Fêtes de fin d’année : 4,5 conseils pour éviter les disputes

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Comment éviter les disputes lors des fêtes de fin d'année: voici 4,5 conseils pour bien se préparerFêtes de fin d’année et disputes familiales : un mix souvent trop dangereux. Quel est ton état d’esprit à l’approche de Noël ? Comment te préparer pour éviter les disputes lors de la période des fêtes ? Elles sont, pour beaucoup, un mélange de joie, de stress et de tensions. C’est le moment de mettre toutes les relations toxiques, familiales et conjugales, dans le shaker, d’ajouter un peu d’alcool, de secouer un grand coup et de s’apercevoir que le cocktail est franchement explosif ! Dans certaines familles où l’atmosphère est particulièrement tendue, cette période est propice aux catastrophes. Les querelles de couple peuvent virer à la violence conjugale et s’exprimer dans les faits, parfois, avec des drames et des situations vraiment dangereuses. D’autres fois, les violences psychologiques sont intenses et intérieures et c’est à l’issue des festivités que nous prenons conscience que nous sommes réellement dans une relation malsaine ou abusive, et loin d’êtres satisfaites de notre vie. Du côté des lignes de soutien téléphonique, le retour des fêtes est une période de recrudescence des appels, car la tension de la période fériée fait éclater de nombreux couples. Voici 4,5 conseils pour éviter les disputes et l’escalade en drame.

 

Fêtes de fin d’année : éviter les disputes

 

Conseil 1 : Ne pas avoir d’attentes utopistes

Nous aimerions toutes vivre le Noël dont nous rêvions quand nous étions petites, avec la joie, la paix, l’entente, l’amour. Le Noël dont on nous parle dans les livres d’enfant et que la plupart de nous n’a, en réalité, jamais vécu. Nous avons tendance à effacer les mauvais souvenirs, d’année en année. Nous nous rappelons les bons moments, alors que bien souvent notre passé est rempli de Noël difficiles, avec tensions, disputes et déceptions. Et des drames, parfois.

Un regard sur les fêtes passées

Il est utile de faire un retour en arrière objectif. Comment se sont déroulées tes dernières périodes de fêtes ou de vacances ? Comment se passent-elles généralement ? Y a-t-il des difficultés ou des disputes typiques, des scénarios qui se répètent tous les ans ? Reconnais-tu des scénarios que toute la famille redoute, sans que toutefois personne n’en parle ? Chacun fait le vieux — pieux et secret — pour que ça change… alors que personne ne change rien… et que du coup, d’année en année, les mêmes crises de reproduisent ?

Un regard sur le climat actuel

Il n’est pas inutile non plus de t’interroger sur le climat actuel : dans quelle période de vie familiale es-tu actuellement ? Est-ce une période calme ou plutôt tendue ? Quelles sont les tensions supplémentaires, éventuellement liées à des complications passagères, à une crise conjugale, des difficultés financières ?
Un regard lucide sur ces deux facteurs te permettra de fixer des attentes réalistes. Inutile d’espérer un miracle ou que tout se passe « bien ». Nos déceptions sont, en général, à la hauteur de nos attentes. Plus celles-ci seront réalistes, meilleure sera la manière dont nous traversons cette période.

(Note: Tu peux aussi écouter sous forme de podcast ces conseils pour un Noël serein.)

Conseil 2 : quelles leçons tires-tu du passé ?

Les fêtes des années précédentes

Que s’est-il passé concrètement l’année dernière (ou avant) ? Quels sont les problèmes susceptibles de réapparaître ? As-tu un mari qui se prend toujours de bec avec ton père, et l’un ou l’autre qui quitte la table avant la fin du repas ? Quand ce n’est pas les deux, et le dîner, qui se termine en bagarre digne d’une fin de banquet chez Astérix ? Ou bien est-ce que tu es l’objet de critiques constantes de la part de ta belle famille : tu ne te comportes pas comme il faut et tu t’occupes mal des enfants ? Ou est-ce que les retrouvailles se transforment en soirée alcoolisée, où chacun envoie à l’autre ses quatre vérités, et que vous devez partir de manière précipitée pour éviter qu’on en vienne aux poings ?

Repérer les scénarios

Essaie d’identifie les schémas habituels : qui fait ou dit quoi ? Qui répond comment ? Quels sont ceux sur lesquels on peut compter parce qu’ils restent calmes, ne boivent pas, et savent développer la paix ? Et ceux qu’il vaut mieux éviter ? Bien souvent, les scènes se reproduisent à l’identique, elles semblent réglées comme du papier à musique.

