La maturité émotionnelle : qu’est-ce que c’est ?

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La maturité émotionnelle nous permet de ne plus jamais être victime des autres.La maturité émotionnelle, ça te dit quelque chose ? Ça semble compliqué, mais ça ne l’est pas! Être émotionnellement mature, c’est tout simplement prendre la responsabilité totale de tout ce que nous pensons, ressentons et faisons. 100 % du temps. Ça semble difficile… et ça l’est ! Ça demande de l’introspection, de l’humilité, de la compassion — y compris pour soi-même — et du travail personnel. Encore et encore. Et qu’est-ce que nous apporte ? La liberté d’être nous, le calme au quotidien, des rapports apaisés aux autres, le développement personnel… De quoi se motiver !

Je te raconte en fin d’article l’anecdote qui m’a décidée à écrire sur ce sujet cette semaine. La maturité émotionnelle en action !

 

Arrêter de se sentir victime

 

Prendre ses responsabilités, cela veut dire arrêter de se sentir victime : victime de son ex, victime de son boss, victime de ses parents, de l’injustice du monde, des aléas de la vie. Je ne reviens pas sur le fait que lorsqu’on a subi la violence, sous n’importe quelle forme, il est important en premier lieu de reconnaître, et d’accepter cet état de victime pour pouvoir le dépasser. Tu peux écouter à ce sujet mon entretien avec la thérapeute Anne-Laure Buffet : « Parlons de victime ».

Ce que j’aborde ici, c’est cette tendance que nous avons à déléguer la gestion de nos émotions à des facteurs extérieurs, que ce soit les autres (notre ex, notre mère, notre voisin…) ou des circonstances extérieures (la crise économique, la décision du tribunal, les impôts…). Nous les rendons responsables de notre état et, ce faisant, nous nous dépossédons de tout le pouvoir que nous avons pour choisir notre vie. Or ce n’est ni le rôle des autres ni celui des éléments extérieurs de nous apporter le bonheur : ce travail nous appartient. Et tant mieux !

Honnêtement, souhaites-tu confier ta santé mentale, ton bien-être et ton bonheur
à ton ex, à ta mère, à ton voisin ou au Trésor public ?

 

Les premiers pas vers la maturité émotionnelle, c’est de comprendre que, quelles que soient les circonstances, nous avons toujours le pouvoir de choisir ce que nous pensons (et par conséquent ce que nous ressentons et faisons).

 

La maturité émotionnelle façon Byron Katie

 

Lors que j’ai participé à la journée Byron Katie “Arrêter de souffrir” à Paris en juin dernier, j’ai pu suivre comment la pionnière américaine guidait Peter vers la maturité émotionnelle, dans un cas concret. (C’est toujours sur des cas précis qu’elle accompagne.)

 

Peter s’était adressé à elle pour l’aider à surmonter la colère qu’il éprouvait envers Paul. Comme Peter avait un empêchement, il avait demandé un service à son ami : apporter à l’université son devoir, très important pour son diplôme. Paul avait accepté de le faire, mais avait oublié. Peter, furieux, continuait d’en vouloir à son ami : d’une part, pour l’oubli et d’autre part, parce qu’il trouvait que Paul ne reconnaissait pas suffisamment ses torts par rapport à la gravité de la situation. Cette colère évidemment se manifestait dans toutes leurs interactions au quotidien.

Au fil des questions de Byron Katie, Peter a compris qu’il n’y avait qu’une seule personne responsable de l’oubli et qu’une seule personne responsable de comment il se sentait au présent : lui-même.

 

Nos émotions envers les autres sont le miroir de celles que nous éprouvons envers nous-mêmes. La colère éprouvée par Peter était, en fait, destinée à lui-même : avoir choisi de dépendre dune tierce personne pour accomplir quelque chose de très important pour lui (et important pour lui uniquement), avoir mal évalué le niveau de confiance qu’il pouvait accorder à Paul, attendre un repenti au-delà des intentions de son ami, faire « payer » par une conduite désagréable qui leur gâchait la vie. Responsable : 100 % Peter.

C’est toujours un passage très difficile à comprendre et accepter pour nous toutes : faut-il alors tolérer que les autres fassent tout et n’importe quoi ?

Ce n’est pas du tout ce que Byron Katie dit.
Ce que son Travail éclaire, c’est l’inverse justement. C’est que Peter, en toute responsabilité, a de multiples options : accepter que ce qui est important pour lui ne l’est pas pour Paul, et s’il ne peut vivre avec cette vérité, comprendre qu’il a aussi le choix de rompre la relation. Ou bien, continuer la relation en ne confiant plus ce genre de tâche à Paul, car Paul « oublie ». (Et comme elle le dit avec humour, personne n’est capable de se rappeler ce qui est oublié !) Peter se condamne lui-même en revivant ces moments passés. Il est libre, à tout instant, de renoncer à ses attentes pour profiter de ce qui est présent : son ami, leur vie, aujourd’hui.

Paul n’a rien besoin de faire pour que Peter se sente mieux : ce sont les pensées de Peter qui créent ses émotions de déception et de colère. Se sentir mieux ne dépend que de lui et des pensées qu’il choisit.

