pensais qu’ils attendaient de moi). Je n’avais jamais eu le courage d’être moi avant cette épreuve. »

– « J’ai appris que le but de ma vie n’était pas d’être  gentille et bienveillante, mais «forte, ferme, ancrée et déterminée».

et je laisse lui laisse le soin de conclure… à la fin de l’article 🙂

II. La belle-mère manipulatrice :
histoire typique de perversion narcissique

Comment ne pas voir une petite cendrillon, dans cette jeune C. ? Issue d’un milieu lorrain prolétaire, elle attire l’attention de G., un jeune homme brillant, éduqué, fortuné, « qui en jette », comme elle dit. Elle est séduite, elle est époustouflée. Comment peut-il s’intéresser à elle ? Mais c’est ce qui se passe et le couple se forme.

1. Petites manies et chauds-froids

Elle est amoureuse, et si elle se souvient aujourd’hui de moments de « chaud-froid » dans cette phase de séduction, elle se rappelle aussi qu’elle ne se laissait pas faire. Elle se souvient par exemple d’une soirée où elle avait décidé de sortir sans lui, alors même que c’était son anniversaire, car il avait été odieux toute la journée. Il lui en avait voulu, mais elle avait su montrer que « trop, c’est trop ».

Elle se rappelle aussi quelques difficultés, des manies qui peuvent sembler révélatrices quand on regarde une histoire a posteriori (comme dans les violences psychologiques subies par Sophie: lire le témoignage) avec tout ce qu’on a appris depuis sur les personnalités manipulatrices, mais qui semblent bien peu de chose quand on est amoureuse.

Lorsqu’elle était malade, il lui interdisait de tousser dans le lit, pour ne pas perturber son sommeil. Alors, elle se faisait violence pour ne pas tousser pour éviter de finir sur le canapé. Quitte-t-on l’homme que l’on aime et qui nous aime pour de telles broutilles ?

(Je glisse une note personnelle ici :
pourquoi diable elle, malade, aurait dû être la personne qui finit sur le canapé
et pas celui qui se plaint — et est bien portant… ?
Et pourquoi cela ne nous semble pas évident au moment où ca se passe ?
Des années après et malgré ma formation, je continue de rester perplexe…)

2. Mariage sous tentative d’emprise

La préparation de leur mariage, par contre, se transforme en véritable partie de bras de fer entre elle et sa future belle-mère. Celle-ci, une femme de caractère et peu encline au compromis, décide d’organiser le mariage de son fils à sa guise. C. à l’époque ne sait rien des relations toxiques, le concept de la belle-mère manipulatrice lui est totalement étranger. C’est SON mariage et elle ne voit pas les choses de cet œil-là.
Elle résiste.

La belle-mère change de cap et propose que les jeunes fassent deux mariages : l’un « sous-entendu, prolo » pour la famille de C., et l’autre sous sa régence. Outrée, C. ne transige pas, et c’est finalement lors d’un petit mariage un peu bâclé, avec une quinzaine de proches, que l’union est célébrée.

Le couple habite Paris, la distance géographique apporte un répit. Les deux ont de bons postes, ils trouvent un bel appartement et les enfants arrivent. Un garçon, puis une fille.

G. est insatisfait. Il râle. C. l’entend souvent vociférer. Il lui reproche de ne rien écouter, de ne faire attention à rien… parce qu’elle plie mal les serviettes ! Le week-end, elle s’occupe des enfants pendant qu’il fait la grasse matinée jusqu’à 11 h ou midi. Il lui interdit de faire du bruit avec les enfants parce qu’il veut dormir tranquillement. Elle travaille pourtant autant que lui. S’il estime qu’elle a été trop bruyante, il la remontre hargneusement, déclarant qu’elle ne respecte rien ni personne.

III. Un burn-out redonne l’avantage
à la belle-mère manipulatrice

1. Le burn-out du mari

C’est le burn-out de G. qui est l’événement déclencheur du déséquilibre et le point de départ d’une dynamique de persécution systématique. À l’aubaine de son congé maladie, le jeune papa part se reposer et se ressourcer chez ses parents, accompagné de son fils. C. qui, de son côté, prospère dans son poste reste à Paris avec leur fille. Le couple se retrouve le week-end, mais elle sent que son mari change. Cependant n’est-ce pas le propre d’une personne déprimée et malade d’être différente ?

La belle-mère accapare son fils, et surtout les pensées de celui-ci. Elle semble régenter sa vie , comme si elle utilisait une télécommande. G., de son côté, s’en remet systématiquement à l’opinion de sa mère, quitte à s’opposer à sa femme. Des échanges blessants ont lieu entre les deux femmes, que la belle-mère retourne à son avantage en jouant le rôle de la victime. Elle va jusqu’à lui déclarer : « Tu me souhaiterais morte !».

