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Comment se faire aider de manière adéquate après une rupture amoureuse?

Se faire Aider après une Rupture

Comment se faire aider de manière adéquate après une rupture amoureuse?Comment se faire aider après une rupture ? Je m’adresse ici tout particulièrement aux femmes qui se demandent comment s’en sortir après une séparation d’une personne abusive, toxique ou violente, et sans doute aussi à celles qui n’arrivent pas à passer à autre chose après un divorce conflictuel. Je préviens tout de suite, je ne vais pas être « politiquement correcte ». Certaines choses me font bouillir, celle-ci en est une. Il y a différentes manières de se reconstruire après une relation abusive, l’éventail est large et chacune doit choisir la solution qui lui convient. L’une de ces solutions est de se faire accompagner… mais pas n’importe comment ! Par pitié, avant de choisir à qui tu vas t’adresser, réfléchis à ce que tu cherches à atteindre avec cet accompagnement ! Toutes les solutions ne sont pas équivalentes, je t’explique ici pourquoi (sans mâcher mes mots).

 

Comment se faire aider après une rupture

Ça me fend le cœur de recevoir des courriers ou d’entendre les témoignages des personnes que j’accompagne. En voici quelques extraits :

« Ça fait 3 ans que je suis en thérapie et je n’avance plus, je ne sais plus quoi faire »

« J’ai été accompagnée pendant 8 mois. Ils ont fait ressortir tout mon passé et j’ai vu mon état empirer. »

« Je suis suivie par un psychiatre depuis 3 ans et en ce qui concerne ce pan de ma vie, je n’ai pas le sentiment que c’est efficace »

Je ne cherche pas à pointer quiconque du doigt, j’imagine que ces accompagnants ne se rendent pas compte que leur patiente stagne et ne pensent pas à proposer d’autres options (sans doute parce qu’ils ne les connaissent même pas). Ce que je souhaite, c’est surtout élargir l’angle de réflexion et le champ des possibilités.

  • Quand tu veux apprendre à conduire une voiture, est-ce que ça te sert de revenir sur toutes les fois où tu es tombée de vélo, de l’âge du tricycle à celui de la mobylette?
  • Quand tu veux te faire aider après une rupture, pourquoi serait-ce différent ?
  • Quand tu veux avancer aujourd’hui, as-tu besoin des résoudre les problèmes d’hier ?
  • Quand tu veux retrouver l’envie de vivre pour TOI, as-tu besoin de passer des heures à t’épancher sur l’autre et de continuer de remplir des heures de thérapie en parlant de LUI ?
  • Quand tu veux réapprendre (et parfois apprendre pour la première fois) à faire des projets, quand tu en as marre de ruminer sur le passé, à quoi ça t’aide justement d’y retourner tout le temps ?

Les solutions ne sont pas dans le passé, elles sont ici au présent. On les trouve en se tournant vers l’avenir. Si tu veux redevenir la personne d’avant, bonne chance, parce que c’est celle-ci qui a choisi la relation nocive que tu cherches à surmonter. Rabâcher le passé n’aide pas à construire le futur. Si tu veux aller de l’avant et que tu ne regardes que dans le rétroviseur, même un pas devant l’autre, ça va être compliqué.

Marre des fragilités, des faiblesses de personnalité, des failles, des dépendances, des traumas post-traumatiques, des victimologues, et des grands mots en tout genre

 

Voilà un échantillon des verdicts que certaines de mes interlocutrices me servent sur un plateau d’argent : c’est leur « psy » qui leur a dit.

Quuuuoi ???? Mais comment peut-on se permettre de mettre des étiquettes sur les gens parce qu’ils se sont trouvés dans une relation abusive ? Mais, enfin, réveillons-nous ! Pourquoi la victime des abus se trouve-t-elle, une fois de plus, victime de ce discours victimisant ?
Pourquoi c’est encore sur toi que le doigt est pointé, dans le genre « il y a quelque chose qui cloche chez toi ? »
Il n’y a rien qui cloche, ce n’est pas de ta faute si tu ne sais pas comment faire pour avancer après la rupture, c’est comme ça que ton cerveau fonctionne. Ça veut dire qu’il fonctionne normalement, mais qu’il n’est pas guidé. Ce n’est pas une tare. Il faut juste reprendre les commandes et il y a des techniques pour cela.

