Comment parler de soi ? Au il ou au je ? Quel impact ?

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parler de soiJe suis persuadée que nos choix de mots ne sont jamais anodins… Surtout ceux que l’on emploie pour parler de soi.
Et accessoirement aussi, pour se parler.

Cette vidéo est la première d’une série de trois dans laquelle j’aborde des questions de vocabulaire et l’impact que celui-ci a sur notre moral et notre reconstruction.

Je m’interroge — et je t’interroge — sur le vocabulaire qu’on utilise communément, sans trop y réfléchir, pour parler de soi.
Impossible de ne pas y prêter attention.

En effet, lorsque je réponds à la ligne de soutien, ou parfois que je suis des discussions sur les forums,
je remarque que les victimes de relations violentes ou abusives se définissent souvent uniquement par rapport aux actes de la personne qui les a abusées.
Elles racontent leur vécu en listant ce qu’« IL » a fait.

 

I. Se réapproprier son histoire

 

Pourrait-on se réapproprier son histoire,
en laissant la culpabilité, et en prenant ses responsabilités ?

Pourrait-on retrouver un sentiment de pouvoir en modifiant les mots pour parler de soi ?
En changeant le « IL » en « JE », là où cela est pertinent ?

C’est la question que je pose dans cette vidéo, et je t’invite à me répondre sous cet article (ou bien sous la vidéo elle-même) et à me donner ton opinion sur la question.

La reconstruction est composée, bien sûr, de phases différentes, dans lesquelles je pense qu’il est normal que le vocabulaire évolue.

Parler de soi et de son histoire est déjà une première étape libératrice,
quels que soient les pronoms utilisés,
car beaucoup d’entre nous gardent le secret trop longtemps sur les abus que nous vivons (ou avons vécu).

Ensuite, je crois qu’il est primordial de savoir reconnaître que seul l’auteur des abus, des insultes et des violences en est responsable (et coupable).
Les différends entre personnes, dans une relation de couple ou autre, sont la vie même.

Mais, qu’une personne se comporte de manière abusive ou violente n’est JAMAIS justifié, quels que soient les désaccords.

 

II. Comprendre et prendre ses responsabilités

 

Une fois ce rééquilibrage établi, il est important d’apprendre à parler de soi de manière neutre.
En employant le pronom le plus exact, de manière à identifier notre part de responsabilité (je dis bien responsabilité et non culpabilité).

Car comprendre ses responsabilités est une première étape pour sortir du statut de victime.

Pour approfondir la compréhension de son vécu et travailler à construire son présent et son futur de manière solide et affranchie.

Nous avons toujours des choix.
Nous pouvons parler ou nous taire, partir ou rester, ou revenir.
Nous pouvons faire des erreurs, et les corriger, et apprendre.

C’est le pouvoir du « je ».

 

Qu’est-ce que cette vidéo t’inspire comme réflexion ? As-tu observé ton vocabulaire et les pronoms que tu utilises ? Est-ce que cet article te rend perplexe ou t’ouvre des possibilités ? N’hésite pas à commenter ci-dessous, merci !

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Publié le 28 janvier

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Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

One thought on “Comment parler de soi ? Au il ou au je ? Quel impact ?”

  1. Tout à fait. Mais il est très long d’en prendre conscience et de changer sa rhétorique, qui traduit sa perception. Des places, des rôles, du sujet et de l’objet. Cela commence par la relation d’une anecdote, d’un fait au téléphone à une copine. On ne se raconte pas ce que ‘l”on” a fait ce week-end mais ce qu'”il” vous a dit ou fait ou exprimé. Et notre vie devient “il”, axe central de tous nos ressentis et émotions.
    Même lorsque l’on commence, après et pendant, malgré une longue période de mal-être, de dissonance en soi que l’on ne comprend pas, à consulter, l’on s’exprime par “il”. et le thérapeute tente de vous recentrer. “Mais “VOUS ?” “Parlez-moi de Vous” Moi ? Que dire de moi ? Moi c’est …je ne sais pas, cette chose effritée qui est partagée entre des sentiments, des réflexions tellement contradictoires ! Qui sait qu’elle n’est pas folle, qu’elle n’a pas rêvé. Ou bien si …tellement rêvé qu’elle a peut-être honte de se l’avouer… Que reconnaître cette erreur n’est pas se disqualifier, (même si elle se trouve en effet vraiment “bête à manger du foin” là, dans ce cas précis alors qu’en règle générale elle se sait plutôt intelligente …) Reconnaître cette erreur , reconnaître que c’était SON rêve, auquel elle avait VOULU croire, c’est …tuer ce rêve. Y renoncer. Ce rêve qui faisait, donnait sens contre toute attente, tout bon sens ….Que mettre à la place ?
    Dans mon expérience, je vois une autre hypothèse à l’emploi de ce “il” permanent.. Le “il” était en amont pour moi de son emploi dans la relation de(s) événements(s) à des tiers de confiance.”Il” était déjà dans l’action, au moments des faits ou des discussions perturbants. Paradoxalement j’ai confiance en moi et, dès le début, les mots, les attitudes blessantes ou dévalorisantes ne m’ont jamais fait douter de mes capacités. Mon raisonnement n’a jamais été “il a raison, je ne suis bonne à rien” mais au contraire “Bon sang il me connaît, il sait bien que je suis capable de , il a bien vu tel truc, a bien été impressionné par tel autre, il m’a assez vanté telle qualité COMMENT PEUT-IL MAINTENANT ME DIRE CA ?” “Lui” qui dit m’aimer, comment peut-il dire cela qui est tout le contraire de ce que l’on exprime de quelqu’un que l’on dit aimer ?” Dans d’autres cas alors que j’avais dialogué, exprimé mes besoins (en dépassant ma fierté, s’il me connaît, m’aime et me “ressent” comme il le dit, difficile d’admettre devoir mettre les points sur les “i”) comment peut-il ne pas en tenir compte, alors que lors de cette discussion il avait manifesté avoir compris ?
    Il il il … comment peut-il … est une manière de se mettre à distance. Je n’étais pas impactée directement par ses critiques mais par le fait qu’il puisse se comporter ainsi, dire des choses pareilles, en contradiction totale avec d’autres attitudes. Sinon j’aurais été dans la ré-action, me serais défendue, répondu à chaque argument en contre-attaquant, retournant la question. Ca, je ne le voulais ca je savais que ce serait sans fin, que je n’aurais pas le dernier mot, aucune reconnaissance et surtout que ce faisant je me comporterais comme Lui. Non, je restais sidérée. Je ne m’attachais pas aux termes mais au principe. “Tandis qu’une voix me soufflait “comment peut-il” , une autre me glissait : “Et toi, comment peux-tu accepter d’entendre cela ?” Je ne le pouvais pas en effet …..
    Alors oui ce IL traduit bien le pouvoir accordé à IL; Mais, un temps (qui ne doit pas s’éterniser), il permet, non pas de nier le “je” mais quelque part de le protéger. ( d’une fracture narcissique ? je ne sais)

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