Le déclic pour reprendre sa vie en main

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Chacune de nous a le pouvoir de ne plus subir sa vie. Encore faut-il comprendre que la vie que nous menons n’est pas une fatalité ni une route droite qui se terminerait dans un mur. Encore faut-il s’éveiller au fait que les options existent, que nous sommes aux commandes de notre vie et que c’est de l’intérieur de nous que vient la transformation. Suffit-il d’un déclic pour changer de vie ? Je n’en suis pas si sûre… Je pense plutôt qu’il faut deux éléments : la prise de conscience et le facteur qui déclenche l’action. Ces deux événements peuvent être simultanés, ou non. C’est ce que nous allons voir dans cet article : l’importance de la prise de conscience et celle du déclic pour reprendre sa vie en main.

 

I. La prise de conscience de sa situation.

 

a) S’interroger : la première étape

 

Comme je l’ai souvent mentionné dans mes articles sur le blog, beaucoup de femmes qui vivent dans des relations toxiques ou de violence se demandent, un jour, si ce qu’elles vivent est normal.

Elles nous appellent sur les lignes de soutien : elles racontent un incident. Elles cherchent à lui donner du sens, à savoir si des limites ont été transgressées, à savoir si c’est « acceptable ».

D’autres demandent conseil à une amie : « Est-ce que ça se passe comme ça chez toi aussi ? Est-ce qu’il te critique quand tu mets une jupe courte ? Il a déjà fouillé dans ton portable ? Tu crois que c’est grave qu’il m’ait poussée, il avait un peu trop bu… »

 

La récurrence de ce genre de questionnement est le début de la prise de conscience. Et malheureusement, souvent aussi, le début d’un véritable yoyo émotionnel.

Les sens sont alertés, le niveau de stress est plus élevé, les actes et les mots décortiqués et analysés : selon l’issue, on est rassurée, on se dit qu’on s’est inquiétée pour rien… ou bien, on retourne à ses interrogations secrètes. Car il peut aussi se passer des mois ou des années avant qu’on en parle à quelqu’un.

Le jour où on a le courage d’exprimer ses doutes et ses inquiétudes, c’est qu’on a déjà bien essayé de faire la part des choses en son for intérieur.

Et c’est bien parce qu’on arrive plus à distinguer ce qui est normal ou acceptable de ce qui ne l’est pas qu’on commence à chercher du soutien à l’extérieur.

 

b) S’informer pour comprendre

 

De nos jours, on se tourne instinctivement vers internet et c’est une grande chance.

C’est comme un palier qui nous facilite l’accès à d’autres démarches qui nous seront peut-être utiles ultérieurement.

Mais dans un premier temps, l’information qu’on trouve sur internet est une grande aide à la prise de conscience. On peut se trouver assise dans le bus, ou sur son lieu de travail, on surfe et tout à coup, on a accès à des témoignages, des groupes, des conseils de professionnels, des articles de blog, des publications d’association.

 

Il se peut aussi que cette prise de conscience soit déclenchée par un fait fortuit.

Un article sur lequel on tombe dans un magazine de 2015 dans la salle d’attente du dentiste, un commentaire a priori anodin d’une vague connaissance qui soudain nous fait voir une situation inédite sous l’angle de quelqu’un d’extérieur à notre couple, un message qui arrive sur notre portable et qui ne nous était pas adressé… Autant de petits incidents de la vie qui nous pousseront soudain à nous renseigner, parce qu’ils « résonnent » en nous.

 

Si on n’a jamais rencontré la violence conjugale dans sa vie auparavant, et même si on l’a rencontrée enfant, par exemple, la violence de son père envers sa mère, si les vrais mots n’ont jamais été posés, on peut être complètement ignorante du fait que ce que l’on vit est de la violence conjugale, de la violence psychologique, du harcèlement, etc.

 

Pour mettre les mots sur les faits, il faut avoir la chance de rencontrer les informations qui nous fournissent les mots nécessaires.

Ces mots viennent à travers les recherches que l’on fait, parce qu’on se sent mal.
Combien de femmes ne connaissaient pas le terme « pervers narcissique » avant de lire un témoignage dans lequel elle découvrait tout à coup le sosie de leur mari décrit dans ces termes ?

 

c) La prise de conscience personnelle

 

Si elle est une phase importante pour prendre sa vie en main, la phase de prise de conscience est rarement linéaire.

Prendre conscience et accepter ne sont pas les mêmes choses.
Ce qu’on découvre petit à petit est une réalité à l’opposé de ce que l’on veut.
Et nous sommes prêtes à beaucoup (trop) de sacrifices pour préserver l’idée et l’espoir de la vie que nous souhaitons plutôt que de regarder les faits en face.

Nous essayons de « négocier » avec la vie… et, parfois, avec l’auteur des abus ou des violences.
Jusqu’à essayer de contre manipuler. Nous essayons d’ignorer nos besoins. Nous essayons de croire à chaque signe positif qui nous permettrait d’effacer miraculeusement les événements négatifs, ce qui nous amène à cet épuisant yoyo émotionnel.

Nous passons par des phases de doute, d’abattement, de désespoir, de colère, de dépression… parfois parsemées de semaines d’euphorie, vite oubliées.

 

Cette phase aussi peut durer longtemps. Jusqu’au déclic.

II. Le déclic pour reprendre sa vie en main

 

a) Le déclic est instantané

 

Autant la phase de questionnement et de prise de conscience peut durer longtemps, autant le déclic est soudain.

