La méditation, pour retrouver la femme vous êtes

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méditationJ’aimerais aujourd’hui aborder le sujet de la méditation…
Je vous explique tout de suite pourquoi je souhaite parler de méditation, car certaines trouveront peut-être que cela semble une approche un peu mièvre aux violences conjugales.

Dans ce blog, j’essaie d’élargir le champ des solutions et des soutiens accessibles aux femmes qui vivent dans des relations abusives ou violentes.

Chaque femme est dans sa situation, qui est unique.

 

Certaines sont dans des phases de questionnements, d’autres dans des phases d’épuisement, certaines dans des violences psychologiques et physiques récurrentes, d’autres dans la peur continuelle de gestes ou paroles occasionnelles, d’autres enfin qui, si elles se sont séparées de leur compagnon dominant, n’ont pas encore retrouvé l’équilibre.

Certaines personnes sont harcelées constamment et ont du mal à trouver un espace de paix, psychologique et physique, d’autres ont le sentiment de ne plus avoir de corps autre que pour en souffrir.

 

Si je souhaite aborder le sujet de la méditation, c’est qu’à mon avis, elle est une ressource à explorer.

Comme je l’ai indiqué dans de nombreux articles, je suis une adepte fervente des services des associations que je ne peux que recommander, particulièrement en période de crise. Certaines offrent aussi d’excellents services d’accompagnement pour aider les victimes à se reconstruire, notamment les groupes de parole, ou des ateliers d’ateliers qui engagent la réappropriation de son mental et de son corps (tels que les ateliers de cirque présentés par Edith Lombardi dans son livre). C’est donc une bonne idée de repérer une association proche de chez vous.

Je suis aussi tout à fait consciente que la préparation à la séparation, la séparation elle-même et souvent la bataille juridique qui s’en suit demandent un moral d’enfer et une attitude de guerrière

Mais cela ne signifie pas qu’il ne faille pas prendre soin de soi, bien au contraire, et avec bienveillance si possible.

 

La méditation est une source accessible de bienveillance envers soi-même.

 

Il se trouve qu’alors que j’avais programmé un article sur la méditation pour la fin de l’année, Florine du blog « Méditations pour petits et grands » m’a conviée à un carnaval d’article. J’ai donc avancé un peu cette publication pour pouvoir respecter son calendrier et je vous propose cet article maintenant.

(J’ouvre une parenthèse ici pour rappeler qu’un carnaval d’article est un événement interblogueurs ouvert qui nous permet — nous, blogueuses/blogueurs — de nous rassembler autour d’un thème choisi par l’un d’entre nous et de traiter le sujet chacun à sa manière. Florine publiera sur son blog un récapitulatif des articles publiés. L’avantage pour vous, lectrice/lecteur, est de découvrir des points de vue variés sur un sujet, et donc des sources d’inspirations différentes ainsi que de nouveaux blogs qui peuvent vous intéresser.)

 

 

Violence conjugale et méditation ?

 

J’ai eu la chance de rencontrer personnellement le yoga, puis la méditation, alors que je vivais encore avec le père de mes enfants dans une relation abusive qui devint aussi physiquement violente. Trouver et m’approprier cette bulle de sérénité au milieu d’une vie à la dérive m’a fait beaucoup de bien.

Cependant, ce n’est pas uniquement sur la base de mon expérience personnelle que je souhaite conseiller ces disciplines.

 

Les spécialistes s’accordent sur le fait que les violences psychologiques affectent le corps en profondeur.
Ces violences sont les fondations de toutes les autres sortes de violence.

Le manque de respect, le dénigrement, les insultes, les embrouillements, la manipulation, les accusations, etc., même quand elles sont identifiées par la personne qui en souffre (ce qui n’est pas toujours le cas) usent la victime aussi sûrement que des gouttes d’eau érodent la pierre sur laquelle elles s’écrasent. Les victimes sont souvent prisonnières et aveugles à ces mécanismes : c’est alors leur corps qui s’exprime, par différents types de symptômes, qui peuvent aller de la perte de cheveux, aux problèmes digestifs, aux maladies et douleurs chroniques, et jusqu’à la dépression.

 

Aussi ces mêmes spécialistes s’accordent aussi à conseiller aux victimes des techniques qui permettent de retrouver un équilibre entre leur corps et leur mental, notamment par la méditation.

