Séparation : je l’ai quitté, mais je n’arrive pas à m’en libérer

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Séparation« J’ai l’impression que je ne m’en sortirai jamais… », continue Agathe, avec laquelle je converse sur Skype. Elle me relate sa séparation, avant de me demander si l’on se débarrasse un jour d’un pervers narcissique… « Je ne pourrais jamais me libérer… »

Il y a quelques semaines, j’étais devant mon ordi pour écrire un article pour le blog, quand j’ai vu apparaître sur ma page Facebook le post d’une amie, qui invitait à faire un test pour « évaluer si l’on avait affaire à un pervers narcissique ». D’habitude, quand j’écris, je me coupe des réseaux sociaux, e-mail et autres sollicitations. Ce jour-là, mes antennes ont repéré l’invitation à explorer le sujet. J’ai immédiatement contacté cette amie. Tout en m’excusant pour mon indiscrétion, je l’ai interrogée : pourquoi avait-elle publié ce lien ? En toute franchise, elle m’a répondu que c’était pour sa fille, qui vivait une séparation douloureuse, marquée par la problématique du pervers narcissique.

De fil en aiguille, je me suis donc retrouvée en discussion avec Agathe. Bien que dans son cas, il s’agisse d’un cas de pervers narcissique typique, j’aimerais ici élargir le sujet à tous les autres cas de figure ou de pathologies présentes dans les relations abusives ou violentes et les difficultés que représente la séparation. En effet, à plus ou moins grande échelle, et à plus ou moins long terme, ces personnalités nocives se conforment fréquemment au scénario suivant : la volonté de continuer à nuire APRÈS la séparation. Comme dans d’autres articles, je me sers du diminutif « O. », pour nommer la personne abusive. (« O. » pour oppresseur, ça ressemble à un zéro, on ne perd rien à s’en débarrasser…)

 

Séparation inévitable : Comment Agathe a quitté son O.

Agathe, la quarantaine, entrepreneur et mère de deux petites filles, a quitté son mari un an plus tôt. Souriante, n’hésitant pas à avoir recours à l’humour pour me raconter certaines des inepties qui compliquent sa vie actuelle, elle me narre son histoire, les faits qui l’ont amenée á prendre la décision de la séparation et la crainte qu’elle éprouve maintenant de ne jamais pouvoir se libérer l’emprise de O..

En couple depuis sept ans, c’est après la naissance de ses filles qu’Agathe a « accepté » de se marier avec O.. Peu de temps avant, elle avait créé sa propre entreprise, ce qu’O. semblait lui reprocher. Il avait tendance à la dénigrer plutôt qu’à l’encourager ou la soutenir. Toutefois, Agathe considère que l’élément déclencheur de la tyrannie a été leur mariage :

« … à partir de ce jour-là, c’est comme si je lui avais appartenu », dit-elle.

Tout devient sujet à disputes, à abus verbaux qui se transforment en gestes pour pousser contre le mur, en coups de pieds, etc. Jusqu’au jour où, trois ans après leur mariage, au cours d’une altercation dans la cuisine, O. brandit un couteau et menace Agathe en hurlant : « Est-ce que tu m’aimes encore ? » (Ici, Agathe rit en commentant « Tu comprends, c’était difficile de répondre à la question ! » Quel euphémisme ! ai-je pensé.)

1. Agathe a géré la crise avec intelligence et prudence

À partir de cet instant, Agathe et son entourage ont géré la crise d’une manière exceptionnelle, quasiment comme s’ils suivaient un manuel :

