La nature a changé ma vie ! Une transformation en 5 étapes

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Dans cet article, je réponds à Adrien Coquelle du blog Pose Nature qui me propose de parler sur : « Mon rapport à la nature : ce qu’elle a changé dans ma vie ». Comme vous le savez, nous, les blogueurs-ses n’aimons pas rester seuls-es derrière notre écran… nous communiquons avec vous et adorons quand vous nous laissez des commentaires (en bas de la page :-). ET nous nous retrouvons au travers d’articles sur un thème partagé, comme ici.

Adrien, qui nous pose cette question, rédigera un article et un e-book qui regrouperont les textes de tous les blogs participants. Cela nous — et vous — permet de découvrir encore plus d’auteurs inspirants !

Qu’est ce que la nature a changé dans ma vie ?

sans nature« Quelle nature ? »
C’est ce que j’aurais répondu il y a quelques années encore…
J’ai vécu les trois quarts de mon existence dans un monde où la nature n’existait pas. Ou plus exactement, j’ai vécu sans voir, et encore moins comprendre, la nature qui était autour de moi.
C’est absolument sidérant !

Il a fallu des événements dramatiques pour que j’ouvre les yeux. Pour que je contemple enfin ce que la vie a de plus merveilleux à nous offrir, pour recevoir le message d’espoir éternellement renouvelé que nous transmet la nature…
Comment est-il possible que je sois passée à côté pendant si longtemps ?

Prenons une profonde inspiration, une bouffée d’air frais !
La bonne nouvelle, c’est que maintenant je vois la nature. Je la vis la nature. Pour le reste de ma vie !

 

1. Retour en arrière : une vie sans nature.

chercher la natureJe n’irais pas dire que j’ai grandi dans un ghetto morose et bétonné, ce n’était pas le cas du tout. J’habitais dans un immeuble, dans la banlieue d’une ville de taille moyenne, et comme la résidence était moderne, les arbustes qui entouraient le parking mesuraient à peine 50 cm de plus que moi. Mais de l’autre côté de la rue se trouvait un verger de cerisiers. Avec mes petits copains de l’époque, nous grimpions aux arbres et nous nous gavions autant que faire se peut. Et puis ma grand-mère avait un potager, et j’aimais l’aider à ramasser les pommes de terre et cueillir les haricots verts. J’ai connu enfant une nature domestiquée, mais sans animaux.

Puis j’ai grandi, nous avons quitté cet endroit pour un appartement dans le centre d’une grande ville. Je sortais pour faire les courses, retrouver mes amis « Au bon Coin » et une fois par an, j’allais au zoo.

Ensuite, je suis partie étudier, j’ai travaillé. La vie citadine palpitait, m’attirait, m’émerveillait. J’ai habité dans des coins fantastiques. Avec des paysages fabuleux : la Californie. Madère. L’Ombrie…

Ne me demandez pas comment la nature était là-bas, j’étais en boîte de nuit…

2. Je suis devenue maman : la nature forcée

Des petits enfants enfermés entre quatre murs, non-stop, ça vous rend fou. Folle, même. Et puis dans tous les livres, c’est bien marqué : il faut les sortir (pas les fous, les enfants :-). Alors, va pour les sorties.

nature forcéeSauf que c’était la Finlande, qu’il faisait -10 (ou -20).
Le temps qu’on équipe le deuxième rejeton : double combinaisons, chaussettes de laine sur les collants, moufles et double cagoule, le premier hurle tant il a chaud. Et moi, je transpire tellement, que je ne souhaite qu’une chose : me découvrir. Bref, tout cela pour rester un quart d’heure dehors, parce qu’il fait -10 (ou -20). Et puis, avec des petits, on ne bouge pas très vite. On gèle sur place à pousser la balançoire. D’ailleurs, l’enfant aussi, il est tout bleu.

Et l’été ? L’été, il y a des moustiques. Et des allergies aux moustiques. (Oui, ça existe. L’enfant est allergique aux piqûres de moustiques et la maman devient allergique aux piqûres, aux moustiques, aux enfants qui sont allergiques aux piqûres de moustiques et aux médecins qui ne sont pas là quand on a besoin d’eux… vous pouvez compléter le tableau.)