C’est comme si toute l’information, les pensées et les sentiments étaient restés accumulés derrière un barrage et qu’une goutte minuscule fait céder la retenue. Un incident insignifiant. Une pensée jaillie d’on ne sait où.

 

Dans un des livres que j’ai lus (mais je ne me rappelle plus lequel, je demande pardon à l’auteure), une femme victime de violence conjugale de la part de son mari de longue date, refuse un soir de lui servir à dîner.
Elle-même ne s’explique pas très bien comment cette décision est venue : l’homme est rentré, il a réclamé son dîner, comme d’habitude, et là, au lieu de servir le repas, elle a dit : « Non , elle a pris ses affaires et est partie.
Tout lui semblait évident, c’était fini.

 

Dans mon cas, j’avais compris depuis des années que la violence psychologique — installée depuis le début de la relation — et qui s’accompagnait de plus en plus souvent de violence physique n’était pas une situation de couple « normale ». J’avais, à une occasion, pensé à m’enfuir secrètement, puis j’ai essayé de remettre notre couple sur les rails avec une thérapie de couple, puis j’ai compris que nous étions dans une énième et probablement dernière tentative. J’avais pris conscience que ces cycles de violences étaient des cercles vicieux qui n’en finissaient plus de se répéter.

 

Et j’ai eu mon déclic.
Appuyée une main sur le mur, en train d’enfiler une chaussure, tout à coup, cette pensée que « j’élevais peut être des orphelines. »
C’est exactement comme ça que la pensée m’est venue, je ne parviens pas à l’attacher à un autre fait concret qui serait advenu juste avant.
Elle est venue de nulle part.
Probablement de mon inconscient.

 

b) Le déclic crée l’action

 

Le déclic, c’est un peu comme toucher le fond. Son fond.
On ne veut plus aller plus bas. On veut reprendre le contrôle de sa vie.
Comme si tout ce qu’on allait perdre se mettait subitement à avoir moins de valeur que ce qu’on allait gagner : être en sécurité physique, dormir sur ses deux oreilles, arrêter d’inventer des stratagèmes pour éviter les crises, ne plus marcher sur des œufs, ne plus vivre dans l’angoisse, s’habiller comme on veut, etc.

 

Nous projetons peut-être une vision parfois un peu rose de notre avenir proche, mais tant mieux, car nous avons vraiment besoin d’entrevoir toutes ces possibilités merveilleuses pour passer à l’action concrète.

 

Avoir le déclic n’est pas forcément synonyme de prendre ses cliques et ses claques dans la foulée.

S’il est possible de préparer son départ, avec le soutien de proches et d’une association, c’est ainsi qu’il est préférable de procéder. Cela peut éviter de commettre des erreurs de parcours (principalement au niveau légal et financier, lorsque l’on partage des enfants et des biens avec la personne violente). Par contre, si l’on est en danger, mieux vaut partir immédiatement et se mettre en sécurité, avec ses enfants.

 

Avoir le déclic, c’est comprendre que le point de non-retour est passé.
Que nous allons désormais concentrer notre énergie à créer une nouvelle vie, une vie qu’hier même nous ne pensions pas possible !
C’est le moment où nous sommes tout à fait conscientes des problèmes, mais qu’au lieu de nous apitoyer sur le fait d’en avoir, nous sommes déterminées à trouver des solutions.

 

C’est normal d’être un peu perdue à ce stade, et c’est un moment où faire appel à une association peut vraiment aider à s’orienter.

 

c) quand la prise de conscience et le déclic sont simultanés

 

Parfois, les deux arrivent ensemble.
Je pense, par exemple, au cas où un premier acte de violence déclenche à la fois la prise de conscience, le déclic et la rupture immédiate de la relation. Bien sûr, il peut être nécessaire à la victime de faire un travail de compréhension a posteriori.

Je pense aussi aux femmes dont la relation dégénère très rapidement et à un rythme soutenu dans la violence : la confusion mentale, voire la dissociation, ne permettent pas le recul nécessaire pour une prise de conscience. Ce n’est peut-être qu’à l’issue d’une situation grave, l’intervention des forces de l’ordre, la fuite dans un refuge, que la prise de conscience aura lieu, ainsi que le déclic. Pour autant, sans la prise de conscience, pas de déclic non plus, la victime retournera peut-être auprès de l’agresseur. Les deux cas de scénarios existent.

 

III. Le déclic pour reprendre sa vie en main

 

Prendre conscience de ce que l’on vit, et même de ce qu’on souhaiterait vivre à la place, n’est jamais vraiment suffisant. C’est indispensable pour étayer un départ, mais sans élément déclencheur, aucun passage à l’action.

 

Le déclic est un événement qui ne dépend que de nous (personne ne peut nous forcer à avoir un déclic !) et qui, paradoxalement, ne semble pas tout à fait sous le contrôle de notre conscient.

 

Je publie des articles sur le blog pour aider à la prise de conscience, pour donner des outils pour quitter une relation toxique et pour se reconstruire.

Tout ce que je peux espérer, c’est que chaque femme qui souffre dans une relation ait le déclic pour reprendre sa vie en main.

 

Quel a été le déclic pour toi ? Un fait marquant, une crise, un incident, ou comme moi, une pensée jaillie de nulle part, ou bien un fait anodin, littéralement comme une goutte qui fait déborder le vase ?

N’hésite pas à commenter ci-dessous.

 

 

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Publié le 9 mai

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Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

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