Statut de Victime : c’est vraiment ce que tu veux ?

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le-statut-de-victimeLe jour où j’ai entendu l’expression « statut de victime », j’ai failli tomber à la renverse.
Pour moi, être victime était forcément être « victime de… ».
Pas un statut.
Un état, une étape non intentionnelle dans la vie d’une personne qui subissait,
ou avait subi, un trauma, quelle qu’en soit la cause (un accident, un attentat, un vol, un viol, la violence conjugale, etc.)
Un peu comme « enceinte », en fait.
Être enceinte pendant neuf mois, c’est bon.
Mais après, c’est quand même autre chose, de passer à l’état suivant et de se développer en tant que parent.

Forcément, je me suis interrogée sur la signification cette expression et son impact… sur les victimes, justement.
Qu’est-ce qu’une victime, et qu’est-ce qu’un statut ?
Et pourquoi, dans des discussions que je lis sur internet, certaines personnes semblent supplier qu’on leur colle cette étiquette?

Tu commences à me connaître… avec ma manie des mots et de leur effet sur notre moral !
Utiliser des expressions qui nous font mal… rien de tel comme technique de victimisation.

 

I.La signification des mots: Statut de victime

 

J’ai plongé dans le dictionnaire. C’est toujours une bonne idée quand on s’aperçoit qu’on ne comprend peut-être pas la même chose que les autres et voilà ce qu’il nous dit :

 

1- Victime

C’est un animal ou un être humain sacrifié à une divinité.
(Même si tu as un jour pensé à ton homme comme à un demi-dieu, ce n’est peut-être pas à ça que le terme « statut de victime » se rapporte. Malheureusement, je suis sûre qu’on se reconnaît toutes…)

Ou bien :

C’est une personne qui subit les conséquences fâcheuses des événements ou d’autrui. Et les exemples cités sont tous présentés sous la forme « victime de … » : victime d’un abus, du chômage, d’un viol, d’une injustice, etc.

Dans le contexte du droit, la victime est une personne qui subit personnellement un préjudice physique, moral ou matériel.

 

Le dictionnaire ne parle pas précisément de la durée de cet état.
Mais il nous dit que quand on est malade, c’est pendant la période pendant laquelle notre santé est altérée. Et quand on est enceinte, c’est pendant l’état de grossesse.

Donc voilà.
Ça finit quand on est plus dans les circonstances définies.

 

2- Statut

 

C’est un ensemble de dispositions législatives ou de règles (ce qui a été « statué »).

Ou bien.

C’est la situation d’un individu dans un groupe (le statut des cheminots, le statut social).

Merci bien.
Victime, comme position sociale ?

 

3- Le statut de victime, qu’est ce que c’est, alors ?

 

C’est la reconnaissance par une cour, dans un cadre légal, qu’une personne tierce nous a causé un préjudice.

C’est tout.

C’est beaucoup, bien sûr, quand on espère des compensations ou des aides liées à un jugement.

 

Mais il faut bien comprendre que ça ne te définit pas.

 

II. Se reconnaître victime, même sans le « statut »

 

Ce qui me choque par-dessus tout, c’est qu’utiliser l’expression “statut de victime”
et passer des années sur les bancs d’un tribunal à essayer de prouver qu’on est bien une victime,
ça ne nous aide pas à avancer.

À force de se battre pour essayer de garantir qu’on a été victime de son conjoint,
on finit par devenir aussi victime du tribunal, des longueurs du système judiciaire,
des services sociaux, des avocats incompétents, etc. etc., etc.
Ne me fais pas dire ce que je ne dis pas, je ne conteste pas qu’en tant qu’humaine et citoyenne
nous avons des droits- et des devoirs- et qu’il faille de temps à autre se battre pour eux.

 

Mais je crois que si tu choisis cette voie, il faut te battre sous d’autres étiquettes :
en tant que femme, en tant qu’humaine, en tant que citoyenne à part entière. D’égal à égal.

Il faut te rappeler que « statut de victime » ce sont des mots légaux, qui ne te définissent pas, toi.

De la même manière que tu ne vas pas te donner le titre de « malade » parce que tu as eu la grippe une fois,
ni de « contribuable » parce que tu paies tes impôts.

Bonjour, je suis Virginie. Contribuable, victime, malade, enceinte…

Ca n’a pas de sens !

 

1- Méfie-toi des vœux que tu fais !

C’est la traduction de l’expression anglaise : « Be careful what you wish for ».
Ça me fait penser aux histoires de génies dans la bouteille : le troisième vœu,
c’est toujours ce qu’on désire le plus, et qu’on obtient, mais qui se révèle ne pas être ce qu’on voulait vraiment.

 

S’il est indispensable –pour pouvoir sortir d’une relation abusive ou violente
– de prendre conscience que l’on a été victime des paroles, des comportements et des actes d’autrui,
il est tout aussi important de faire le travail nécessaire pour se débarrasser de ce manteau de victime.
Il est lourd, il est triste, il est entravant. Il nous accroche à notre passé.

 

Il n’y a pas de honte.
J’ai été victime d’une relation abusive et de violence conjugale.

Toi aussi, sans doute, si tu lis ces lignes.

C’est un passage de ma vie. Il m’a transformée, mais il n’est pas moi.

 

De la même manière que les religions des Hommes ne sont pas la Foi, le système législatif est un système humain.
Il est plein de failles, il se trompe autant que nous, il n’incarne pas la morale.

Qu’un tribunal se prononce sur mon statut ne change en rien ce que j’ai vécu.

Ce n’est pas à un tel système que je veux confier le pouvoir de définir qui je suis.

2- Sortir de l’autovictimisation pour avancer

 

Victimiser, ça signifie choisir quelqu’un comme victime.
Alors, par pitié !

Épargne-toi ce mal.

Les thérapeutes sérieux encouragent leurs patients à accepter qu’ils aient été les victimes d’une personne qui leur était chère.
Puis ils encouragent leurs patients à comprendre leur part de responsabilité dans leur histoire, sans culpabilité.
À dépasser leur état de malade, pour guérir.
À accoucher de leur nouvelle personne.

C’est la meilleure chose qui soit.

Car si on est responsable, on a du pouvoir.
On a le pouvoir de faire des choix, des choix qui sont bons pour nous.

Méfie-toi des sites, des groupes et de la littérature qui t’encouragent à penser que tout est –ou était- de la faute de l’autre.
Ils ne t’aident pas, ils te ligotent à ton impuissance.

 

Les personnes que j’accompagne le savent : il faut travailler pour se libérer.
Il faut parfois accepter de regarder des facettes de soi qu’on préférerait garder dans l’ombre.
L’autovictimisation et la culpabilité
sont des attitudes qui nous maintiennent dans l’obscurité.

3- Comment sortir de la victimisation ?

 

Que tu aies besoin d’obtenir le statut de victime pour des raisons juridiques ou pas, peu importe.

L’important c’est l’image de toi que tu transportes dans ta tête quand tu fais toutes tes démarches.
Au tribunal et ailleurs. Partout dans ta vie.
Et si tu penses « statut », je te propose de mettre une autre image dans ta tête.

Chaque jour, que tu ailles au travail, que tu règles des démarches administratives ou juridique,
que tu t’occupes de tes enfants, de ton argent, etc.,
fais en sorte de laisser le jargon juridique de côté, et porte une autre image dans ta tête,
une image qui te donne des forces et qui te rappelle pourquoi tu fais ce que tu fais :

statut-de-victime-en-droit

 

 

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(Je le sais, car les lectrices me le disent. C’est bien, c’est le but !)

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Publié le 4 avril

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Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

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