  • Le père d’Agathe, à qui elle avait téléphoné, lui a dit qu’il fallait absolument réagir : appeler la police. Pour lui, sans intervention, ce geste ne serait que le début d’une chaîne catastrophique (il avait 100 % raison, toutes les autorités et les associations valideront ce point) et il a conseillé à sa fille d’appeler la police immédiatement.
  • Le lendemain, la police a interpellé O. qui a reconnu les faits. La guérilla s’est alors installée au domicile. Les parents de O. sont intervenus pour soutenir leur fils contre Agathe, « leur belle-fille indigne ».
  • Agathe a commencé à comprendre à qui elle avait affaire. Elle, comme nombreuse d’entre nous, n’avait jusqu’alors aucune idée que ce genre de personne existait, que ces comportements avaient des noms et que les risques étaient identifiés. Une fois ses esprits retrouvés, l’idée de la séparation s’est imposée à elle. Agathe a pris en son for intérieur la décision de quitter O., mais elle avait compris qu’une confrontation était dangereuse. Elle s’est donc préparée méthodiquement et secrètement.
  • Elle a consolidé son indépendance financière, ce qui lui a pris presque deux ans. (Elle ne cache cependant pas qu’elle a encore besoin de se faire aider matériellement par ses parents.)
  • À peu près « prête », elle a trouvé et loué un logement pour elle et ses deux filles. Elle a profité d’un voyage professionnel de son mari pour déménager, aidée par sa famille, et l’a annoncé à O. a posteriori et par écrit.
  • Simultanément, elle est allée voir les services sociaux pour expliquer sa situation et faire établir un bilan, créant par là même un dossier de référence pour sa famille et manifestant sa volonté d’ouverture et de coopération avec les autorités et les services avec lesquels elle aurait par la suite à traiter.
  • Elle s’est renseignée sur les aides (aide matérielle, soutien psychologique, etc) dont elle pouvait bénéficier et sur le phénomène qu’elle vivait par le biais de littérature publiée ou par Internet.
  • Elle s’est tournée vers une association de soutien aux victimesgrâce à laquelle elle a pu être aidée psychologiquement par des séances individuelles pendant les premiers temps de la séparation.
  • Un accord par médiateur se mit en place pour la garde des enfants. Un équilibre précaire était atteint.

    (Il est important de noter que la médiation ne fonctionne pas toujours, et qu’elle peut même être à déconseiller, car malgré la présence d’une tierce personne, une femme sous emprise ne pourra pas s’affirmer face à son conjoint. C’est au moment de la séparation qu’elle est le plus faible et que les risques sont les plus grands.)

 

2. Après la séparation physique

 

La séparation et les enfantsL’énergie d’Agathe étant canalisée dans ces efforts pour régler sa vie personnelle, son entreprise végétait. Il devint de plus en plus pressant de mettre en vente le domicile acheté en commun, où O. continuait à résider seul et sans aucun scrupule (!). Comme cela est souvent le cas avec les personnes perverses narcissiques qui ont un porte-feuille à la place du cœur, cette atteinte à ses deniers était insupportable pour O. (bien que le logement appartienne en partie à Agathe). Il a par conséquent engagé une coûteuse guerre par avocats interposés, en utilisant comme munition… (oui, vous vous en doutez, plus pathétique que cela, on meurt…), donc, en utilisant en monnaie d’échange la garde des enfants.

Et comme cela ne suffit pas, il continue à porter régulièrement des plaintes contre Agathe qui, selon lui, ne nourrit pas les filles comme il faut, ne les habille pas comme il faut, ne leur coupe pas les ongles comme il faut, etc. Il demande donc à son avocat d’envoyer des missives de 4 pages pour chaque bricole et chaque vêtement mal repassé (je vous ai dit, c’est pathétique… mais malheureusement, pour Agathe, c’est éreintant). Il veut revoir les accords de garde négociés juste après la séparation avec le concours du médiateur et en parallèle, il essaie aussi de causer du tort à l’entreprise d’Agathe.

La jeune femme comprend que, malgré la séparation, son ex-conjoint aura longtemps un pouvoir sur elle par le biais de leurs enfants. Elle aimerait le rayer de la carte de sa vie…

Aujourd’hui, Agathe se dit qu’elle a quitté O., mais qu’elle ne s’en est pas libérée.

Elle se rend compte qu’O. a le pouvoir de continuer à la provoquer, à la contrarier, à la persécuter ad vitam æternam. Qu’il va continuer à exercer un contrôle sur sa vie. Qu’elle n’arrivera jamais à « s’en débarrasser » et à reprendre une vie normale.

Elle se trouve dans le chaos financier, mais ce n’est pas ce qui à long terme l’inquiète. Elle comprend que son entreprise souffre du fait qu’elle soit accaparée par ses problèmes personnels, mais elle a de nouveaux projets et sait qu’à terme, ça ira forcément mieux. Ce qui l’inquiète surtout c’est qu’O. nuise à la construction psychologique de ses filles.

Et elle se demande, elle me demande, si on s’en sort un jour…

Je lui ai répondu que oui.
OUI, ON S’EN SORT.


Il y a malheureusement sur Internet trop peu de témoignages de femmes qui s’en s’ont sorties
, et surtout, de « qui » elles sont devenues depuis qu’elles ont quitté leur O.. (C’est aussi une des raisons pour laquelle j’ai installé sur le blog un appel à témoignage.
Pourtant nous sommes nombreuses à nous être libérées. À nous être réapproprié nos vies. À mener des carrières épanouissantes et élever des enfants équilibrés. À même pouvoir contempler cette partie de nos vies sans émotion particulière, comme une série de faits qui composent le tout que nous sommes désormais.

