Le journal intime : un véritable allié au quotidien

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journal intimeAujourd’hui, dans la rubrique 1CPJ, j’aimerais vous parler de journal intime. Et de comment cet « objet » si anodin, et un peu démodé dans son idée, possède en lui le potentiel de devenir un véritable allié pour vous.

Ah, j’entends déjà des voix !

J’ai un peu passé l’âge… Je n’ai pas que ça à faire…! J’ai horreur d’écrire…

Alors s’il vous plaît, accordez-moi DEUX minutes ! Car le sujet est tellement riche! Un journal intime est un outil si important que je ne vais pas me limiter à un article ni à deux… je vais en écrire trois !
Et puis, je vous rassure tout de suite, pas besoin de sortir sa plume d’oie et son parchemin ! Il existe de multiples formes MODERNES de journal, lisez ci-dessous !


Rappel sur la rubrique 1CPJ (Une Chose Par Jour)

Si vous avez déjà lu les précédents articles de la rubrique 1CPJ, vous savez déjà que j’y rassemble DES CONSEILS CONCRETS à mettre en place pour reprendre le contrôle de sa vie.
J’y rédige des articles pratiques, avec des liens vers les autres sujets du blog, qui permettent à celles d’entre vous qui le souhaitent d’approfondir. Leur intérêt est de proposer des actions faciles à mettre en place rapidement… aujourd’hui même si vous le pouvez.

En faisant une chose par jour, vous vous rapprochez forcément de votre but !

 

1CPJ, #3
Voici notre redoutable nouvel allié ! Comme un ami fidèle, le journal intime nous sert à nous confier (partie 1), à fêter nos succès (partie 2) et à nous motiver(partie 3). Cet article traite de la partie 1.

 

Le journal intime comme confident

 

Vous est-il arrivé, en faisant vos courses, d’oublier la chose principale que vous deviez acheter ? Vous est-il arrivé, en regardant des photos, d’entrer dans une grande discussion avec vos proches parce que chacun est sûr de l’année à laquelle elle a été prise… mais pas deux personnes ne citent la même année?

Ce qui n’est pas écrit s’envole.

On oublie déjà tout quand tout va bien… alors quand on vit dans le stress d’une relation abusive… En fait, non, on n’oublie rien, mais on ne se rappelle de rien « précisément ». Ou pas au bon moment, celui où on aurait vraiment besoin des informations, ou sans les détails importants…

Le meilleur remède est donc de TOUT écrire.

 

1. Le journal intime force à verbaliser

C’est terrible à dire, et encore plus à écrire, mais les bleus s’effacent plus vite que l’encre.
Alors, pourquoi vouloir les écrire ?

Parce qu’être capable de mettre les mots sur ce que l’on vit, c’est une étape qui nous aide… que dis-je ? … qui nous force à regarder la réalité en face. NOTRE réalité en face.
Il est impossible de trouver une issue à un problème que l’on ne (s’) avoue pas, ou que l’on définit mal. Posez les faits noir sur blanc, c’est leur donner une existence ailleurs que dans notre tête. Et même si l’on garde son journal secret, l’écrit symbolise la possibilité d’être lue (et crue) un jour. Ce qui n’est pas le cas de ce qui est dans notre tête, qu’il nous est parfois difficile de dire à voix haute.

Bien évidemment, cela comporte un risque, mais je pense que vous êtes assez grandes et sages pour connaître votre environnement et savoir ce que vous pouvez faire — ou non, et comment : le monde virtuel offre des options autrefois inexistantes (voir plus bas).

Inutile de rechercher des effets de style, sauf si cela vous fait du bien! L’important, c’est de passer la barrière mentale en posant ses premiers mots.

D’ailleurs, voici une bonne raison pour se pousser à écrire :

 

2. Le journal intime sert de mémoire

 

Vous rappelez vous la date… du jour où il vous a fait attendre une heure au bord de la route sous la neige avec le bébé ? Du jour où il vous a craché que vos fesses étaient énormes ? Du jour où il vous a poussé dans le mur ? D’ailleurs, c’était où ? Qui était là ?

a) La mémoire vous sert à vous rendre compte des faits


Parce qu’en fait, cette histoire de voiture, vous aviez déjà oubliée. Il a fallu se réchauffer, tout cacher à votre famille. Puis le bébé est tombé malade… Et puis vos fesses… elles sont grosses tous les jours — et il vous le dit tous les jours, on va pas l’écrire…

Eh bien si !
Pour reprendre le contrôle de votre vie, pour vous libérer, il est primordial que vous ayez une conscience claire de la situation dans laquelle vous êtes, car c’est ainsi que vous pourrez entamer les bonnes démarches : de développement personnel, de thérapie, de procédure juridique, de santé, que sais-je…

Ce que vous écrivez n’est peut-être pas beau à voir sur le papier, mais vous, vous savez bien que la réalité est pire que les mots que vous gribouillez sur vos pages.

b) La mémoire vous sert juridiquement


Des preuves, des preuves et encore des preuves.

 Si un jour vous êtes amenée à devoir vous défendre en justice, c’est ce que vous entendrez.
Il faut des preuves. Et les preuves, votre journal vous aidera à les retrouver.

« Les coups reçus un Noël, il y a deux ou trois ans », ce n’est pas pareil que l’arcade sourcilière éclatée, des bleus sur les bras (photographiés avec le visage visible, photo datée IM049.jpg), le 25 décembre à 18 h, entendu par la voisine de palier, vu par ma famille le lendemain, enregistré par le médecin lors de ma visite le 26.12 », qu’on lit sur les notes de la semaine en question.