Très récemment, j’ai entendu ces conseils dans les présentations aussi bien du psychiatre Gérard Lopez (1), intervenant du Mooc sur les violences faites aux femmes, que dans celles du Dr Jean Cottraux (2), lui aussi psychiatre.

Ces préconisations sont aussi présentes dans la plupart des livres traitant de ce sujet, tels que, par exemple, « Pervers narcissique : Bas les masques » d’Anne Clotilde Ziéglier, ou « Sortir de la maltraitance » d’Édith Lombardi.

yogaComment aborder la méditation ?

 

Il n’est pas rare d’être sceptique à l’idée que la méditation peut aider. Honnêtement, je comprends pourquoi…. !!!

 

Comment peut-on imaginer que rester tranquille en silence pendant 5 à 30 minutes chaque jour peut aider quoi que ce soit ? Une perte de temps dans toute sa splendeur !

 

Et il est clair que, comme tout apprentissage, si l’on se lance dans l’expérience avec un degré de réticence fixé sur 100 %, la prédiction se réalisera et ce sera une perte de temps.
Aborder le sujet avec l’esprit ouvert et sans attendre de changement révolutionnaire ou immédiat est la clé de cette découverte….
Qui pourtant pourra apporter des changements profonds… (mais pas immédiats).

Pour ma part, voici les bénéfices que la découverte du yoga et la méditation m’ont apportés.

(Je pratique le yoga Hatha, une forme lente qui associe mouvements calmes, temps de repos, respiration et état méditatif). Je vais essayer de citer mes découvertes et leurs bienfaits dans un ordre chronologique :

1.un espace de calme :

L’heure et demie hebdomadaire réservée à cet apprentissage me permettait de me retrouver face à moi-même, dans un espace calme et bienveillant, dans lequel je n’étais jugée par personne.

  • j’ai appris à respirer (j’ai écrit plusieurs articles sur la respiration, cliquez ici pour le premier et/ou consultez l’onglet ARTICLES)
  • j’ai appris à faire une pause dans le ressassement de mes pensées
  • j’ai pu régulièrement délivrer mon corps de tensions, notamment au niveau du dos et des épaules

 

2.un sentiment de réussite :

 

Le yoga et la méditation ne sont pas des disciplines dans lesquelles sont décernées des palmes, il n’y a pas de compétition, ni avec soi ni avec les autres. J’ai cependant éprouvé un sentiment de réussite en commençant et en continuant le yoga, puis la méditation, car

  • je me suis prouvé que j’étais capable de m’intéresser à quelque chose de totalement nouveau, loin des schémas de pensée dans lesquels j’avais été élevée,
  • mon implication (même si souvent il fallait que je me prenne par la peau du cou pour aller déneiger ma voiture et partir à -20 degrés, dans l’obscurité, pour ma session hebdomadaire), cette implication m’a montré que j’étais capable de me motiver pour faire quelque chose uniquement pour moi, quelque chose qui me faisait du bien et ceci dans la durée.

 

3. la capacité d’intégrer certains des enseignements dans ma vie quotidienne :l

 

Petit à petit, je me suis aperçue que la méditation associée à la respiration pouvait me servir dans la vie de tous les jours :

  • respirer avant de m’emballer, ce qui me permettait de réfléchir avant d’agir plutôt que de réagir et de m’énerver, quand la vie me présentait un stimulus stressant,
  • utiliser la méditation pour apprendre à vider ma tête et vaincre l’insomnie.

 

4. l’ouverture vers d’autres techniques de développement personnel :

 

  • Les bienfaits du yoga et de la méditation m’ont rendue plus ouverte d’esprit envers d’autres approches de gestion du mental, telles que celles du développement personnel.Comme dans une réaction en chaîne, c’est comme si chaque élément s’était présenté à moi dans le bon ordre, pour que je me l’approprie et m’en serve pour m’affirmer, pour résoudre mes différents avec mon passé et pour que je progresse sur la voie de relations saines, profondes et joyeuses avec les autres, comme avec moi-même.

 

Je ressens une immense gratitude d’avoir eu la chance de croiser sur mon chemin les personnes et les ouvrages qui m’ont aiguillée vers le yoga, puis la méditation, puis le développement personnel.
Et quand bien même je n’en serais jamais arrivée là, les bénéfices premiers (listés dans le paragraphe 1) étaient déjà inestimables.

 

La médiation, est-ce une religion ?
Comment commencer ?

