Porter plainte pour violences conjugales : faut-il le faire et quand ?

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La question de porter plainte pour violences conjugales est une question récurrente (malheureusement). C’est toujours une question très sensible. Les associations peuvent donner des conseils sur la pertinence de cette démarche et indiquer la manière de procéder. Cependant, la décision finale est personnelle. Elle doit, à mon avis, être motivée par les bonnes raisons : c’est-à-dire des raisons qui sont les tiennes, que tu comprends totalement et dont tu peux assumer les conséquences. Le pire est l’indécision ou les changements d’orientation : « j’ai porté plainte contre mon mari, je regrette d’avoir porté plainte, j’ai retiré ma plainte… » Un tel scénario peut envoyer un mauvais signal pour la suite des éventuelles procédures et nous propulse dans un yoyo émotionnel très nocif pour le moral.

 

Personne d’autre que nous ne porte la responsabilité de cette décision.
Personne d’autre que nous, non plus, ne doit vivre avec les conséquences du dépôt de plainte.

 

Alors, comment savoir s’il faut porter plainte pour violences conjugales et si tu souhaites le faire, quand est le bon moment ?

(Voici un lien utile pour la procédure à suivre)

Voici, selon moi, 3 points à prendre en compte dans sa réflexion :

  • prendre du recul
  • définir ses raisons
  • être bien conseillée

 

I. Prendre du recul

 

Quand cela est possible et qu’il n’y a pas de danger imminent, il n’y a en général aucune urgence à porter plainte pour violences conjugales.

Le délai de prescription (qui est de 3 ans en France) nous donne les limites du temps de réflexion à notre disposition pour savoir la conduite que l’on veut adopter.
Le temps est nécessaire pour pouvoir prendre en compte l’ensemble de sa propre situation, peser le pour et le contre des différentes alternatives, en évaluant les risques et les points favorables à la lumière d’aujourd’hui et au regard de l’avenir.

La précipitation n’est jamais la meilleure conseillère. (À noter qu’en France le dépôt d’une main courante est une option d’action temporaire pour laisser une trace auprès des autorités.)

 

En revanche, il est primordial de consigner le mieux possible tous les faits et événements et de documenter les preuves. (Tu peux lire dans cet article des conseils pour conserver ces informations et dans cet autre article, des conseils de sécurité.)

II. Définir ses raisons

 

Être en danger et devoir prendre une décision dans le feu de l’action peut amener à porter plainte rapidement. Il est important de savoir que si l’on veut quitter le domicile conjugal avec ses enfants, le dépôt de plainte n’est pas indispensable. En revanche, un tel départ doit absolument faire l’objet à minima d’un dépôt de main courante.

 

Quand on analyse ses raisons pour porter plainte contre son mari, il est important de clarifier quelles sont les attentes que l’on a et surtout d’éviter deux écueils :

 

1. Espérer que le dépôt de plainte déclenchera une sorte « d’opération de secours »

 

C’est une attente qui est compréhensible. Parfois, la démarche de porter plainte est — pour la victime — la première expression des drames vécus au sein du couple et de la famille. Comme un appel au secours.

Malheureusement, la plainte n’est que le déclenchement d’un processus d’enquête et d’une procédure juridique.
Elle ne change absolument rien à nos conditions quotidiennes de vie, et peut même éventuellement les aggraver (car la police doit informer la personne accusée qu’une plainte a été déposée, ce qui n’est pas le cas avec la main courante).

 

2. Espérer un jugement moralement juste

 

Attendre qu’au terme d’une procédure, un jugement moralement juste soit délivré revient à se préparer à de lourdes déceptions.
La procédure judiciaire est l’application des lois au vu des preuves.
C’est long, c’est ingrat. Comme la plupart des faits se sont passés à huis clos et que les preuves sont souvent mal documentées, les jugements ne reflètent pas toujours la réalité vécue par la victime.

 

Cette procédure peut coûter beaucoup à la victime, en argent certes, mais surtout en énergie, en temps, en attente et en espoirs déçus.

 

III. Être bien conseillée

 

Une fois qu’on a pris du recul et réfléchi à ses propres raisons, il est important de trouver les bons conseils.
Les associations fournissent à la fois les conseils et le soutien nécessaires.
Elles ont l’expérience particulière de ce domaine, mais aussi les connaissances de la situation locale (les tribunaux sont-ils engorgés, quels avocats sont spécialisés, etc.).

Si l’on cherche conseil auprès d’un avocat, mieux vaut avoir un objectif clair en tête. Savoir pourquoi on souhaite porter plainte et ce qu’on attend de cette procédure permet d’évaluer si les attentes sont réalistes et à quel prix (coût financier, et surtout durée, enchaînement possible des procédures, reports et délais, etc.).

Avoir une idée claire de ce à quoi on est prête à s’engager est à mon avis le minimum à connaître afin de pouvoir prendre une décision informée.

 

IV. En conclusion, faut-il porter plainte pour violences conjugales, et quand ?

 

Les échanges sur certains groupes Facebook qui sont remplis d’injonctions à porter plainte, les avocats qui sont parfois prêts à aller se battre « jusqu’au bout », la pression sociale, tout nous incite a nous engager rapidement sur la voie des procédures judiciaires.

Nous sommes toutefois obligées de constater que la justice actuelle est loin de servir les intérêts des victimes de violences conjugales : les délais sont interminables, la charge des preuves à fournir et les sessions au tribunal sont au bas mot une difficile épreuve, les peines sont souvent en décalage avec la réalité et décevantes.

 

Il me semble que chaque victime doit impérativement dresser le bilan de sa propre situation et mener sa propre réflexion à terme, en fonction de ses propres valeurs, ses possibilités et ses espoirs.

Quels sont ses attentes si elle décide de porter plainte, et quel en sera le coût, en termes d’euros, de semaines à gérer ces dossiers, d’heures passées sur les bancs d’un tribunal, de déceptions, de charge mentale et de temps à rester bloquée dans cette phase de vie.

Il me semble aussi que si tu as eu le temps d’esquisser les premiers pas de ta reconstruction, alors tu es plus lucide et plus forte pour choisir de t’engager dans cette démarche.

 

J’espère que cet article t’aide à faire le point sur la pertinence de porter plainte pour violences conjugales.

 

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Publié le 17 mai

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Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

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