 

Et puis, comme vous le savez, mon mariage était assez malheureux.
Quand je me promenais, c’était plutôt dans ma tête. Sur les mêmes sentiers battus et rebattus. À chercher des solutions illusoires à des problèmes que je n’étais pas en mesure de résoudre.
Alors, les petites fleurs et les arcs-en-ciel, très peu pour moi. Vous comprenez, je suis mal-heu-reu-se !

Et puis cette relation est allée très bas. Et plus bas encore.
Je restais pour mes enfants. Et un jour, j’ai réalisé que, justement pour eux, je devais partir. Pour moi aussi, d’ailleurs. Mais ça, je ne l’ai compris que plus tard.

 

3. Une nouvelle vie : la nature vient me chercher

J’ai divorcé. Et simultanément, je me suis lancée dans une nouvelle voie professionnelle avec la mosaïque. Je n’avais plus trop les moyens. Je n’étais pas miséreuse, mais pour vivre correctement et acheter les combinaisons, les cagoules et les moufles, il ne fallait pas faire trop de folies. Surtout en montant une entreprise. Alors, pour me changer les idées, je me suis mise à me promener. Et là, j’ai commencé à voir des choses que je n’avais jamais remarquées :

Cette haie, encore verte hier, est devenue rouge dans la nuit.

La mer gèle et l’écume forme une frise dentelée le long de la plage.

Les têtes des bruyères violettes sortent de la neige.

Le froid transforme la mer en patinoire, le soleil la métamorphose en un gigantesque miroir : une mouette contemple son reflet.

Les jours rallongent, la neige fond en torrents boueux. Ocre ? Grise? Bronze ? Greige ? Brune ? Beige? … l’eau qui s’échappe dessine des volutes troubles.

Le granit des rochers se pare de pourpres aurifères dans le crépuscule.

Je me suis promenée. Jour après jour, semaine après semaine. Je me suis mise à prendre des notes dans un carnet, quelques croquis. Des photos dans mon portable.

Je me suis aperçue que la vie était cyclique. Tout part et tout revient. Toujours pareil et jamais identique.

Cinq ans plus tard, dans une galerie d’art en plein centre-ville de Helsinki, j’ai exposé 52 boules de mosaïque : chacune représentait une semaine dans la nature : le fruit de mes observations, jour après jour. Semaine après semaine.

L’exposition a été un succès phénoménal. Mes œuvres parlaient aux visiteurs qui retrouvaient en elles leur propre connexion à un événement de la nature. Un instant qu’ils revivaient chaque année, près de leur maison de campagne, ou sur le chemin du travail, ou bien dans un souvenir d’enfance.

 

4. Et maintenant ? Que m’a appris la nature ?

En Finlande, en hiver, il fait nuit le jour. Même dans le Sud. Le soleil se lève entre de 10 h à 15 h (et souvent, il se cache derrière les nuages). Le reste du temps : nuit noire. Sur macadam noir. Ou sur forêt, noire. Ou bien, c’est la neige, épaisse, blanche, stérile, qui — quand elle fond — découvre une terre morte. Et ça dure, et dure, et dure, jusqu’en avril, en mai… avant que tout, en une semaine, explose. De lumière, de couleurs, de légèreté, de joie.

La nature m’a appris qu’après l’hiver, le printemps vient toujours.

La nature m’a appris qu’après les moments les pires, les plus déprimants, les moments où je n’y crois plus, les jours où mon cœur est gelé et où le froid m’étreint… après ces jours, un matin, un crocus sort et me fait sourire. Et la vie revient : joyeuse, colorée et intense. Et que je dois en profiter. Profiter de chacun de ces instants magiques. Que je dois engranger toute cette joie et cette vitalité pour tous les jours où la vie m’offre des challenges. Car des défis, des problèmes, des complications, j’en trouverai toujours sur mon chemin.

