Pour ou contre le no contact ?

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Le no contact… c’est un sujet qui revient beaucoup, dans les questions qui me sont posées :

  • Dois-je le bloquer ?
  • Comment appliquer le no-contact?
  • J’ai peur de ne pas tenir le no contact
  • Comment ne pas me laisser harceler ?
  • Que penses-tu du no contact ?

Cet article fait partie de la série dans laquelle je réponds à vos questions.

(Si tu veux en poser une, rends-toi sur ma page Contact).

 

I. Le no contact, c’est quoi ?

 

Le no contact, c’est une TECHNIQUE, qui consiste à couper tous les liens avec une personne.
Les liens physiques, bien sûr, mais aussi les liens téléphoniques et virtuels,
ainsi que les liens sur les réseaux sociaux (blocage).
Logiquement, il signifie aussi ne pas espionner la personne bloquée sur ces mêmes réseaux,
ou par personne interposée ou par d’autres moyens.

 

II. Qui recommande le no contact ?

 

D’après mes lectures, il n’y a pas de consensus parmi les auteurs au sujet du no contact.
Si certains le mentionnent ou le recommandent,
d’autres — notamment Anne-Laure Buffet — restent beaucoup plus circonspects.

Sur les réseaux sociaux et les groupes, le no contact est souvent brandi comme un remède miracle.

 

« Bloque-le ! »
« Fais le no contact »

 

Je ne souhaite pas donner sur le blog ou ailleurs de recette toute faite.
Chaque histoire est unique et chacune d’entre nous doit adopter les gestes qui lui semblent adaptés à sa situation.
Dans ma réponse, j’aimerais apporter 4 pistes de réflexion.

1. Le caractère addictif et compulsif de ta relation

 

La plupart du temps, si tu envisages — ou appliques — le no contact,
c’est parce que la relation est fondée sur un sentiment de dépendance.
La relation, et ses manifestations (communication, textos, je-le-quitte-je-reviens-je-le-requitte…)
fonctionnent comme une addiction.
Le sevrage te semble la seule solution.

Cela me fait penser aux régimes pour perdre quelques kilos :
on se force à couper tous les sucres, les biscuits et les gâteaux,
avec un régime que l’on va tenir à la force de sa volonté, les dents serrées…
alors qu’honnêtement, on n’est pas au top de sa forme,
vu qu’on se sent si mal dans sa peau, avec ses kilos en trop.

Le résultat, bien souvent, est une visite à la pâtisserie,
3 éclairs au chocolat et un véritable sentiment d’échec. 

Malheureusement, appliquer le no contact est aussi difficile que de se tenir à un régime draconien.
Les suites d’échecs ramollissent la détermination.

2. Faire le no contact,
ce n’est pas apprendre à ne plus vouloir de contact

 

Les personnes qui arrêtent de boire ou de fumer peuvent utiliser, pendant leur période de sevrage,
une technique d’isolation ou de coupure “similaire” au no contact.

S’isoler pour ne pas être tentées.

Cependant, un jour ou l’autre, elles doivent bien reprendre leur vie,
sans interdire à la planète entière de boire ou fumer en leur présence!

 

Pour tenir dans la durée, apprendre à résister ne suffit pas.
La résistance est rarement une émotion qui produit des résultats faciles, ou efficaces. 

Ce que l’on doit apprendre,
ce n’est pas à résister à l’envie,
mais à ne plus l’avoir ce besoin.
À ne pas se laisser affecter par les stimuli, les agressions.

 

C’est un apprentissage.

3. Le no contact n’est pas possible
pour ceux qui ont des enfants en commun.

 

Les personnes qui ont des enfants en commun (ou des démarches en cours) n’ont pas l’option de mettre en place le no contact.

Elles sont obligées d’apprendre immédiatement à se libérer de l’autre, même quand il y a communication.
Ça n’est pas instantané et beaucoup souffrent de ces communications obligées.

Mais en te donnant les moyens, tu peux apprendre à ne plus donner prise.
Même quand l’autre continue de harceler, d’insulter, de dénigrer, etc.
( cet “autre” que l’on ne peut pas contrôler ni changer)

Apprendre à se détacher, à rester neutre, à ne pas se laisser affecter est un apprentissage.

4. Le no contact n’est pas une solution miracle

 

En conclusion, le plus important n’est pas de dire si le no contact, c’est bien pour toi ou pas.
Si tu as bien compris que ce n’est qu’une technique, pas une solution,
le no contact peut t’offrir l’espace et la tranquillité pour reprendre des forces et travailler sur toi.
Un peu comme un pansement ne permet pas de guérir une plaie infectée.
Tu peux mettre un pansement pour protéger la blessure.
Mais pour guérir, tu dois t’occuper de la désinfecter et de la soigner.