 

Je suis arrivée à la méditation par le yoga, c’était vraisemblablement le bon chemin pour moi, puisque je n’ai pas abandonné en route.
Il y a de nombreuses manières de s’y intéresser et de commencer.

 

Une religion ?

Sachez que si les origines de la méditation sont orientales et souvent associées au bouddhisme, la plupart des religions encouragent des pratiques de méditation. Si vous êtes croyante, quelle que soit votre religion, vous pouvez vous intéresser à celles-ci. 

Cependant, dans la plupart des cas, la méditation est totalement laïque. Les nombreuses recherches scientifiques réalisées dans le domaine de la méditation et de ses effets bénéfiques sur notre santé ne cessent de s’accumuler les unes aux autres…

Il faudrait presque être folle pour ne pas profiter d’un remède aussi abordable :
gratuit et praticable n’importe quand et n’importe où…

 

Comment commencer ?


Par un sport :

Il peut être utile pour se lancer de commencer soit par l’apprentissage du yoga ou d’un art martial, tel que par exemple le tai chi, parce que

  • s’inscrire à un cours, c’est une décision qui nous implique,
  • aller au cours est une possibilité de s’extirper de son environnement pendant sa durée,
  • il est plus facile de se motiver à continuer,
  • les bénéfices sur le corps sont comme une cerise sur le gâteau !

(Il est aussi possible de trouver des cours de méditation. À explorer dans vos environs.)

 

Avec une application :

Une autre option est de commencer à l’aide d’une application sur votre téléphone portable : la plupart proposent une période d’essai gratuite puis un abonnement de quelques euros par mois.

Le grand avantage est d’être guidée à peu de frais par un professionnel qui a réfléchi à la progression des sessions.

Les programmes proposent en général des méditations de durées différentes, et même avec des objectifs variés : bien dormir, lâcher prise, etc. 

L’inconvénient est que cela ne nous sort pas de chez nous, et qu’il faut dès le départ être capable d’une certaine dose de motivation pour réussir à s’impliquer avec régularité.

Mais c’est quand même bien plus facile que si on essaie de commencer toute seule sans guide, en mettant le minuteur de la cuisine sur cinq minutes, et en essayant de « faire le vide » entre les enfants qui se chipotent, le chien qui vient nous renifler parce que c’est bizarre qu’on soit assise par terre et le conjoint qui râle parce que le dîner n’est pas prêt (ou autre chose, parce qu’il râle souvent).

 

méditation pleine conscienceLa méditation : apprendre à ne penser à rien ?

 

Les principales méthodes de méditation enseignées en occident sont des méditations en pleine conscience.

L’objectif n’est pas de séparer son esprit de son corps, mais au contraire de les unir en harmonie.

Le but n’est pas de ne pas penser, et heureusement, car sinon tout le monde abandonnerait dès le premier mois !

Il est d’apprendre à se détacher de ses pensées, à se connecter avec son corps et avec l’univers dont nous faisons partie.

 

Aussi curieux que cela paraisse, cela convient à presque tout le monde. Et aussi curieux que cela paraisse, ça fait du bien à toutes les personnes qui s’autorisent à explorer le sujet avec la sincérité de leur cœur et de leur esprit.

 

Je ne communique pas dans cet article de lien vers une application en particulier. Je vous invite à visiter le site de l’organisatrice (Merci Florine !) pour cette rencontre interblogueurs. En effet, il y a de nombreuses possibilités très variées et je vous laisse explorer la toile pour trouver celle qui vous tente ou bien trouver près de chez vous des cours de yoga ou d’une autre discipline.

 

Bonne chance !

(Et n’oubliez pas, apprendre à respirer, c’est déjà de la mini-méditation : à appliquer sans modération !)

 

Et vous, quelle est la technique qui vous aide à vous ressourcer ? Méditation, marche, longueurs en piscine… ?
Si vous trouvez des astuces à partager, n’hésitez pas à le faire. Merci !

 

  • (1) Gérard Lopez. Vice président du conseil national de Médecine Légale, Préseident fondateur de l’Institut de Victimologie, Expert auprès des tribunaux
  • (2) JeanCottraux, psychiatre honoraire des hôpitaux, ancien chargé de cours à l’université Lyon-I, membre fondateur de l’Académie de thérapie cognitive de Philadelphie

Attribution des photos: Josh Adamski (couverture et première), Jim Jackson (dernière)

 

Publié le 27 novembre

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Virginie Loÿ

Je m’appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d’une relation abusive ou violente.

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