Il faut noter TOUT.

 

Quelle sorte de journal intime choisir ?

 

Inutile de jeter son dévolu sur le classique journal à la couverture rose bonbon fermé d’un petit verrou qui s’ouvre très bien avec une épingle à cheveux ou une allumette : il existe toute sorte de manières de garder des notes.

Un calendrier/journal sous format papier est une solution classique pour certaines. Pensez aux calendriers, aux cahiers dont les pages sont blanches et la couverture ressemble à celle d’un livre, à un simple cahier qui se glisse partout…

journal intime moderne
Le monde numérique offre beaucoup de possibilités : en dehors des documents Words (que l’on peut envoyer à une tierce personne pour les « sauvegarder »), il est possible par exemple de créer un blog secret. Si vous êtes à l’aise avec votre portable, il existe de nombreuses applications, que l’on peut chercher sous l’appellation de journal intime ou « diary » pour celles que l’anglais ne rebute pas.

  • Réfléchissez au moyen le plus pratique et/ou le plus confidentiel POUR VOUS.
  • Essayez.
  • Changez, si la première méthode ne vous convient pas.
  • Pensez à conserver l’objet en sécurité, voire ailleurs que chez vous et/ou à le remettre si besoin à une personne de confiance.
  • De même dans le monde numérique, pensez aux sauvegardes.
  • Et pensez à votre sécurité d’une manière générale.

 

Comment rédiger son journal intime ?

 

Si vous avez le temps et que cela vous fait du bien, vous pouvez vous épancher en prose ou en vers… C’est le cas de peu de femmes, cependant !

Le style télégramme convient parfaitement, en suivant le schéma en 6 points:
QUOI, QUAND, OU, QUI, CONSÉQUENCES, DOCUMENTS 

  • QUOI : que s’est-il passé ? (insultes, menaces, coups… des abréviations font l’affaire)
  • QUAND : date, avec l’année, et heure aussi précise que possible
  •  : endroit précis, adresse, pièce (le nom du restaurant, la chambre à coucher)
  • QUI : témoins, coordonnées complètes (vous ne vous souviendrez peut-être plus du nom de votre ancienne voisine ni qui était présente à cette fête spécifique)
  • CONSÉQUENCES : quelles ont été pour vous — et éventuellement votre entourage (y compris vos biens) — les suites des faits cités plus haut ? (retard à une réunion importante pour votre travail, avion manqué, blessures, enfants choqués, voiture emboutie…)
  • DOCUMENTS : quels sont les documents relatifs à ces faits et où sont-ils ? (certificat c/o Dr Untel, photo #IM049.jpg par e-mail à ma sœur, nouveau billet d’avion, facture du garagiste)

Quand vous prenez vos notes, essayez de vous mettre dans la peau d’une tierce personne et de « démonter » votre propre version des faits (qui sera peut-être un témoignage).

Je sais, c’est malheureux, car vous savez bien ce qui vous est arrivé… mais l’intégrité de la police ou des représentants de la justice repose sur le principe qu’ils puissent entendre les deux parties équitablement.
Par conséquent, essayez de renseigner les faits le plus exactement possible.

 

tenir un journalLe journal intime vous offre de l’espace mental

 

Cela vous semblera sans doute difficile à croire tant que vous n’essayez pas de tenir votre propre journal… mais tenir un journal intime vous dégage d’un stress.

Évidemment, je ne dis pas que cette simple habitude va résoudre tous vos problèmes… mais l’assurance que ces faits sont consignés quelque part va libérer des ressources dans votre cerveau. Ce sont celles que vous utilisez pour essayer de vous souvenir de tout… et du coup, qui ne sont pas disponibles pour vous soutenir dans votre quotidien. Quelques fois vous pensez même devenir folle, tellement votre tête est pleine.

Dégagée de ce devoir de mémoire, vous aurez plus de force et de rebond pour vous consacrer aux tâches qui sont DEVANT VOUS, CELLES SUR LESQUELS VOUS AVEZ ENCORE UN POUVOIR.

 

Voilà pour le premier volet de cet article 1CPJ sur le rôle du journal intime comme allié dans votre reconstruction. Je serais heureuse que vous me fassiez part de vos opinions dans les commentaires ci-dessous. Si vous avez de bonnes astuces sur les différentes manières de consigner vos écrits, faites-nous-en part ! Vos remarques peuvent aider quelqu’un immédiatement !

 

Fais une chose par jour pour construire la vie que tu mérites et être libre d’être toi-même !

Publié le 9 août

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Virginie Loÿ

Je m’appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d’une relation abusive ou violente.

2 thoughts on “Le journal intime : un véritable allié au quotidien”

  1. Ah c’est important un journal intime. Moi j’écris depuis toujours dans des cahiers de brouillon (ceux avec les tables de multiplication derrière) avec un stylo bic. C’est très économe et surtout le papier est agréable à écrire !

  2. Ah… les bons stylos Bic!!!
    C’est vrai que chacun à “son truc”, et que l’on peut même les multiplier. De mon côté, je suis spécialiste des carnets, ils ne sont en général jamais finis, mais chacun correspond à une “phase” et j’aime bien les acheter en vacances, car chaque fois que je prends l’objet en main, un petit souffle de liberté l’accompagne: le bruit des vagues, un rayon de soleil, une odeur de jasmin…

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