Parce que, honnêtement, ça te fait du bien qu’on te dise que tu as une « faille de personnalité », que tu es « dépendante affective » ? Ça ne ressemble pas davantage à une condamnation qu’à autre chose ? S’il y a quelqu’un à condamner, qu’on soit bien d’accord, c’est l’auteur des abus. Et ça, avec la justice actuelle, ce n’est pas près d’arriver, mais c’est un autre sujet.

Comment ose-t-on nous traiter ainsi?

Comment ose-t-on parler de Stress Post-Traumatique à quelqu’un sans expliquer que 70 % des traumas se résolvent spontanément ? Ça ne veut pas dire instantanément, mais sans aide extérieure : mots pris de Dr Gérard Lopez, Vice président du conseil national de Médecine Légale, Président fondateur de l’Institut de Victimologie, Expert auprès des tribunaux.

Comment ose-t-on en parler sans mentionner son pendant, la croissance post-traumatique (mon prochain article) qui concerne l’écrasante majorité des cas ? Après avoir vécu un trauma, plus de 2 personnes sur 3 le transforment en tremplin pour avoir une vie bien meilleure que celle d’avant (même quand leur vie d’avant était déjà bien). L’un des principaux facteurs pour créer cet effet, c’est de savoir qu’il existe ! Il suffit d’en parler pour que les victimes soient plus susceptibles d’y accéder. C’est fou quand on y pense… parce que chaque fois que je dis ça à des personnes auxquelles on a diagnostiqué un SPT, elles me répondent : « La croissance… quoi ? »
Pourquoi ne parler que du négatif et des difficultés, alors que plus on en parle, plus on les voit, voire plus on les crée dans sa vie. Et ça aussi, c’est prouvé par la recherche scientifique et c’est un fonctionnement normal de notre cerveau.

 

Ne sois pas un mouton

Ce n’est pas parce que tout le monde va voir un psy que c’est la bonne solution pour toi. Je n’ai rien contre les psys en général, il y en a plein qui font un travail extraordinaire, j’en suis sûre. J’en connais certaines que j’adore et dont je parle dans ces pages. Leur travail d’accompagnement et de communication est incroyable et elles l’ont commencé bien avant moi. Mais psy, c’est quoi, d’abord ? Psychiatre, psychologue, psychothérapeute… ? Qu’est ce que tu cherches à accomplir ? Il faut peut-être se poser cette question en premier lieu.

Se faire aider après une rupture d’une relation abusive, cela demande que tu t’adresses à la bonne personne : celle qui comprend ton objectif actuel ET qui comprend les dynamiques des relations toxiques et plus précisément, ce qui nous bloque après la séparation. Tu ne vas pas voir un médecin généraliste pour un cancer… Oui ! À mon avis, l’écart de compétence, en accompagnement aussi, est dans ces proportions. Tu ne vas pas non plus voir un spécialiste d’une autre discipline, un dermato par exemple, pour soigner un cancer (Bon, ok, peut-être, si c’est un cancer de la peau.)

  • Les psychiatres, ils sont formés pour les maladies de la tête,
  • Les psychologues sont des généralistes,
  • Les psychothérapeutes, c’est les spécialistes du passé.

Lequel de ceux-la te semble convenir pour aller de l’avant après une relation abusive ? La réponse la plus probable c’est : aucun. Dans la plupart des cas, ces professionnels ont suivi, au cours de leurs longues années d’étude, un seul cours sur les violences conjugales [3-4 heures max., et c’était il y a 10 ans]

À quelques exceptions près, je concède :

  • si tu es en dépression, il faut la soigner. Un médecin généraliste ou un psychiatre est le point de départ.
  • certains psychologues et psychothérapeutes se sont spécialisés dans le suivi des victimes de relation toxique et ont aussi une double casquette de thérapeute et coach.

Pour avancer, il faut regarder devant

Sais-tu quelle est la première constatation que me font quasiment toutes les personnes que j’accompagne ? « Je suis trop tournée vers le passé, j’en ai assez de ruminer » (et en deuxième : «  J’en ai assez que toute ma vie mentale continue de tourner autour de lui alors que je l’ai quitté… »)

Quand on se demande comment se faire aider après une rupture, il faut commencer par se poser les bonnes questions. Ce n’est plus le moment de faire ses démarches comme un pantin (ça, on l’a déjà fait assez longtemps). Ce n’est pas parce qu’une association dit ceci ou cela, parce qu’on a une vague idée que c’est « ce qui se fait », ou « que tout le monde va voir un psy » que c’est la bonne solution pour toi, pour la phase de vie dans laquelle tu te trouves, ni même pour tes objectifs actuels. Tant que tu vas voir le dermato pour ton cancer, ça ne s’arrange pas. Et ça empire probablement.