Son domicile après une séparation

 

 

MAIS ÇA PREND DU TEMPS. ET ÇA DEMANDE DU TRAVAIL.

 

 

1. Le temps :


Si les O. qui polluent notre planète dévoilaient leur jeu à la table de notre premier rendez-vous ou déballaient leurs insultes en même temps que la bague de fiançailles, nous partirions de suite. Nous rouspéterions un peu et oublierions vite l’affaire.

Les mécanismes de la violence se mettent en place de manière pernicieuse, au fil du temps.
Les sentiments positifs (d’amour, de joie, etc.) se teintent d’abus, s’entrelacent avec les microagressions et se tissent jusqu’à former le fil de notre vie.

Il est utopique d’espérer guérir instantanément d’une relation qui a mis des mois ou des années à se mettre en place.
On a beau couper le fil, il est encore là, et il va falloir le détisser. Reconnaître sa vie sous un jour nouveau, faire la part des choses, identifier les actes commis par O., mais aussi les raisons pour lesquelles nous avons lâché prise, au lieu de recourir à notre instinct de survie.

Réorganiser sa vie physique et matérielle est un élément indispensable pour trouver la sécurité, et pour nous procurer un espace pour entamer notre guérison mentale et psychologique.
Quitter O. n’est que le début d’un long chemin, qui n’est pas facile, et pour lequel on peut avoir besoin de se faire accompagner, mais qui nous verra ressortir grandies, et bien stables sur nos deux jambes, ainsi que dans nos têtes.

Lorsque j’ai commencé de travailler à la ligne de soutien téléphonique, je pensais que la majorité des appels proviendraient de victimes en pleine crise. J’ai toutefois été très surprise du nombre de femmes qui nous contactaient APRÈS la séparation.

Certaines téléphonent parfois des années après leur départ. Alors qu’elles avaient pensé être sorties d’affaire. Alors qu’elles avaient reconstruit leur vie ailleurs, retrouvé un travail, repris des habitudes, rencontré de nouveaux amis et quelques fois même. Alors qu’elles s’étaient engagées avec bonheur dans une nouvelle relation, voire même, avaient fondé une famille. Et tout à coup, le malaise de cette relation passée revenait les frapper de plein fouet, se manifestant par des mauvais rêves, des angoisses, ou même par la dépression. Alors que « dans leur vie, autour d’elle, tout va pour le mieux », elles ne comprennent pas.

 

Reconstruire des fondations solides

En fait, elles ont vécu une relation profondément traumatisante, mais elles ont reconstruit leur vie sur des fondations frêles, qui menacent de s’écrouler.
Il est capital de penser à soigner son moi.
Comprendre la pathologie de O. n’est qu’une partie de la guérison, il faut aussi comprendre pourquoi il a pu nous attirer, quels manques nous avons cherché à combler en ne reconnaissant pas ces microagressions, et en ne nous rebellant pas contre celles-ci.

Il est nécessaire d’accepter et de parvenir à nous pardonner à nous-mêmes. Nous avions, après tout, notre cœur grand ouvert et ne savions rien de ce que nous savons maintenant.

Si l’on n’est pas suivie ou aidée (par des associations, des professionnels) pendant la crise qui mène à la séparation, il est tout à fait possible que notre attention ne soit pas attirée sur le fait que partir n’est que la première étape. En effet, la majorité des ressources accessibles via Internet se concentrent sur la gestion de la crise. Les victimes qui réussissent seules à gérer leur séparation ne sont pas toujours conscientes que leur liberté s’acquerra dans le temps et avec…

 

2. Le travail :

Laisser passer le temps ne suffit pas. Comme Agathe l’a constaté, on peut reconstituer, pour soi et pour ses enfants, un environnement de vie, et ne pas se sentir libérée.

On oublie souvent que quitter un partenaire abusif ou violent, c’est aussi divorcer.

C’est-à-dire que certains problèmes tels que ceux liés au partage des biens, et encore plus particulièrement, à la gestion des enfants sont les problèmes « classiques » de tous les divorcés. Ils sont plus compliqués par les comportements et agressions de O., mais ne sont pas tant les fruits de la relation d’abus, que ceux de la situation de divorce.

1. Apprendre à reconnaître que certains problèmes sont inhérents à tout divorce

Ce sont des sujets de base que tout couple qui divorce doit gérer. Mettre tous les problèmes sur le compte de la pathologie de O. n’est pas productif au long terme.