2. Belle-mère manipulatrice ET envahissante

Finalement, c’est à regret que C. quitte Paris pour venir installer sa famille à Montpellier, un environnement que le couple considère comme moins stressant pour G.. Elle ne soupçonne pas alors que la proximité géographique et l’influence de sa belle-mère sont telles que celle-ci va s’ingérer crescendo dans la vie de sa famille. L’aide ponctuelle de garde des enfants devient vite une invasion.

La belle-mère se considère chez eux comme chez elle, elle se permet de fouiller, de servir des produits de beauté de sa belle-fille, de vider les placards des vêtements d’enfants pour les faire passer aux cousins plus petits. Avec ses petits-enfants, elle a des comportements qui brouillent les places générationnelles.

IV. La belle-mère manipulatrice domine

C. est de plus en plus perdue. Elle ne reconnaît plus son mari, elle ne comprend rien de sa vie. Elle, qui n’était déjà pas bien grasse, se met à perdre du poids.

Fort heureusement, elle a trouvé un bon poste à Montpellier et elle se fait, par ce biais, de nouvelles amies. Comme elle a toujours été d’un naturel ouvert et spontané, elle se confie à ses collègues. C’est à travers ces discussions qu’elle commence à comprendre l’anormalité de sa situation, ce qui la pousse à se renseigner. Elle comprend la toxicité de sa belle-famille et elle a peur. Elle comprend qu’elle est la cible d’une belle-mère manipulatrice et hautement toxique.

C. a toujours été intéressée par le développement personnel, dans son courant de pensée large ainsi que dans ses formes plus ésotériques. Elle semble comprendre qu’elle devrait faire des changements, mais quelle direction prendre ? Elle est faible, elle est perdue, elle a peur de se tromper. Elle est prête à tout pour que quelqu’un lui donne la marche à suivre, pour ne pas avoir à prendre de décision elle-même.

1. C. ouvre les yeux

Grâce à ses amies, elle prend des contacts et confie son avenir aux mains de personnes variées : les unes lisent les cartes, les autres interprètent ses rêves, certaines lui font un peu peur. Mais surtout, ces personnes lui offrent l’écoute et la validation dont elle a besoin. Elles lui donnent des pistes, elles lui montrent une direction.

Elle est de plus en plus convaincue qu’elle est la cible de sa belle-mère manipulatrice. Elle est partagée entre deux visions :
celle où son mari est — contre son gré — aussi victime de sa propre mère et celle où son mari est complice persécuteur.

À partir du moment où elle commence à comprendre la toxicité de sa belle-famille, elle essaie d’ouvrir les yeux à son mari.
Mais G. ne comprend pas, il ne voit rien au jeu de sa mère. Il répète à la fréquence d’un métronome que c’est elle qui est folle, paranoïaque et qu’il faut qu’elle se fasse soigner. C. est d’autant plus seule, que sa famille à elle, et particulièrement sa mère,
semble aussi aveugle à sa situation. Pour sa mère, il faudrait accepter et se conformer.

La jeune femme a de plus en plus la hantise de sa belle-mère et de ses incursions dans leur vie. Elle comprend surtout que son mari ne veut pas voir la réalité, ou peut-être qu’il n’en est pas capable. Plus elle se renseigne, plus elle réalise qu’elle ne peut sortir que perdante d’une attaque frontale avec de tels individus. Elle commence à parler de séparation.


2. Le travail sur soi

 

Pendant tout ce temps, C. entreprend un programme de travail sur soi. Elle travaille son alignement avec la Loi de l’Attraction. Elle écrit pour se délester. Elle se projette dans un avenir bienveillant. Elle suit toutes les pistes qui lui font du bien et lui donnent de la force. Elle prend aussi rendez-vous avec un avocat, se renseigne sur les formalités, fait expertiser les biens du couple. Elle met en place des rendez-vous de suivi psychologique pour ses enfants. Ce sont épreuve après épreuve, mais elle se démène et elle avance.

Alors, G. a un sursaut. Il semble sentir le cheminement intérieur de sa femme. Peut-être a-t-il peur de la perdre ? Il propose un séjour en amoureux et le couple part en week-end dans un hôtel de luxe. Il lui fait un cadeau : une magnifique bague sertie de diamants. La bague est somptueuse, mais d’un autre côté, elle ne veux pas être “achetée”.

V. C. divorce de son mari et de sa belle-mère manipulatrice

1. Le point de non-retour

Bien que son infernale belle-mère ait pris un peu de recul à cette époque-là, pour C., le point de non-retour est passé. Elle a trop souffert.
Elle a compris que sa belle-mère ne capitulerait jamais. Elle ne croit plus au changement.Elle a aussi compris qu’elle a davantage à perdre en se lançant dans un combat sans merci qu’en acceptant une défaite dans des termes qu’elle connaît déjà dans leurs grandes lignes.