 

Quelles sont tes pensées par rapport au no contact ?
As-tu des techniques pour en faire un atout, est-ce qu’en l’appliquant tu t’es donné les moyens de trouver un équilibre ?
Ou bien, est-ce qu’à force d’essayer, d’échouer, de réessayer, tu as un véritable sentiment d’échec et l’impression de faire du surplace ?

Fais part de tes commentaires ou de tes questions sous l’article, tes remarques aideront certainement une autre personne. Merci !

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Attribution des photos : Chad Madden  (couverture)

Publié le 4 mars

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Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

10 thoughts on “Pour ou contre le no contact ?”

  1. Merci encore Véronique pour ce nouvel article plein de mesure et de bon sens. Non, il n’y a pas de recette miracle. Oui c’est une technique qui permet de se reposer émotionnellement si la relation crée un sentiment de stress continu et de confusion. Et aider à se re-dessiner, reprendre ses contours, ce qui sous-entend redéfinir ses limites et …ses ouvertures ! Bien entouré(e), ce peut être le déclic, le premier pas vers une autre vision de sa propre vie. mais la recette n’est pas infaillible. Comme tu dis, lorsqu’il y a des enfants le no-contact “matériel” total est impossible.C’est là où il est le plus important de travailler sur soi pour apprendre à apprivoiser et relativiser, laisser passer les crises de confusion que réactivent automatiquement ces contacts forcés afin qu’ils ne soient plus qu’une embardée sur la nouvelle route que l’on s’est tracée : mise à distance intellectuelle, relaxation, exercices de cohérence cardiaque, se récompenser en s’offrant quelque chose qui fait plaisir à nos sens,afin de gagner quelques heures d’oubli et se recentrer sur un ressenti personnel positif (une sortie ciné, un bon bain, la visite d’un musée, seul(e) ou avec des amis). Mais, à l’inverse, le no-contact peut être une souffrance terrible pour celui qui s’y force sans soutien, planche de secours. Il peut en effet exacerber le manque affectif si l’origine de l’emprise est une dépendance de cet ordre, avec une tendance à sublimer, idéaliser les bons moments de séduction vécus en oubliant la suite …Le “truc” pour remettre les pendules à l’heure peut être de prendre une feuille et d’établir 2 colonnes. Celle de tous ces moments privilégiés, d’espoirs, de croyances illusoires et celle de la réalité des faits, des outrages, du manque d’aide, des bâtons dans les roues, des renoncements à soi-même qui rappelle que, décidément, non, on a jamais été “ensemble”. Le no-contact est une méthode mais qui doit être concomitante d’une autre démarche. “Qu’est-ce qui en moi a répondu à cela alors que cela ne me ressemble en rien ? Quelle est l’origine de cette emprise ?” Une quête de Graal (Prince charmant, recherche de son alter-ego, représentation idyllique d’une vitrine familiale et de son rôle à jouer dans cette Comédia del’Arte)? Des peurs ? (Ne pas se croire capable de telle ou telle chose seul(e) Difficulté à s’intégrer dans le monde ou la société sans un paravent ou une âme-soeur ). Une obstination quelque peu narcissique (refus de s’être trompé, besoin d’aller “jusqu’au bout”, d’assumer ou respect d’une promesse faite à l’autre ou à soi-même. Chacun a la réponse en soi. Mais bien déniée ….

  2. Merci Anne pour ton commentaire.
    (… je m’appelle encore Virginie… mais ce n’est pas grave 🙂

    Le no-contact n’est effectivement pas une solution universelle, mais c’est absolument un outil que chacune doit prendre en considération et adapter en fonction de sa vie: en y ajoutant la distance géographique, en se servant des avocats,…, ou uniquement en créant cet espace mental sur lequel tout glisse.
    Tu rappelles fort à propos que continuer à vouloir imposer sa manière de voir, et à se justifier peuvent être un frein à la reconstruction.

    C’est une idée que mettent en avant des spécialistes, telles qu’Anne-Laure Buffet ou Christel Petitcollin.

