Partir : ne faites pas comme Thelma & Louise, soyez Clint Eastwood

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ThelmaPartir ? Partir pour ne jamais revenir ?
Tout est question de préparation.
Et si vous avez besoin de modèle, je propose de suivre celui de Clint Eastwood dans « L’évadé d’Alcatraz » (oui, je sais, c’est un homme, mais bon.).
Pas celui de Susan Sarandon et Geena Davis dans Thelma & Louise…

Pourtant, Thelma & Louise (1991), c’est un de mes films préférés. Que dis-je… ? Un de mes films-cultes. Et pas que le mien, d’ailleurs. Je l’ai même deux fois en DVD, pour plus de sécurité…

Thelma & Louise, c’est une échappée fantastique, une histoire forte de rébellion et d’amitié entre filles.

C’est aussi une histoire d’abus, de viol, « du tout pour le tout »… Je ne vais pas vous dire comment ça finit, si vous n’avez pas encore vu le film, mais dans la vraie vie, ce n’est sans doute pas la fin que vous souhaitez… Surtout si vous trimballez sous le bras deux virgule un enfants et un chien…

Je ne vous raconterai pas non plus comment Clint Eastwood s’échappe d’Alcatraz.

Mais ça se termine beaucoup mieux. D’ailleurs, tout le film — finalement — est l’histoire de la préparation de cette évasion. Ce n’est pas le seul film de ce genre, il se trouve simplement que c’est celui qui m’a marquée.

Vous aussi, vous avez certainement vu des films dans lesquels des prisonniers s’échappent. Et grosso modo, il y en a deux sortes :

ceux où les fugitifs s’en sortent

et

ceux où ils prennent une balle dans le dos
pendant qu’ils courent comme des dératés.

La différence entre les deux ?

Un coup de chance ?

Que nenni !

 

La différence, c’est la préparation.

La fuite à la “Thelma & Louise”

 

Thelma & Louise, c’est un très bon exemple, puisqu’en plus, le scénario touche au cœur de notre dynamique : la violence faite aux femmes.

Le film raconte l’histoire de deux copines dont l’excursion d’un week-end se transforme en cavale à travers les États-Unis.

Après qu’un homme essaie de violer Thelma sur le parking d’un club, Louise débarque in extremis et, sous la menace d’un revolver, empêche le viol. Mais l’homme devient agressif, le coup part et le tue. Louise refuse de se rendre à la police et décide de s’enfuir en direction du Mexique, en entraînant Thelma avec elle.

Thelma film


Plus Thelma & Louise se sauvent, plus les difficultés s’amoncellent sur leur chemin. Au fil des péripéties, les deux femmes se transforment en véritable hors-la-loi.

Elles n’ont pas d’argent, pas de logement, pas de soutien, et leur périple n’est qu’une gigantesque fuite en avant.

Sans la fin tragique de l’histoire, Thelma aurait-elle changé le cours de sa vie ou bien serait-elle rentrée, tête basse, auprès de son arrogant et maltraitant compagnon ?
Nous ne le saurons pas.

 

Mais la cavale des deux copines est l’exemple même de ce qui se passe quand on est dans la RÉACTION.

Chaque décision que les femmes prennent est une réaction, impulsive et peu réfléchie, qui permet de gagner du temps, tout en les enfonçant davantage dans la catastrophe.

 

Les femmes se sauvent, elles n’ont ni plan ni ressources, et plus le temps passe, plus elles se rapprochent inéluctablement d’une issue fatale.

Nous, spectateurs, comprenons bien qu’il n’y a pas d’issue favorable : vont-elles être attrapées par la police ? par des hommes complices ? vont-elles mourir ? vont-elles rentrer chez elle avec culpabilité, le cœur et le corps brisés ?

 

Leur fuite est semblable à celles de

certaines femmes qui se sauvent de chez elles un soir où les coups pleuvent,

à ces femmes qui décident de faire un « break » pour essayer de comprendre ce qui ne va pas dans leur relation et pourquoi leur compagnon est si dénigrant/abusif/insultant/égoïste/manipulant, etc.,

à toutes ces femmes qui rompent et reviennent, qui rompent et reviennent, qui rompent et reviennent.

Leur fuite est une réaction, justifiée certes, mais désespérée.