 

Faire la paix avec son passé et les autres

 

Pour parvenir à la maturité émotionnelle, il est important d’apprendre à cesser d’en vouloir aux autres ou de les accuser pour ce qui nous arrive. C’est une étape capitale pour dépasser le stade de victime. Il n’est nullement question de se charger de la responsabilité des actes commis par les autres. Les personnes responsables de violences en sont coupables et en portent, seules, la totale responsabilité. Il n’est pas question non plus de prendre la responsabilité des sentiments des autres : leurs émotions leur appartiennent et découlent de leurs pensées, que nous ne pouvons absolument pas contrôler.

Le passé est révolu. Nous portons totalement la responsabilité de comment nous nous sentons maintenant. Nous pouvons choisir l’impuissance, voire le désespoir, en nous défaisant de toute charge. Ou bien nous pouvons reconnaître notre rôle dans notre histoire.

C’est une voie qui nous ouvre de nombreuses possibilités, car nous sommes toujours libres de choisir des pensées qui nous font du bien. Le but de la manœuvre n’est pas de retourner les accusations contre nous : « J’aurais du voir qu’il était abusif… Je m’en veux d’être restée si longtemps. », ce qui ne sert à rien. En constatant : « Il était abusif. Je ne l’ai pas vu. Mais maintenant, je sais. » ou « Je suis restée le temps qu’il m’a fallu pour comprendre que je pouvais partir » nous modifions notre posture dans le présent.

Lors de nos échanges en accompagnement, je remarque ces phases de culpabilité. Nous parvenons, petit à petit, en travaillant sur un point précis, par exemple une séparation, à reconnaître et à prendre nos responsabilités dans ce grand événement de notre histoire personnelle, et ce faisant, à nous délester d’un important bagage émotionnel. Mais qu’en est-il du quotidien ? Car la maturité émotionnelle, c’est un état de tous les jours qui consiste à ne pas prendre ces bagages à bord !

 

La maturité émotionnelle, c'est prendre la totale responsabilité de sa vie au quotidien.
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La maturité émotionnelle au quotidien

 

J’ai fait la paix avec mon histoire depuis des années déjà, mon ex-mari abusif, ma souffrance d’enfant, etc. J’ai pris mes responsabilités. Délestée de ces histoires pesantes, ma décision aujourd’hui, c’est de ne plus m’encombrer avec de tels fardeaux. La vie, en revanche, est toujours la même : les personnes déplaisantes ou franchement manipulatrices n’ont pas disparu. (Le Trésor public non plus.)

 

J’ai grandi dans un environnement extrêmement réactif, où on jurait pour une boîte d’allumettes renversée et on s’accusait les uns les autres quand le lave-vaisselle n’était pas débarrassé (ou rempli, ou mis en marche… au choix). Je ne veux plus m’embarrasser de tout cela. Ce genre de match de ping-pong où on accuse toujours les autres, ou quelque chose hors de soi, pour justifier ses humeurs est usant et vain.

 

Ce qui s’est passé cette semaine

 

Cette semaine, Tomi et moi sommes partis de bon matin pour nous entraîner au golf. Je surveille toujours mon emploi du temps le matin, car c’est en début de journée que je travaille le mieux, donc j’avais l’intention de me mettre à l’ordinateur tout de suite après. Arrivé au club, mon sac de golf n’était pas dans la voiture, alors que j’avais vu Tomi le préparer.
J’avais à ma disposition plein de manières de me comporter. Lui reprocher ouvertement, attendre des excuses, décider que l’emploi du temps de ma matinée était foutu, le laisser repartir pour s’entraîner seul, lui reprocher secrètement son oubli et commencer une « comptabilité »…

En bref, j’avais tout à fait la possibilité de me dire que c’était de sa faute, parce que c’est presque toujours lui qui charge la voiture. J’aurais pu laisser passer la situation sans accuser — mais sans prendre de responsabilité, en me disant que ce n’est pas grave, ce n’est la faute de personne et « Il n’y a pas mort d’homme ». (J’adore cette expression, elle me permet de relativiser en toute situation !)

 

Le scénario n’est pas dramatique, certes. Mais c’est ça, justement, la vraie vie. Des petits bagages qu’on prend tout le temps en cours de route et qui finissent par peser. Ce qui s’est passé, en fait, c’est que j’ai senti le souffle de Byron Katie sur mon esprit et j’ai vraiment compris, que prendre totale responsabilité de sa vie, ça commence dans des petits riens comme celui-là. Je me suis réellement sentie responsable de cet oubli. Et curieusement, ça m’a donné une grande force. Je me suis sentie adulte, ancrée.

La maturité émotionnelle au quotidien, c’est assumer que si je pars au golf, c’est à moi de vérifier que toutes mes affaires sont avec moi. Si je veux me réveiller le matin, et n’en vouloir à personne, je mets mon réveil. Si je veux le lave-vaisselle vidé, je le fais. Si je me prends en charge et je réponds moi-même à tous mes besoins, alors je n’ai que le meilleur à partager avec les autres.

Et bien sûr, cela ne veut pas dire que je ne leur demande rien. Je peux demander. Mais surtout, ne pas lier ma santé mentale ou émotionnelle au fait que les autres répondent, ou non, à mes attentes.

Et ça, mes amies, c’est la liberté d’être moi, le calme au quotidien, des rapports aux autres apaisés et le développement personnel !

 

Et toi, as-tu trouvé ta maturité émotionnelle ? Comment prends-tu tes responsabilités, au passé et au présent ?

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Attribution des photos : Sergiu Valena chez Unsplash (modifiée)

Publié le 22 août

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Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

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