 

Quelles questions te poser ?

  • Pour quoi veux-tu de l’aide ? Pour changer quoi, pour atteindre quoi ?
  • Est-ce que cette personne est spécialisée dans ce que j’ai vécu ?
  • Est-ce qu’elle M’ENTEND ? Il n’est pas question d’être uniquement entendue, sauf si la seule chose dont tu as besoin, c’est justement de vider le trop-plein. Tu te sentiras mieux, mais ça ne t’aidera pas à poser des démarches constructives. Ne t’attends pas à des changements sans faire de changements concrets dans ta vie. Penser et parler de l’escalade du Mont-Blanc n’ont jamais permis à quiconque d’arriver en haut.
  • Est-ce que je continue de voir ma psy alors que je n’avance plus ? (Et là ça me consterne que tant de professionnels ne le suggèrent pas eux-mêmes à leurs clientes… digression)

Tout a un temps. Si tu as eu besoin que quelqu’un t’écoute et valide ta souffrance et peut-être t’aide à la voir sous un angle différent, et que ça t’a soulagée, tant mieux. Cependant, nous n’avons pas besoin des mêmes accompagnements aux différents moments de notre histoire. Le médecin qui traite le cancer passe le relais au chirurgien plastique pour la reconstruction. Chacun son truc, et personnellement, je préfère que ce soit celui qui s’y connaît le mieux qui s’occupe de chaque phase.

Alors, honnêtement, si les visites chez ta psy ne te font plus de bien et surtout, si elles te font plus de mal que de bien, arrête tout ! Même ne rien faire, c’est mieux que d’être suivie par quelqu’un qui te fait couler. Utilise ce temps pour apprendre la guitare, sortir le nez au vent, lire un bouquin de développement personnel, aller au cinéma voir une comédie.
Le passé ne résout pas le futur. On n’a pas besoin de comprendre la loi de la gravité pour accepter que les pommes tombent toujours vers le bas. On n’a pas besoin de tout expliquer pour accepter. On n’a pas besoin d’utiliser notre temps présent pour recréer dans notre tête le passé qu’on aurait aimé avoir. Parce que pendant ce temps, notre présent devient notre passé, et nous n’arriverons jamais à créer notre futur. Nous n’avons qu’une vie. Elle se passe maintenant.

 

Et d’ailleurs, ce que j’observe chez mes clientes, chez mes collègues-coachs, et surtout en moi-même, c’est que c’est ce que j’accomplis au présent, tous les jours de ma vie qui me donne la confiance, la joie et l’amour que je ne savais pas trouver autrefois. C’est le travail que je fais sur moi en développement personnel, en me coachant moi-même quotidiennement, et en me faisant coacher régulièrement, qui m’a aidé à faire la paix avec le passé dans mes relations aux autres d’une manière générale et dans mes objectifs.

 

En résumé, pour se faire aider après une séparation 

 

Si tu cherches comment te faire aider après une rupture, et si ton objectif c’est d’aller de l’avant, choisis délibérément la personne qui va t’accompagner dans cette direction. Les obstacles que nous avons à surmonter après la séparation d’une relation abusive, c’est ce que je connais. J’ai une démarche et des outils appropriés, et si tu veux en savoir plus, tu peux me contacter ici. Je ne suis probablement pas la seule coach spécialisée dans cette dynamique [ou peut-être que si justement ?], mais je la connais parfaitement. Et si j’ai construit tout ce blog, mes vidéos sur YouTube, ma lettre hebdomadaire, mes conférences, c’est vraiment pour t’aider à construire l’avenir que tu veux.

Partage en commentaire tes expériences. Positives ou négatives, elles aideront certainement une autre personne à réfléchir au sujet!