 

Sans plan, sans préparatifs, l’adrénaline de la fuite retombe sur un grand vide : on sait à quoi l’on fuit, on ne sait pas ce qu’on cherche.

On n’a aucune idée de ce que devrait être la prochaine étape.

On s’aperçoit que dans la précipitation on n’a pas pensé au manque, manque du conjoint, manque d’argent, manque d’objectif.

Tout se ligue pour faire avorter la tentative de départ.

 

Dans la vraie vie, les départs qui réussissent sont ceux qui sont bien préparés.

Et cela peut prendre du temps, de la minutie, de l’ingéniosité.

Et surtout de la détermination.

 

 

Se préparer comme Clint Eastwood

 

Je ne sais pas ce qu’aurait pensé l’acteur de la cavale de Thelma & Louise…

Parce que dans le rôle qu’il joue, toute l’action est dans la préparation.

Le film « L’évadé d’Alcatraz » (1979) dans lequel il joue le personnage de Frank Morris s’appuie sur des faits réels.

Les hommes qui se sont échappés de la prison ont creusé les murs de leurs cellules avec des petites cuillers, ils ont construit un radeau avec des cirés. Sur les quatre qui préparaient leur fuite, trois ont réussi et le dernier, qui n’avait pas pu mettre son plan en action, s’est retrouvé contraint à aider le FBI dans l’enquête.


Comment Clint Eastwood et ses compagnons se sont-ils préparés ?

Ils ont su trouver des alliés.

Ils ont réfléchi à tout ce dont ils avaient besoin.

Ils ont analysé quel serait le moment propice pour passer à l’action.

Ils ne se sont pas pressés, mais tous les jours, ils ont agi pour faire avancer leur projet. (LIEN)

Ils n’ont pas abandonné quand ils ont été confrontés à des échecs dans leur préparation.

Ils ont appris de leurs erreurs, ils ont parfois dû changer de stratégie.

Ils n’ont jamais perdu de vue leur but : partir.

Ils ont persévéré.

Ils n’ont pas hésité quand leur chance s’est présentée, car ils étaient prêts.

 

Mais était-ce la situation idéale ? Est-ce que tout était parfait pour leur évasion ?

Bien sûr que non !

 

L’île d’Alcatraz était encore entourée d’eau glaciale, patrouillée par des requins.

La prison était encore entourée de hauts murs d’enceinte, patrouillée par des gardiens armés.

Le pays entier était encore un état de droit, patrouillé de citoyens prêts à appeler la police.

 

Clint EastwoodMais eux, ils avaient fait tout ce qu’il était en leur possible de faire pour s’en sortir.

Ils avaient mis toutes les chances de leur côté.

Ce qu’ils ne pouvaient pas contrôler était ce que c’était, hors de leur champ d’influence.

Une des données du problème.
Ni plus ni moins.

Qu’ils restent ou qu’ils partent.
Ils étaient résolus à faire face aux risques.

 

C’était le prix de leur liberté.

Ils ont mis tous les atouts de leur côté.

Ils ont tenté leur chance.

Ils se sont libérés.

 

 

(PS 1 : Mon texte est évidemment une métaphore : je n’encourage pas les personnes incarcérées à organiser leur évasion. Mais je pense que nombreuses de vous saurons s’identifier. Une relation abusive ou violente est une prison.)

 

(PS 2 : Dans le cas de danger physique imminent, il est impératif de s’enfuir et d’appeler les secours.

 

 

 

N’hésitez pas à me laisser un commentaire! Avez-vous vu ces films? Êtes vous plutôt Thelma ou plutôt Clint?


Attribution des photos: Evan Kirby (couverture et article), Amazon

Publié le 1er novembre

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Virginie Loÿ

Je m’appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d’une relation abusive ou violente.

One thought on “Partir : ne faites pas comme Thelma & Louise, soyez Clint Eastwood”

  1. J’ai adoré ton article Virginie 🙂 Bien que je sois cinéphile je n’ai pas vu l’évadé d’Alcatraz, alors que j’adore Clint Eastwood. Thalmann et Louise, quel chef d’oeuvre ! Merci pour cette jolie métaphore 🙂 Pour ma part, avec le temps j’ai appris à être comme Clint Eastwood, cette façon d’agir est constructive. Et on peut y arriver même si on est plutôt comme Thelma et Louise, en persévérant 🙂

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