En prenant conscience de ces schémas, tu peux identifier ta marge de manœuvre. C’est-à-dire l’espace, plus ou moins large, dans lequel désamorcer ces bombes potentielles. Tu peux, par exemple, décider de ne pas te rendre chez les gens chez qui les fêtes se terminent toujours mal. Tu peux limiter la durée de visites chez les uns ou les autres ou combien de temps les invités restent chez toi. Tu peux prendre des décisions en avance : à quelle heure quitter les lieux, comment, dans quelles circonstances ? Nous avons davantage de pouvoir pour changer le cours des évènements quand nous y réfléchissons à l’avance. Dans le feu de l’action et des complications, nous sommes moins créatives, nous nous sentons dépassées ou coincées, nous avons tendance à hésiter et à reculer le moment de passer à l’action.

 

Conseil 3 : ton plan d’action et tes limites

Établir un plan

Fais un plan d’action : comment réagiras-tu si les évènements suivent le cours habituel et les incidents envisagés ont réellement lieu ? N’hésite pas à définir un plan B et même un plan C, en définissant à l’avance les déclencheurs qui te feront passer à l’action. Décide quelles sont les actions que tu prendras si ton père s’énerve et quitte la table de Noël. Ou si ton mari commence à trop boire (ou bien s’il a trop bu et veut prendre le volant avec femme et enfants à bord). Prévois les conflits possibles, les difficultés que tu rencontreras probablement pour mettre ton plan en application. Prépare-toi mentalement à ce que ce ne soit pas « facile » !
Bien sûr que ce sera difficile de quitter la soirée, d’essuyer les regards d’incompréhension ou de reproche, et même de recevoir des commentaires acerbes. Bien sûr que ça te fendra le cœur de rhabiller les enfants et les séparer des cousins. Bien sûr que ça te donnera le bourdon de t’engouffrer seule dans un taxi.

Mais ce sera dix mille fois moins difficile si tu as réfléchi à ces solutions à l’avance.

À prendre en considération :

Pour ébaucher un plan que tu sois capable dans un climat conflictuel, au milieu des disputes ou des querelles, pose-toi les questions suivantes :

  • quelles sont les actions réellement et concrètement possibles ? Tu ne peux peut-être pas partir avec la voiture familiale et abandonner ton conjoint à 500 km, ni jeter à la rue une personne qui ne tient plus debout…
  • quelles sont les actions que tu es capable de mener jusqu’au bout ? Il est inutile de construire des plans que nous sommes incapables de mener à bien. Placer des limites ne fonctionne que dans la mesure où nous avons la possibilité de les mettre en application. Nous devons choisir une action que nous aurons le courage de prendre. Par exemple, tu peux décider de quitter la table pour aller faire la vaisselle quand la discussion tourne à la politique, parce que tu sais que ça vire toujours au vinaigre. Cette pause pourra permettre le recul nécessaire pour définir comment poursuivre la soirée si personne ne se calme.

    Notons que poser des limites n’est pas synonyme de poser un ultimatum. Il ne s’agit ni de contrôler les autres ni de les menacer. Il s’agit de décider — et éventuellement de communiquer en amont — ce que tu feras au cas où certaines choses se passent. Par exemple : « Si tu pars boire avec tous les cousins, je prends les enfants et je rentre à la maison. » L’autre personne peut agir comme bon lui semble en connaissance de cause. Elle choisira de rejoindre les cousins, ou pas. Nous n’essayons pas de la contrôler, mais définissons ouvertement des limites qui n’engagent que nous et que nous sommes capables de respecter. (Je note ici que notre responsabilité s’étend uniquement à nos enfants, qui dépendent de nous pour leur sécurité, et pas aux autres adultes.)

Communiquer ses limites ou non ?

Le fait que l’on soit dans un climat conjugal ou familial où nous ne sommes pas libres — ou à l’aise — pour communiquer nos limites ne doit pas nous empêcher de les placer et de les appliquer.
Voici un exemple de limite que j’ai placée pour moi-même et que je n’éprouve pas le besoin de communiquer : je ne monte pas dans la voiture de quelqu’un qui a bu. J’estime que je n’ai aucune raison d’informer les tiers, qu’ils me soient proches ou non. C’est une limite pour moi. Je n’interdis à personne de boire. Mais je suis 100 % responsable de ne pas être véhiculée par quelqu’un qui a bu. Je suis capable d’anticiper ce type de problèmes, et même prise de court, j’assume la responsabilité totale de trouver les solutions pour respecter mes limites.