 Mais maintenant, je le sais : le printemps vient.

 

 

5. Et « ma » nature, à l’avenir ?


Ah ! Vous ne me rencontrerez plus en boîte de nuit !
J’admets que j’avais tort quand je disais que je ne pourrais jamais habiter ailleurs qu’en ville !

NatureMon regard sur la nature — et sur la vie — a complètement changé.
J’ai travaillé sur moi et la nature m’a aidée.
Elle m’a enseigné la confiance. Et la patience.

 

Je suis capable de m’émerveiller, maintenant, qu’une si petite graine puisse se transformer en dizaines d’immenses feuilles de salade. Je me suis équipée de Pixie, une compagne à quatre pattes pour me forcer à sortir par tous les temps, et avec elle, je parcours la forêt. J’ai appris à dénicher les champignons. J’écris tous les jours, assise face à un horizon dégagé, bordé de champs, de pins et de bouleaux. Toujours le même et toujours changeant. C’est la nature !

Et le soir, je sors mes jumelles pour observer les cerfs qui déboulent pour brouter dans le vallon sous les derniers rayons du soleil. Ce sont les cerfs d’ici. Avec des grandes oreilles. La race ? Les cerfs de Virginie.

… Nous étions faits pour nous trouver.

Et vous? Que vous inspire la nature? Comment vous aide-t-elle à surmonter vos épreuves? Savez-vous prendre le temps d’en faire votre alliée? Faites-nous part de vos expériences de la nature dans les commentaires ci-dessous! Merci tout plein!

Publié le 29 août

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Virginie Loÿ

Je m’appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d’une relation abusive ou violente.

6 thoughts on “La nature a changé ma vie ! Une transformation en 5 étapes”

  1. Salut Virginie,

    super article, bravo ! J’en ai eu des frissons. Que je te comprends, pour moi la nature a aussi été salvatrice. Dans les pires moments de ma vie, la nature a su me rebooster et me faire minimiser mes problèmes. Aujourd’hui je m’accorde au moins une fois par mois une retraite dans la natures (une journée ou deux) où je passe du temps à contempler, sentir, écouter et qu’est-ce que ça fait du bien ! Après ça je me sens revigorée, plaine de vie et prête à afronter le monde.

    A bientôt,
    Fatiha

    1. Super Fatiha: c’est exactement cela qui est important à mon avis, ne pas oublier ce qui nous fait du bien! On a si vite tendance à s’imposer un rythme frénétique et à oublier de se ressourcer. Bravo… (je devrais faire un article sur cela! Je prends note tout de suite 🙂

  2. Merci Virginie pour ce très bel article. As-tu des photos de tes boules de mosaïque ? Chaque jour je marche une petite heure. Lorsque je suis à la ville, je suis facinée par toutes les petites traces de nature qui peuvent surgir du béton : hier j’ai vu une abeille sur une rose trémière qui avait percé l’asphalte du trottoir pour pousser vers le ciel.

  3. Merci Isabelle pour ton commentaire, et surtout pour ta demande…. Je me suis perdue en chemin sur internet (oui, ça m’arrive aussi…) alors que je cherchais une bonne photo… je vais en ajouter une. Il y en a actuellement une sur la page “Découvrez qui je suis…” que tu peux localiser par le menu ARTICLE /Présentation.
    Je vais m’occuper de cet ajout, mais là je me précipite pour aller rencontrer une star de la cause contre la violence: Emilia Lahti, qui va courir cet hiver 2400km en 50 jours!

  4. J’ai adoré cet article ! Merci Virginie pour ces mots qui sont vivants, vibrants, on s’y croirait ! Pour ma part, quand je me retrouve dans la nature, le bruit du vent dans les arbres, le chant des insectes, les nuages qui traversent le ciel me détend complètement, mes épaules tombent, mon rythme se ralentit tout de suite. Et alors je suis propice à mieux réfléchir, à ne pas réfléchir du tout, à m’évader avec les oiseaux ou à me laisser porter par la lumière qui elle aussi, réfléchit sur les cours d’eau…

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