Comme toutes les femmes qui se préparent à se séparer, C. redoute la charge financière. Surtout que depuis le burn-out, elle gagne plus que son mari. Elle s’imagine ligotée par les exigences de son futur ex-mari. Pour se motiver et se rassurer, elle utilise un mélange ingénieux d’intentions et d’ancrage et de réflexions pragmatiques.

2. Gagner en acceptant de perdre

D’une manière systématique, elle fait tout pour obtenir ce qu’elle souhaite,  mais elle accepte d’ores et déjà qu’elle ne puisse pas contrôler l’univers. Quand elle demande le divorce, elle fait une liste de demandes, dont la garde des enfants. Le jour où la garde alternée est décrétée, elle reconnaît que le jugement qu’elle souhaitait.Elle se laisse vivre sa tristesse.

Mais elle sait aussi qu’elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour protéger ses enfants. La certitude du suivi psychologique de ses enfants l’aide à surmonter l’épreuve. Elle sait que sa belle-mère continuera à être une femme manipulatrice qui passera beaucoup de temps avec ses enfants et les influencera. Au lieu de céder à l’angoisse et à la peur, ou de se jeter dans un combat juridique,
elle se dit et accepte que, d’une part, elle n’a pas le choix et d’autre part, elle n’est plus ignorante. Elle bénéficie de la moitié du temps, pour contrebalancer les méfaits par la parole, avec amour, fermeté et bienveillance.

C. a fait un travail personnel, qui lui a permis de distinguer son histoire de sa personne.

Quand elle est partie, elle ne s’est pas trouvée anéantie par son histoire, ni par sa belle-mère manipulatrice, ni par la toxicité des relations au sein de sa belle-famille, car elle avait fait la part des choses, endossé ses responsabilités, et par là même, retrouvé le pouvoir sur sa vie. Elle a appris beaucoup sur elle-même et s’est transformée en profondeur.

3. Elle conclut ainsi :

Je ne considère pas du tout cette épreuve
comme un malheureux hasard ou un “pas de chance quelconque”.
Je dis d’ailleurs souvent que si je n’avais pas attiré G.,
j’aurais attiré une autre personnalité manipulatrice.
Il fallait que je passe par cette déconstruction, par ce chaos
pour me façonner telle que je suis réellement,
telle que je suis sans la peur de déplaire et de faire des vagues,
et telle que je n’ai jamais été auparavant.

As-tu aussi vécu des relations complexes et toxiques non seulement avec un conjoint, mais aussi avec un de ses parents ? As-tu vécu l’ingérence d’une personne extérieure dans ton couple ?
Comment as-tu réussi à progresser, quelles sont les étapes et les faits qui t’ont permis de comprendre l’engrenage et les mécanismes ?

Cosima témoigne de la violence psychologique de sa belle-mère manipulatrice.
Cet article te plaît ? Épingle-le dans Pinterest pour le retrouver facilement !

Et sur la chaîne Youtube!

Attribution photos : “W” pour la couverture, Cosima Vega dans l’article

Publié le 21 février

  •  
    55
    Shares
  • 55

2 thoughts on “Témoignage de C. : belle-mère manipulatrice et emprises”

  1. Bonsoir , je m’appelle Eglantine, j’ai été victime d’un pervers narcissique à l’age de 16ans mon première Amour et mon second victime de la belle mère manipulatrice !
    Elle cache bien son jeux depuis le debut et c’est exactement comme vous c’est moi la folle , la méchante et la mauvaise mère !
    J’ai vecu dans une grande période muette , frustrés, démunis, angoissé, triste …..
    J’avais l’impression qu’on me volait ma vie , mon enfant et mon mari !!
    C ‘était horrible, j’avais envie de mourir car j’étais coincé, j’avais peur de perdre ma propre famille !
    Ma belle mère a remonté ma fille contre moi et mon mari ne voyait rien……
    Ce soir ma petite fille vient de me dire que ma belle mère lui avait dit de ne plus me faire de câlins !

  2. Merci de ton témoignage, Églantine.

    Et qu’en a-t-elle pensé, ta petite fille?
    J’imagine que rien, pas même les paroles d’une absente, ne peut vous empêcher de passer des moments privilégiés ensemble.
    Profite de ces moments sans te soucier de ce que cette personne fait ou dit.
    Entre l’énergie négative d’une personne qui dit du mal des autres et l’énergie positive et l’amour d’une grand-mère qui fait des câlins, ta petite-fille saura tirer ses propres conclusions.

    Voici un article qui peut t’intéresser : https://une-chose-par-jour.com/trop-attendre-des-autres/

    À bientôt!

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *