Si vous êtes folles… 5 bonnes raisons de vous soigner!

Posted on

Suis-je folle?

C’est moi qui suis complètement folle, me direz-vous, avec un titre d’article pareil !

Et sachez que oui, non seulement je suis un peu fofolle, mais en plus je revendique mon brin de folie. C’est avec une pointe d’ironie que j’écris cet article, mais vous allez voir, le contenu est sérieux (même pour nous autres folles…)

 

Par contre, cela n’a pas toujours été comme ça. Il y a une époque où « on » a essayé de me faire croire qu’être folle était un défaut, voire une tare…

Quand j’étais mariée avec mon O.*, cela m’était asséné sur le ton de l’insulte. J’étais traitée de folle au moins une fois par jour. Apparemment, dans les disputes, la fréquence de ma folie augmentait sérieusement, je devenais folle à chacune des remarques que je faisais.
Il faut que reconnaître que se faire traiter de la sorte et à une telle fréquence, il y a de quoi devenir fou ! (ou folle, en l’occurrence…)

Je ne sais pas si c’est quelque chose qui vous arrive aussi… J’ai remarqué en répondant aux appels à la ligne de soutien où je suis bénévole, ainsi que dans la littérature spécialisée, que « Tu es complètement folle ! » (parfois suivi de « ma pauvre… ») était une insulte assez prisée. Bon, je reconnais que ça nous arrive entre copines aussi : « T’es folle », ai-je dit à Marie-Jo qui venait de s’acheter des talons de 11,5 cm. Mais il ne s’agit sans doute pas de la même folie que celle qui nous est reprochée…

Ceci dit, comme entre folles, on devrait se comprendre, je vais donc continuer.

Finalement, c’est presque de la gratitude que nous devrions éprouver à cette déclaration de notre folie. Dans la vie, on a rarement l’occasion qu’une personne extérieure puisse nous expliquer en termes aussi clairs et en verdict aussi précis, quel est notre problème. Nous, nous recevons le diagnostic sans aller consulter et sans avoir déboursé un seul centime ! Alors…


Ai-je un problème, si je suis « folle » ?

 

CONNAÎTRE LE PROBLÈME, C’EST SE RAPPROCHER DE LA SOLUTION.

  1. D’abord si on est vraiment fou (ou folle), on n’est pas responsable de son état.

Évidemment, il y a longtemps que la majeure partie d’entre nous n’utilise plus ce terme pour définir les personnes souffrant de troubles mentaux. L’auteur de ces insultes fait preuve de bien peu de compassion en les assénant.

  1. Ensuite, se faire coller cette étiquette sur le dos, c’est presque comme recevoir une ordonnance. Puisque je suis folle, je vais aller me faire soigner.

Comme la folie se guérit rarement en avalant une aspirine, mieux vaut prendre rendez-vous avec un médecin, qui saura vous indiquer un spécialiste de votre type folie. Un psychothérapeute spécialisé, par exemple, à qui vous dites « je me sens devenir folle » saura vous aider.

Le médecin, en outre, est tout à fait susceptible d’aider davantage encore, en reconnaissant des signes de dépression, ou d’autres troubles physiques ou psychiques. Des troubles dont il est normal de souffrir quand on est insultée quotidiennement, quand chaque jour, on nous manque de respect, quand nous sommes frappées par des mots, des paumes ou des poings. Un médecin, de surcroît, garde les secrets, les dossiers et est de bon conseil.

  1. Une folle qui se soigne à beaucoup plus de chance de s’en sortir qu’une folle qui ne se soigne pas.

C’est un peu la même chose avec les alcooliques, vous avez sans doute remarqué. Si vous avez besoin d’un chauffeur en urgence la nuit de la Saint-Sylvestre, piratez une réunion AA : c’est là que vous trouvez les personnes les plus sobres de la planète ! Personne n’aura besoin de calculer s’ils ont encore des grammes d’alcool dans le sang, ça fait trois mois, deux ans, ou vingt-cinq ans qu’ils n’ont pas touché une goutte d’alcool. Les alcooliques sont les conducteurs les plus sobres et sains que vous rencontrerez jamais : ils ont un jour reconnu — et accepté — leur déficience par rapport à l’alcool (qui n’était pas leur faute, notez bien) et ils ont décidé de s’en sortir. Certains l’ont fait par leurs propres moyens, d’autres se sont fait accompagner médicalement et psychologiquement. Ils ont réfléchi à leur vie, à leur enfance, à leur construction psychologique bien davantage que nous quidam très lambda. Bref, ils s’en sont sortis et ils sont bien plus sains que nous.

Pareil pour nous. Avec un soutien psychologique, c’est en superwoman que nous nous transformerons.

  1. Se faire soigner, c’est aussi recevoir l’opinion d’un expert.

Il arrive que le médecin nous surprenne. On lui dit qu’on a mal à tel endroit, et il en examine un autre… Cela m’est arrivé très récemment, je suis allée voir le médecin parce que j’avais mal au coude, il a fini par m’envoyer chez l’orthopédiste qui a pris des radios de mon épaule (!). Bref, on m’a raboté un bout d’os dans l’épaule qui appuyait sur le tendon, qui déclenchait les douleurs dans le coude. Je n’ai plus mal au coude (bon, j’ai un peu mal à l’épaule maintenant, mais ça va passer…).

