Poser des limites: pourquoi et comment?

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Pourquoi et comment poser des limites?Poser des limites : pourquoi et comment ? Et d’ailleurs, comment définir ses limites personnelles ? Doit-on les imposer aux autres ? As-tu l’impression de ne pas savoir mettre de limites dans ta vie courante et de te faire bouffer par les autres ? Quand on parle du sujet, la confusion est grande. Il suffit de vérifier sur les recherches de Google, ce que j’ai fait, pour s’apercevoir que les questions foisonnent et partent dans toutes les directions. J’ai vu « Comment mettre des limites à son ado ? », question rhétorique à mon avis, et même, accrochez-vous bien : « comment imposer des limites à son bébé ? »

Il est temps de clarifier ce que sont les limites, pourquoi — ou dans quelles circonstances — nous avons besoin de fixer des limites et comment les faires respecter.

 

Les limites : ce qu’elles sont et ne sont pas

 

Placer ses limites est un acte qui nous est nécessaire pour protéger notre espace émotionnel, mental ou physique. S’il faut protéger notre espace, c’est qu’il y a violation (ou tentative de violation) de notre espace privé. Fixer ses limites personnelles repose sur l’authenticité et le respect de soi-même. Loin d’être une technique pour contrôler les autres, c’est — à l’inverse — un geste de bienveillance envers soi-même et d’honnêteté dans nos relations aux autres.

En posant nos limites, nous définissons, d’une part, ce qui est acceptable pour nous et ce qui ne l’est pas ET d’autre part, les actions que nous prendrons en cas de violation. Sans cette seconde partie, et sa mise en application, les limites ne sont que de vagues vœux que nous pourrions tout aussi bien confier à la lanterne d’Aladin.

 

1. Dire non, ce n’est pas poser une limite

 

Dans notre vie de tous les jours, nous avons rarement besoin de poser des limites. Les rouages de nos interactions en société font que nous nous sommes engagés et savons respecter des limites communes : nous n’entrons pas chez les autres sans leur invitation, nous n’embrassons pas quelqu’un que nous ne connaissons pas, nous ne nous servons pas sans autorisation de ce qui ne nous appartient pas… Quand quelque chose ne nous convient pas, nous avons la possibilité de dire non en toute simplicité. Il n’y a pas besoin que quelqu’un envahisse notre espace pour avoir envie ou besoin de dire non.

Quand tu choisis de rendre service ou de donner, tu le fais si tu veux. Si tu le fais à contrecœur, alors tu te manques de respect et tu donnes aux autres le modèle qu’on peut se comporter sans respect avec toi.

Oui ou non. Deux options équivalentes. Nous avons le choix de la réponse, ou l’action qu’on préfère, à tout instant, et nous nous simplifions bien la vie en apprenant à utiliser les deux : soit oui, soit non.

 

2. Les limites ne servent pas à contrôler les autres

 

Bien souvent, on l’a vu dans mon introduction, nous croyons que nous devons poser des limites AUX autres. Il n’y a rien de plus faux. Poser ses limites, c’est décider où sont nos frontières et comment les garder. En procédant ainsi, nous ne cherchons ni à contrôler ni à manipuler l’autre.

Ce que nous faisons, en revanche, c’est :

  • décider et annoncer ce qui est inacceptable pour nous
  • informer des conséquences au cas où quelqu’un transgresserait cette limite
  • appliquer ce que nous avons annoncé en cas de violation de la limite.

 

Par exemple :
« Je ne supporte pas que tu cries quand nous ne sommes pas d’accord. Si tu cries, je quitterai la pièce. » Et s’il crie, tu sors de la pièce. À chaque fois. Tu n’as pas besoin de te justifier ni de négocier, les règles sont claires et ta réaction toujours la même.

Ceci est complètement différent de :
« Arrête de crier » : c’est un ordre qui exige que l’autre change sont comportement, donc une tentative de contrôle.
« Si tu cries, je me suicide » : c’est du chantage, car la mise en application est illusoire, c’est aussi une tentative de contrôle.

En posant nos limites, nous ne dictons pas à l’autre comment se comporter. Nous acceptons qu’elle ait la liberté de se comporter comme elle le souhaite et que nous aussi, nous avons la liberté des actions que nous prenons en conséquence.

