Peut-on se reconstruire après des violences conjugales? Et quand?

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se reconstruire après les violences

 

J’ai longtemps pensé que se reconstruire, c’était ce qui se passait une fois qu’on s’était séparé.
Comme s’il fallait, en premier, sortir de la relation abusive, se séparer de corps. Comme si la première étape était d’acter une séparation physique qui permettrait par la suite, et petit à petit, d’engager la séparation psychologique, affective (ainsi que légale, financière, etc.). Et qu’alors donc, on commencerait à « se reconstruire ».

J’ai changé d’avis.
J’ai compris qu’en fait la reconstruction s’amorce bien avant. Et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle !

En fait, la reconstruction commence le jour où l’on se demande :
« Est-ce que c’est normal, qu’il me traite de telle manière ? » et on en parle à une amie ou bien, le jour où on dit, un bleu sur le bras, c’est un de trop, ou encore le soir où on décide d’appeler une ligne d’entraide et on surfe sur le net pour trouver des explications, de l’aide… En espérant dénicher quelque chose, s’il vous plaît, faites que je trouve quelque chose qui me permette d’accrocher cette étincelle minuscule et éphémère, qui vient de jaillir en mon esprit !

Heureusement, on trouve de nos jours bien davantage de soutien sur le net, qu’il y a dix ou quinze ans. Ce qui ne veut pas dire que l’on SE retrouve systématiquement dans les scénarios proposés par les différents sites qui s’affichent quand on entre la recherche “violence conjugale”, “abus psychologique”, etc. Le soutien offert par les sites institutionnels ou associatifs, et auxquels je fais régulièrement référence et que l’on peut trouver sur la page Ressources, est indispensable, d’autres qui publient des témoignages peuvent aussi bien vous aider à reconnaître votre situation que vous renvoyer dans votre coquille en vous disant « Ah non, chez moi, ce n’est quand même pas si grave…) Mais surtout, n’abandonnez pas! Vous ne faites pas vos recherches par hasard. Ça, c’est absolument impossible.

(Si vous êtes actuellement victimes de violences physiques et sexuelles qui mettent votre vie en danger, je vous invite à utiliser toutes les ressources à votre disposition. Il est parfois indispensable de quitter le domicile familial -accompagnée de ses enfants- pour se protéger, avant de pouvoir envisager quoi que ce soit d’autre.)

 

N’attendez pas que la situation se dégrade !

Il n’est pas nécessaire –et encore moins souhaitable- d’attendre que la situation se dégrade. Si, par exemple, je me pose des questions à cause des dénigrements incessants de mon mari, si je suis choquée parce que son copain insiste que lui donner mes mots de passe (portable, FB, ou autre) parce que « c’est une preuve de confiance », si mon amoureux veut me forcer à un acte sexuel que je refuse, s’interroger est primordial. Parce que le seul fait de se les poser est le signe que vous sentez instinctivement que votre volonté, votre personne même, n’est pas respectée.

Même s’il n’est jamais trop tard, mieux vaut se poser ces questions, et se renseigner, le plus tôt possible. Et le seul fait que vous vous les posiez est garant que les pages dans lesquels vous grappillez des informations (ou des témoignages, etc.) ainsi que ce blog « une chose par jour » sont des sites pour vous. Même si votre situation ne vous semble pas aussi désespérée que celles dont vous lisez l’histoire par ailleurs…

NON, vous n’êtes pas arrivée sur ce blog par hasard. Le fait que vous parcouriez ces lignes prouve à lui seul que vous avez certainement besoin du soutien que j’espère vous apporter dans ce blog.

Se poser des questions, c’est sans doute ce qui vous a amenée sur ce site.
Remettre en cause sa relation est LE point de départ indispensable et c’est pour ça que je considère désormais que c’est le point de départ de la reconstruction. Se demander « est-ce que ma relation devrait être comme ceci ? », cest déjà envisager la possibilité qu’elle pourrait être autrement.

Eh bien, oui. Non seulement votre vie devrait être différente, mais en plus, elle peut l’être.

Il est inutile de se voiler la face, la route n’est pas facile. Vous avez pu, l’espace d’un instant, entrevoir une lumière éphémère au bout du tunnel dans lequel vous avez l’impression de vivre. Et peut-être, déjà, ne la voyez-vous plus, il va falloir avancer dans une obscurité semée d’embûches. Mais si vous êtes arrivée sur ces pages, ce n’est pas un hasard. La grande différence, entre votre vous « d’avant » et votre vous « d’aujourd’hui », c’est que, même si vous ne la voyez pas bien, ni tous les jours, et même si elle vous semble très loin, maintenant, vous SAVEZ QU’IL Y A UNE LUMIÈRE au bout de ce fichu tunnel !
Et ça, c’est la pierre d’assise de votre reconstruction.

Alors, bravo ! Vous avez bien fait de venir sur ce site et de lire cet article.
Vous avez, sans vous en rendre compte, déjà fait le premier pas en direction d’une vie libre de coercition, de peur et de violence.

publié de 30 juin

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Virginie Loÿ

Je m’appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d’une relation abusive ou violente.

2 thoughts on “Peut-on se reconstruire après des violences conjugales? Et quand?”

  1. Bonjour Virginie, oui bien sûr qu’il est possible de se reconstruire. Je suis passée par là moi aussi, j’en parle depuis longtemps sur le net sans aucune honte car non, nous n’avons pas à avoir honte de nous être laissées prendre dans ce jeu de dupes, la seule personne qui doit avoir honte est le pervers violent ! Le plus difficile ce n’est pas de se reconstruire mais de couper complètement avec notre marionnettiste. Parfois notre attachement a été si fort que nous en sommes incapables, même après la séparation affective et physique, j’ai fait partie de celles qui ont fait cette erreur, je l’ai payé cher. Mon témoignage pour toutes celles qui n’arrivent pas à couper avec leur PN bien qu’elles sachent à quoi s’en tenir avec lui ou elle : cesser de le nourrir. A partir du moment où on sait ce qu’il ou elle vient chercher auprès de nous, surtout si le couple n’existe plus, il est facile de le sevrer et là de lui-même il partira… Cela se fera en douceur. Parfois, en cas de dépendance affective très forte c’est le seul moyen mais ça marche à tous les coups  

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