Un parent divorcé, par exemple, peut continuer à se disputer avec son ex, lui reprochant de laisser les enfants regarder trop de télé, ne pas leur donner un seul légume du week-end et se coucher à point d’heure, etc. Un O. pathologique pourra monter ces problèmes jusqu’à l’extrême en envoyant une lettre recommandée AR ou faisant intervenir son avocat ou les services sociaux, mais il faut bien reconnaître qu’à la base, le problème n’est pas inhérent à la relation d’abus, mais juste au fait « qu’on divorce parce qu’on est pas d’accord ».

Il est plus productif, à terme, d’accepter que dans un divorce, ce qui se passe « chez l’autre » ne correspondra jamais à ce qu’on ferait chez soi. Et de garder des munitions et les utiliser pour les batailles que l’on choisit.

 Que l’on ne me fasse pas dire ce que je ne souhaite pas dire ! Il ne s’agit pas d’accepter tout, mais d’apprendre à faire la part des choses. D’un côté, entre le fond et la forme (tout est toujours dramatisé et extrême dans les comportements pathologiques) et de l’autre, entre les problèmes qui sont le lot de tous les divorces et ceux qui sont des dérives pathologiques.

2. Accepter que, sans enfant(s), le « no contact » est la meilleure solution

Sans enfants, et une fois les questions matérielles résolues, le principe de zéro contact est la meilleure technique.
Quand on n’a pas la possibilité à cause des enfants de couper tous les ponts, il faut donc s’atteler à trouver des modes de fonctionnements et de communication, à développer des techniques qui donneront le moins de prise possible à O. (Je rédigerai un article à ce sujet).

3. Comprendre ce qui s’est passé

Panser ses plaies est une solution très provisoire, si l’on ne les a pas désinfectées.

Je suis convaincue qu’il est crucial de comprendre les mécanismes qui se sont mis en jeu, ainsi que de creuser sa propre histoire pour identifier pourquoi ils ont pu se mettre en place. Lors de ma formation initiale, l’une des volontaires n’avait jamais vécu de situation d’emprise ou de manipulation. Elle intervenait souvent pour qu’on lui explique pourquoi la victime adoptait tel ou tel comportement.

Au début, je me demandais si elle avait juste eu de la chance de ne pas avoir rencontré de personnalités néfastes… Cependant, j’ai fini par comprendre qu’elle en avait probablement rencontré autant que nous toutes… Simplement, elle avait un ego tellement sain, que ces personnages toxiques n’avaient absolument aucune prise sur elle. Elle avait toujours connu très exactement ses propres limites et su les placer, avec fermeté si nécessaire. Personne ne pouvait lui marcher sur les pieds.

Certes, nous n’avons pas toutes eu la chance de nous bâtir de telle sorte, mais nous pouvons apprendre à être comme elle.

4. Accepter sa part de responsabilité

Je pense qu’attribuer la totalité de la responsabilité du drame que l’on a vécu à O. est dangereux pour soi, et peut-être un frein à notre prise (ou reprise) d’équilibre.

  • Oui, l’auteur des violences est entièrement et seul responsable des actes qu’il a commis. Ces violences sont des crimes, répréhensibles par la loi, des actes immoraux et inacceptables.
  • Mais, les deux partenaires sont impliqués dans le choix de cette relation. Comprendre pourquoi nous n’avons pas vu les signes, pourquoi nous n’avons pas réagi contre les premiers dénigrements, contre les remarques désobligeantes, pourquoi nous avons choisi de nous abaisser plutôt que de fuir ou nous rebeller, est une étape indispensable pour mieux se connaître et accepter de se pardonner. C’est le travail à faire pour apprendre à identifier, désinfecter et guérir ses blessures et pour éviter de reconstruire plus tard une relation différente, mais similaire.
5. Faire le travail de réparer ses propres failles

Il existe de nombreuses manières de faire ce travail. Certaines personnes réussiront à l’appréhender par la littérature spécialisée et les informations trouvées sur Internet, d’autres seront davantage aidées par une thérapie individuelle que par la participation à des groupes de parole, certaines personnes auront recours à des thérapies ponctuelles, d’autres sur le long terme. Et le plus souvent à une combinaison de toutes ces formes.

La reconstruction se réalise souvent en plusieurs étapes, car on n’est pas toujours prêtes à tout affronter d’un coup et les problèmes ne se débloquent pas non plus simultanément. À chacune d’accepter son mix, de savoir s’écouter et demander de l’aide quand elle en a besoin. Et pour cela, de se donner le temps.

 

J’invite toute personne qui, après une séparation, se demande si un jour elle sera libérée à se donner le bénéfice du temps et du travail sur soi. Oui, on peut se reconstruire. Oui, on peut se libérer. Les aides sont disponibles sous de nombreuses formes, de l’entourage aux professionnels, de la lecture aux thérapies à Internet, elles vous attendent. Servez-vous sans vergogne !