 

3. Les limites se posent dans la bienveillance

 

Quand nous comprenons que les limites ne concernent que nous et la protection de notre espace, nous pouvons voir qu’il ne s’agit pas d’un acte de contrôle, mais d’un geste de bienveillance. En plaçant le respect de nous-mêmes en priorité, nous nous dégageons des situations qui nous font souffrir et des ambivalences. En donnant l’exemple de comment nous nous traitons nous-mêmes, nous donnons aussi l’exemple aux autres de comment nous voulons être traitées.

 

Poser ses limites se fait dans la bienveillance
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Poser des limites : une décision personnelle

 

Il n’y a pas de guide qui stipule les « limites à fixer » dans la vie d’une personne adulte. Chacune de nous est libre de décider ce que lui est acceptable ou non, de même qu’elle est libre de choisir comment elle réagira si quelqu’un outrepasse ces limites. Nous n’avons pas besoin non plus de nous promener avec une pancarte listant nos limites, car ce n’est que lorsqu’elles sont dépassées qu’il est nécessaire d’y recourir.

 

Une de mes limites est de ne jamais monter en voiture si le conducteur a bu. Je ne me balade pas dans ma vie en avertissant les gens. Je m’assure que j’ai toujours la possibilité de rentrer chez moi sans dépendre de quelqu’un qui pourrait avoir bu. Si je me trouve dans cette situation, je décline l’offre et je prends le bus, un taxi, je dors sur place ou même, je décide de ne pas y aller. C’est ma limite. Les autres sont assez grands pour choisir de boire, ou non, et malheureusement, quelques fois décident de conduire en ayant bu. Certaines personnes rentreront dans la voiture pour ne pas offenser le chauffard.

 

Faire respecter ses limites

 

Le vrai problème, en fait, c’est moins de poser ses limites que de les faire respecter. Bien sûr, définir ses limites, c’est oser se poser les bonnes questions. Qu’est-ce qui est acceptable pour moi ? Qu’est-ce qui me fait souffrir ? Qu’est-ce qui ne correspond pas à mes valeurs ? Qu’est-ce qui n’est pas en alignement avec la vie que je veux construire ?

Cependant, la mise en place de limite ne prend son sens que lorsque celles-ci sont transgressées. Il faut donc, parallèlement à la décision de ce qui est acceptable ou non, bien choisir comment on va agir si la limite n’est pas respectée. Notre action doit être :

  • applicable,
  • proportionnée,
  • indiscutable,
  • constante.

Applicable : Si tu dis « la prochaine fois que mon chef me parle sur ce ton, je démissionne » alors que tu ne peux pas te payer le luxe de perdre ton salaire, la limite n’est pas applicable.
Proportionnée : Si tu dis « si tu ne sors pas les poubelles, je divorce », nous en sommes au chantage.
Indiscutable : Tu n’écoutes jamais le chauffard ou les cousines pompettes qui essaient de te convaincre que c’est une bonne idée de monter dans leur voiture.
Constante : Tu ne fais pas d’exception.

Note: il est important d’apprendre à faire respecter ses limites sans se justifier. Une technique que l’on peut habilement mélanger avec une communication préformatée quand on a affaire à un interlocuteur doué pour transformer les conversations en boucle.

Pourquoi c’est difficile de poser des limites ?

 

Parce que cela nous force à nous poser les vraies questions, celles que nous ne voulons pas aborder quand nous avons la tête dans le guidon. Celles qui nous renvoient l’image de ce qui ne va pas dans notre couple, dans notre boulot, dans notre vie. C’est un peu une question de tenir ses résolutions. Si je dis à mon mari que s’il crie quand nous ne sommes pas d’accord, je sors de la pièce et, pourtant, il crie à chaque fois pour imposer son point de vue. Si, au lieu de tergiverser, de m’aplatir, de me mettre à pleurer, à supplier, etc. je sors effectivement de la pièce, je vais finir par passer plus de temps dehors que dedans. Et au bout du compte, je serai bien obligée de me demander si j’ai le mariage que je veux. Big question.

Ceci dit, c’est un faux problème, mais on ne le voit pas quand on prend la tangente.Parce que, quand je ne fais pas respecter mes limites, je n’ai pas non plus le mariage que je veux. Sauf que dans un cas, j’ai choisi la route qui me démolit et qui me fait perdre ma confiance et mon propre respect.
Et dans l’autre, j’ai pris mes responsabilités sans essayer de contrôler les actions des autres.

 

Et toi, as-tu du mal à fixer et faire respecter tes limites?

 

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Attribution des photos : Lo Ken chez Unsplash (modifiée)

Publié le 12 septembre

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Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

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