 

Conseil 4 : En cas de problème, garder la tête froide

 

Une fois la soirée ou les fêtes arrivées, si les problèmes redoutés font leur apparition, c’est le moment de te faire confiance et de mettre ton plan en marche. C’est dommage, certes, que ces incidents surviennent, comme tu l’avais craint. Mais ce n’est plus le moment de réfléchir de nouveau à la situation. C’est le moment de mettre son plan en application. Car, à chaud, nous ne sommes plus capables de prendre de bonnes décisions : nous voudrions espérer encore, nous minimisons les faits, nous donnons une chance de trop, jusqu’au moment où le point de non-retour est dépassé et nous regrettons de ne pas avoir agi. Quand le déclencheur choisi se manifeste, il te faut passer à l’action sans te poser de question.
Tu peux et tu dois rester en dehors de la situation dramatique, ou t’en extraire avant l’escalade. Ce n’est évidemment pas ce que l’on souhaite. Des belles fêtes de fin d’année espérées, on se retrouve à éviter les disputes. Il s’agit de limiter les dégâts, et non pas de célébrer des fêtes dans la joie… Mais parfois, limiter les dégâts, c’est déjà pas mal.

 

Se préparer pour passer les fêtes de fin d'année en paix et éviter les disputes
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Conseil 4,5 : et après les fêtes ?

 

Bilan: comment les fêtes se sont-elles passées ?

Quand la période des fêtes est terminée, c’est le moment de faire le bilan. Peut-être qu’en ayant minoré tes attentes et prévu que tout ne se passe pas de manière idéale, tu seras moins déçue. C’est sans doute un peu triste, mais c’est déjà un premier pas dans la reconquête de sa vie, de son sens des réalités, non idéalisées. Cela constitue une étape pour reprendre le contrôle de certains paramètres de ta vie. Tu t’aperçois que tu es capable de porter un regard lucide sur ce qui se passe, d’anticiper, d’élaborer des plans, de respecter tes décisions et donc de te respecter.

Avec une meilleure préparation, les choses ont tendance à se passer mieux (ou moins mal). Nous ne sommes pas prises de cours : si nous avions noté à l’avance le numéro des taxis et décidé de l’heure à laquelle nous partirions, tout se passe moins dramatiquement. Les difficultés sont encore des épreuves, mais des épreuves que nous gérons de manière plus rationnelle qu’émotionnelle. Un peu moins de montagnes russes et davantage de recul par rapport aux évènements.

Quels objectifs pour la suite ?

C’est alors le bon moment pour faire un bilan des fêtes de fin d’année. Qu’as-tu réussi à gérer, changer ou contrôler ? Je t’invite à endosser ta responsabilité : pas la responsabilité d’attentes utopistes, pas la responsabilité de rendre tout le monde heureux, pas la responsabilité des paroles et des actes des autres, la responsabilité de tes propres décisions, paroles et actes.
Comprendre ton rôle est un élément décisif pour être en alignement avec la vie que tu veux : tu es la seule personne à pouvoir de l’offrir. Ton sort repose dans tes mains. Tu es tout à fait capable de définir ce que tu attends de ta vie et de mettre en place les moyens de l’obtenir, au sein ou hors d’une relation. En partageant des moments avec la famille ou en prenant de la distance. Aucune de nous n’a l’obligation de choisir les solutions qui la font souffrir.

 

Le rêve et la réalité

L’idéal serait toujours qu’aucun de ces « plans d’urgence » ne soit nécessaire. Mais mieux vaut un plan élaboré, puis finalement inutilisé, qu’un scénario tendu qui dégénère et se transforme en drame. Je sais que cette année encore, certaines de nous devront quitter les fêtes plus tôt, devront monter dans un taxi avec leurs enfants sous le bras ou devront appeler la police. Dans tous ces cas, la préparation te simplifiera la vie (et notamment au moment de la prise de décision). Et même si tu n’en as pas besoin, ce travail de réflexion et de préparation te donnera un aperçu des forces que tu as en toi.

À l’issue des fêtes, il est bon de te poser les bonnes questions : est-ce que ma préparation m’a permis de gérer les fêtes d’une manière acceptable pour moi ? Est-ce que je suis en contrôle des choses qui sont importantes pour moi ? Ou bien, est-ce que malgré tout, la situation me semble catastrophique ? Est-ce que mes attentes et mes espoirs sont sans cesse déçus ? Est-il temps de réfléchir à des alternatives pour construire la vie que je veux ?

Est-ce que chez toi tu réfléchis à l’avance à éviter les disputes au moment des fêtes de fin d’année ? Quelles sont les actions que tu as mises en place ?

 

 

Attribution des photos : Rose Elena, merci Unsplash (modifiée)

Publié le 12 décembre

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Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

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