    Pour avancer et changer sa vie, il faut accepter…. de changer 🙂

  3. Cela fait 2 ans que j’essaie de me sortir d’une relation avec un pervers narcissique qui a duré 8 ans. J’avance peu à peu. Il me reste encore beaucoup de travail a faire sur moi pour me détacher de ce qu’il s’est passé.
    Le no contact je n’y arrive pas. J’ai essaye. Je peux rester 3 mois sans contact et tout d’un coup je ressens le besoin de le voir pour atténuer mes angoisses.
    Actuellement je ne cherche plus à aller à l’encontre de ce besoin que je sais nocif.

  4. Merci, Christine, pour ton commentaire.
    Je te félicite d’avoir réussir à franchir le pas de te séparer.
    Se libérer est effectivement une entreprise bien plus large que la seule séparation physique. Elle implique le travail nécessaire pour faire la paix avec son histoire et avec soi-même.
    Mais c’est possible, Une chose par jour ☺

    Le No Contact, comme je le dis dans l’article, n’est pas une solution magique ni universelle.
    C’est une technique qui crée un espace pour pouvoir clarifier ses pensées et ses émotions. Évoluer implique toujours une part d’inconfort, qui peut aller jusqu’aux angoisses dont tu parles.

    As-tu pensé à te faire aider par une personne extérieure (psy, coach, thérapeute…) pour t’accompagner et pour comprendre pourquoi tu « choisis » de penser que tu as besoin de lui pour atténuer tes angoisses ? Ou que le No Contact est nocif pour toi ?
    (C’est une technique, donc en elle-même, elle est neutre. La considérer soit nocive soit bénéfique est une pensée… et nous avons le pouvoir de choisir nos pensées, ce qui est une bonne nouvelle… !)

    Je t’invite à découvrir l’article sur le Modèle de Brooke, une grille de décodage pour analyser nos pensées et mieux comprendre le lien entre nos pensées et les résultats que nous observons dans notre vie.
    https://une-chose-par-jour.com/modele-de-brooke-outil-comprendre-ma-vie/

    N’hésite pas à poser des questions si la méthode t’inspire ou si tu as des difficultés à placer tes pensées dans la grille.
    De même, si tu te poses des questions sur les accompagnements qui pourraient t’aider à te libérer:-)
    À bientôt!

    1. Merci Virginie. Le no contact est difficile car mon ex compagnon est un voisin et que je suis amenée à le rencontrer.
      Ton article sur ce thème m’a fait du bien. Tu es la 1ere personne qui tient un discours sobre et non directif sur le no contact. Cela m’a fait du bien.
      Je me suis fait aider par un psychologue qui pratique l’hypnose. Cela m’a apaisé et permis de prendre du recul. Ce que je suis actuellement n’a rien à voir avec ce que j’étais devenue. Je sais que j’ai encore une longue route à suivre pour sortir de cette histoire. Je me sens lasse régulièrement de lutter.
      L’hypnose ne m’apporte plus rien. Je sens que j’ai besoin de passer à autre chose mais je ne sais pas quoi. J’ai découvert ton blog, je le trouve bienveillant et doux. Cela fait écho en moi et cela me permet de réfléchir à mon rythme.
      J’ai lu l’article que tu m’as conseillé. Je vais tester la méthode préconisée.

      1. C’est une très bonne idée de se faire aider, l’hypnose fait partie des thérapies recommandées (sauf en cas d’agressions sexuelles).
        Voir: https://une-chose-par-jour.com/5-therapies-traiter-stress-post-traumatique-conseils-specialiste/

        Je reçois de nombreux témoignages ou questions de personnes qui cherchent des alternatives après des traitements de thérapie, car malgré le bien qu’elles en ont tiré, elles constatent qu’elles n’avancent plus.
        Donc je trouve que c’est pertinent de se poser la question de trouver d’autres solutions.
        Une partie des thérapies (pas toutes, mais beaucoup) est focalisée sur le passé.

        Ma démarche est une approche de coaching, dont l’objectif est de clarifier son mental et de s’équiper d’outils pour gérer son présent et l’orienter vers le futur que l’on souhaite pour soi.
        Dans le blog, je partage les outils qui me sont utiles, et c’est sur la base de ces outils que je travaille de manière personnalisée et suivie avec les personnes qui le souhaitent.