 

Pour trouver l'aide adéquate après une rupture amoureuse, il est important de bien définir tes objectifs.
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Attribution des photos : Daniel Schaffer, merci Unsplash (modifiée)

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4 thoughts on “Se faire Aider après une Rupture”

  1. je suis d’accord avec vous … on tente trop de nous culpabiliser … encore de notre faute encore nous qui ne sommes pas conformes malade fragile et j’en passe .. alors qu’on a été violenté et abusées par un homme ou plusieurs personnes perverses dans notre vie .. vous avez raison de le dénoncer .. ce discours doit changer .. je viens de voir une vidéo avec un homme qui en parle et qui dit pareil stop .. les violences conjugales sont l’affaire des hommes violents en grande majorité ..

    https://www.ted.com/talks/jackson_katz_violence_against_women_it_s_a_men_s_issue?language=fr#t-1044441

    j’ai critiqué plusieurs coach connus sur leur page YouTube dont Mr Cormont en lui expliquant cela y a plus de 2 ans .. toujours à nous de changer quelque chose de défaillant si on veut “avoir une relation de qualité” .. ok on peut s’améliorer mais y avait pas de discours “messieurs vous devez changer” … maintenant il fait des vidéos sur les victimes de PN sans discours culpabilisant .. on dirait qu’il a pris l’ampleur du problème et qu’il surfe peut être aussi sur cette vague pour l’argent et qu’il a senti un filon .. mais bon il n’a plus ce discours qui stigmatise les femmes
    y en a marre .. c’est aux hommes à s’améliorer et changer .. à briser le silence autour de la violence faites aux femmes ..

  2. Merci Lisalisa pour ton commentaire.

    J’ai reçu beaucoup de courrier et de remerciements à propos de cet article et de l’e-mail (Newsletter) que j’ai envoyé à ce propos… dans lequel je ne mâche pas davantage mes mots.

    Pour moi, toute personne qui continue de pointer du doigt les femmes, ne serait-ce que par son vocabulaire ou ses “étiquettes” fait partie du problème et non de sa résolution.

    Comme le dit Lundy Bancroft: en matière de violence conjugale, être “neutre” c’est se ranger du côté de l’agresseur.
    https://une-chose-par-jour.com/pourquoi-tant-de-pn/

    Merci pour le lien…. C’est dans ma lettre de la semaine dernière que je l’ai fait circuler!

  3. je sors d’une relation toxique qui a duré 10 ans, je souffre d’une dépendance affective dont je connais les raisons. Juste après ma rupture il y a quelques mois, j’ai consulté une psychologue qui me disait que les réponses étaient en moi. Après une dizaine de consultations, je me sentais vidée, j’ai TOUT dit, mais je n’avais toujours pas de réponses, et je n’avançais pas. J’ai donc décidé d’arrêter, ce qui l’a mise en colère!! Après quoi j’ai décidé de lire la littérature sur la dépendance affective, qui m’a unanimement fait aboutir à la conclusion que: je ne suis pas AIMABLE (non pas parce que je ne suis pas sympathique), mais ne suis pas digne d’être aimée parce que en raison de ma dépendance affective, je confonds amour et comblement d’un vide abyssal affectif.. Donc en fait mon ex conjoint pervers narcissique n’y était pour rien, JE suis la fautive de par ma faille, mon passé affectif loupé… Donc maintenant, une chose est sûre, je n’oserai plus jamais avoir une nouvelle relation amoureuse, car selon la littérature je mélange amour et comblement affectif….. Quel avenir !!!!

  4. Bonjour Sophie,
    Merci pour ce commentaire… La réaction de cette psychologue est pour le moins déconcertante !
    Bravo de rebondir et prendre la responsabilité de décider pour toi même de la voie qui te convient.
    Je ne sais pas si les « réponses » sont en nous, mais nous avons en nous la possibilité de trouver des solutions. Heureusement ☺

    Comme je l’ai mentionné dans un article (overdose de lecture), après la compréhension, nous avons besoin de passer à l’action et de mettre un pas devant l’autre.
    Ce n’est pas toujours confortable, car nous devons apprendre à penser, ressentir et agir différemment, mais c’est un inconfort qui nous mène réellement vers l’indépendance émotionnelle.
    Qui se trouve dans notre présent et notre futur, à défaut d’avoir existé dans le passé.

    L’avenir est merveilleux. À qui se pose la question d’apprendre un nouvel équilibre et de ne pas se contenter de ce que prédisent les livres, le futur est plein d’étoiles cueillir ☺

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