Comme mon (désormais ex-)mari, ou O*, avait jugé que j’étais folle, j’avais pris rendez-vous avec une psychologue, qui travaillait dans une association vouée à la santé mentale. Et je me rappelle très bien ma première session. Pas des mots exacts qui y ont été prononcés. Mais du sentiment qui s’en est dégagé.

C’était, pour moi, comme entrer dans une bulle de paix et de tranquillité. Dans cet espace sobre et apaisant, je disposais de 50 minutes détachées du tourbillon de ma vie. 50 minutes pendant lesquelles j’étais écoutée, sans être jugée. 50 minutes pendant lesquelles mes sentiments, mes pensées, mes émotions étaient validés, tels quels.

Alors dire que ces rendez-vous m’ont permis de faire un pas en avant dans ma reconstruction serait l’euphémisme du siècle. Un bond de géant, au moins. Un saut qui, en me propulsant en avant, déchirait le voile posé sur ma réalité et me permettait de l’appréhender telle qu’elle était, dans toute sa distorsion et sa souffrance.

  1. Se faire soigner, c’est se faire accompagner.

Parler et être écoutée permet de mettre des mots sur son vécu et son ressenti, et de recevoir un regard extérieur. Nous savons tous bien, qu’au cœur d’un problème, nous sommes souvent incapables de nous en former une image claire, nous sommes aveugles à la poutre que nous avons dans l’œil. Pouvoir parler est une première validation en soi. Ensuite, un professionnel spécialisé sait accompagner et nous aider à démêler la pelote que nous posons sur ses genoux. Expert dans son domaine et au fait des services locaux, il est aussi à même de conseiller et proposer des ressources supplémentaires.

 

Finalement, se faire traiter de folle,
dans nos situations,
c’est presque une bénédiction.
C’est l’autorisation d’aller chercher une solution.
Pourquoi pas une petite consultation,

pour commencer sa reconstruction ?

 

O* = j’écris « O » pour oppresseur. Ça ressemble à un zéro et ça rend pas mal… du coup 🙂

Et vous… ça vous est arrivé d’être traitée de folle? Comment avez vous réagi? Et surtout, comment réagirez-vous maintenant? Le champ des commentaires vous appartient, laissez-vous aller… en toute folie!

publié le 20 juillet

Partager cet article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Virginie Loÿ

Je m’appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d’une relation abusive ou violente.

2 thoughts on “Si vous êtes folles… 5 bonnes raisons de vous soigner!”

  1. Consulter peut être la meilleure et la pire des choses. La meilleure si le praticien comprend ce qui se passe et fait preuve de lucidité, c’est rare ! A leur décharge pour y parvenir il faudrait que les psy soient plus lucides que la “supposée folle” qui consulte car en général, à ce moment là, elle est elle-même sous emprise et pas encore consciente de ce qui lui arrive, des manipulations subies, elle se culpabilise et finit par penser que son PN a raison et qu’elle a tort sur tout.

    Le médecin ne va pas toujours chercher plus loin, tous ne sont pas formés à la perversion narcissique loin de là, d’autres ne supportent plus d’entendre ce mot trop galvaudé par les revues féminines, employé parfois à tort et à travers et à cause de ça ne va pas voir ce qui se passe mais finalement abonder dans le sens du manipulateur.

    Quand on sait que celui-ci souvent va jouer les conjoints sincèrement inquiets et prévenants allant jusqu’à conduire leur victime dans le cabinet du psy en montrant toute leur sollicitude protectrice, c’est triste à dire mais la majorité des praticiens se font berner. Certains vont même jusqu’à écouter la plainte et la présentation de la situation faite par le conjoint manipulateur sans même se donner la peine d’écouter ou d’interroger la patiente elle même, exactement comme un parent le ferait avec un enfant mineur (et ce serait déjà abusif avec un enfant de ne pas l’écouter du tout mais que dire face à un adulte ?) et parfois posent un diagnostic comme ça sans avoir entendu la personne elle-même. Pourtant cette attitude envahissante devrait attirer l’attention d’un bon professionnel mais finalement beaucoup en cherchent pas à dépasser le niveau des pures apparences et se comportent comme l’entourage. En pareil cas la consultation fait plus de mal que de bien puisqu’elle vient valider finalement accusation de folie portée par le PN.

    Alors consulter oui mais pas n’importe qui au hasard ! Comme tu le dis Virginie beaucoup de choses ont changé et évolué aujourd’hui par rapport à l’époque où nous avons connu ce type de relations. Aujourd’hui il existe beaucoup de psychologues formés qui connaissent très bien le profil des pervers narcissiques et qui maîtrisent tous les ressorts de la relation de couple dans un tel contexte. Ceux-là peuvent apporter une aide précieuse. Ne pas consulter au hasard, donc, bien s’assurer d’abord que le spécialiste connaît cette problématique, mieux qu’il est spécialisé là-dedans.

    1. Merci pour ton commentaire, Véronique.
      C’est une remarque tout à fait pertinente et d’ailleurs, un point sur lequel Anne Clotilde Zéglier met en garde dans son livre (Voir l’article sur la page LIVRES & CO):
      il faut impérativement trouver un thérapeute spécialisé dans cette dynamique… ce qui implique que la victime ait conscience du problème… C’est un peu un cercle vicieux, en fait. Je recommande aux proches qui veulent aider une personne sous emprise de faire des recherches pour pouvoir lui conseiller, s’ils en ont la possibilité, un thérapeute adéquat.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Recevez gratuitement le guide "Comment reprendre le contrôle de sa vie"
x