 

Si vous avez aimé cet article, s’il vous est utile ou peut l’être à une personne de votre entourage, partagez-le! Partagez aussi dans les commentaires les solutions qui ont marché pour vous 🙂 Et si vous avez un témoignage à apporter, contactez-moi!

Publié le 16 août

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Virginie Loÿ

Je m’appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d’une relation abusive ou violente.

2 thoughts on “Séparation : je l’ai quitté, mais je n’arrive pas à m’en libérer”

  1. Bonjour

    J’ai été victime d’un manipulateur narcissique pendant 5 ans.
    La première année a été idyllique, les années suivante et petit à petit il a mis en place ses mécanismes de perversion que toutes victimes connait.
    Qui se sont intensifié à la naissance de notre fils.
    Par deux fois j’ai voulu en finir, en dépression j’ai pris un cocktail de médicaments qui m’ont seulement assommés.
    J’ai réussi à partir du domicile conjugal, tout en continuant à croire à notre histoire (je n’étais pas prête à tout lâcher, tous ce que j’avais voulu construire avec lui, j’avais 45 ans quand notre fils et né).
    Il était d’accord mais une semaine après revirement de situation je l’avais quitté alors il allait me faire la guerre !!
    Il m’a envoyé les gendarmes prétextant que je laissais trainer des médicaments que notre fils aurait pu avaler, les assistantes sociales…
    Cela à duré des mois. J’étais tellement tendue, en permanence, chute de poids, je ne dormait plus
    on m’a diagnostiqué un cancer du sein.
    Mais cela ne l’a pas arrêté, il a continué a me bousculer (sans frapper directement, cela laisse des traces me disait-il).
    Au lendemain de mon opération, il m’a prise violemment par le bras près de ma cicatrice, je lui demandé de me lâcher plusieurs fois, il me faisait mail, mais il a continué à tiré j’ai dû le mordre pour qu’il me lâche et il m’a mise à la porte violemment.
    Il a ensuite porté plainte contre moi pour violences….
    Je me suis effondrée lors de l’audition et le gendarme m’a conseillé de saisir me procureur ce que j’ai fait.
    Une lettre de 9 pages qui a été lu au procès. Il est passé en correctionnel et a été condamné à 2 mois avec sursis.
    Je pourrais écrire un livre de cette histoire sordide.
    J’ai passé des mois et des mois a essayé de comprendre lorsque je vivais encore avec lui.
    Et des mois et des mois par la suite à combattre la maladie et me reconstruire.
    Alors oui on s’en sort mais c’est un dur combat : contre les institutions, contre lui, contre soi-même.
    Et aujourd’hui, je suis plus forte, je pose les limites, je me sens libre.
    Mais comment refaire confiance ?

    1. Merci beaucoup, Muriel, de partager votre vécu avec nous.
      Je suis vraiment désolée pour vous et je vous félicite d’avoir su vous extirper de cette relation, malgré toutes les difficultés. J’espère que votre santé est stabilisée.
      C’est très gentil d’avoir pris le temps de raconter votre expérience dans ses grandes lignes, car vous mettez l’accent sur 3 points essentiels :

      1) Vous n’êtes pas seule, et en partageant votre histoire, vous aidez toujours une autre femme qui se trouve dans une situation similaire, merci encore.

      2) Le corps est un révélateur puissant de la violence psychologique subie. Les spécialistes (médecins, thérapeutes…) constatent que de nombreux troubles physiques « rongent » la santé de la victime bien souvent avant qu’elle ne prenne elle-même conscience de ces violences : de la perte de cheveux aux douleurs et maladies chroniques, jusqu’à la dépression ou le cancer. Aussi convient-il de s’interroger quand une connaissance semble accumuler les problèmes…

      3) Vous abordez la question de comment refaire confiance.
      C’est un point très important, et je vous en remercie, car il mérite un article à part entière : je vais m’y consacrer (donc, pour décembre, je pense). Nous y parlerons de temps, car il est essentiel de prendre le temps de travailler sur soi-même et d’apprendre en premier lieu à SE refaire confiance.
      Sachez que vous faites déjà ce travail en reconstruisant vos forces et en appréciant votre liberté… vous êtes sur la bonne voie.
      Continuez sans précipitation.

      Merci encore, n’hésitez pas à partager l’article sur les réseaux sociaux. Plus l’information circule, plus elle touche les personnes concernées.
      Bonne journée <3

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