        J’estime que les femmes victimes de relations abusives ou violentes ont suffisamment souffert d’avoir quelqu’un qui leur dictait comment être ou penser.
        C’est à chacune de choisir sa voie, qui sera différente et unique. Il n’y a pas une solution pour toutes 🙂

  5. Bonjour cette technique me permets de récupérer un peu d’energie afin de me séparer d’un manipulateur et j’avoue que ça fait du bien de prendre des forces.
    Je ne lui parle plus car de toute manière chaque mot que j’utilise est retourné contre moi donc je ne donne plus matière à me faire retourner le cerveau.
    Même si j’ai un enfant avec lui je sais que plus tard quand je serais partie je devrais être brève sans raconter ma vie et sans lui donner d’éléments.
    Je vais mettre un filtre.
    Je souhaite être libre sans qu’il puisse m’atteindre comme il l’a fait pendant 10 ans.
    Le no contact permets de mettre une distance de sécurité qui est vraiment nécessaire si on commence à ne plus avoir confiance en soi à cause de cette relation toxique.
    Je tiendrais jusqu’a mon départ.
    Merci pour ce blog qui m’a fait ouvrir les yeux sur ma vie.
    Et me donne la force et le soutien d’aller jusqu’au bout de ma démarche pour ma fille et pour moi.
    Car on a un modele à montrer à nos enfants, j’ai pris ma décision de partir car je souhaite montrer à ma fille qu’elle mérite le respect qu’aucun homme ne doit se permettre de la rabaisser de lui faire perdre confiance en elle, si je reste je lui montre que cette relation toxique est normale.
    Et ça il est hors de question.
    Je remercie ma fille car elle m’a aussi aider sans sans rendre compte (elle a que 2 ans), ça m’etait Insupportable le manque d’estime que mon ex conjoint avait envers moi et surtout lorsqu’il l’exprimait devant notre fille.
    Je vous remercie vraiment d’avoir créé ce blog.
    Il m’aide tout les jours pour partir.
    Merci

  6. Bonjour “Me liberer”,
    merci pour ton commentaire et tes remerciements qui me font chaud au coeur.

    Bravo pour ton courage. Reprendre des forces avant de se séparer est une bonne techniques, pour celles qui le peuvent et en ont la force.
    C’est ce qu’a fait Agathe (témoignage dans l’article “je l’ai quitté, mais je ne suis pas libérée”), même si la parentalité complique les relations et le No Contact.

    Je crois que tu as bien compris le principe de ne donner aucune prise… comme une savonnette dans la baignoire 🙂

    N’oublie pas de te faire accompagner autant que possible (entourage, association, psy, coach, assistante sociale, médecin… ).Toutes les ressources sont bonnes!

    Pour une communication qui donne le moins de prise possible, tu peux aussi t’inspirer de l’article
    https://une-chose-par-jour.com/communication-preformatee-reponse-aux-attaques/

  7. Tout d’abord je réalise (je me suis posée la question plusieurs jours après …) t’avoir appelée d’un autre prénom et te prie de m’en excuser. C’est un lapsus car en fait c’est celui de l’une de mes meilleures amies qui a elle aussi vécu une situation compliquée, a réussi à se sauver et s’est définitivement trouvée libérée par un concours de circonstances, plusieurs mois après sa séparation: la mort brutale de son ex-compagnon. Ayant retrouvé quelqu’un d’équilibré je la pense sortie d’affaire.J’ai dû transposer vos images symboliques pour moi …
    Aujourd’hui j’ai une question, confortée par les témoignages ci-dessus. Le temps de “déconditionnement” est-il proportionnel à la durée de la relation d’emprise ? Je n’ai pas 25 ans devant moi pour profiter de ma vie …..

  8. Nooon ! (Ouf!!!)
    Heureusement, Anne… le temps de « déconditionnement » n’est pas proportionnel à la durée des relations que l’on a vécues !
    Je ne sais pas s’il est proportionnel à quoi que ce soit… d’ailleurs.

    Certaines personnes « renaissent » vite après une situation, d’autres mettront longtemps.
    C’est en grande partie pour cela que j’ai créé ce blog… car où trouve-t-on de l’aide pour avancer, une fois la crise passée ?
    La thérapie n’est qu’une des solutions possibles et ne convient pas aux désirs ou besoins de tout le monde.

    Le plus important, c’est surtout de trouver les « guides » qui font écho en nous et qui nous permettent d’avancer.
    Ces guides peuvent se présenter sous forme de livres, de blog, de thérapie, de coaching, de rencontres impromptues… Souvent un mélange de tout cela, que chaque personne compose à sa guise.

    Tout se passe exactement comme il faut et au bon moment, quand on est prête.

    Vouloir ces changements demande de la volonté, et le courage de laisser tomber des pensées et des fonctionnements qui nous étaient familiers. Cela demande l’effort de faire le travail nécessaire.
    Mais la vie est alors tellement plus merveilleuse.

    (pour le prénom… ce n’est pas grave 🙂

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