Développer sa Confiance en Soi avec le Modèle de Brooke [3/4]

Posted on

Comment développer sa confiance en soi en adoptant des pensées réalistes plutôt que des affirmations positives.Développer sa confiance en soi peut sembler une mission impossible… puisque justement, nous doutons de notre capacité à réussir quoi que ce soit ! Notre cerveau a créé des croyances que nous pensons irréversibles, tant elles sont « prouvées » par notre passé, les dires de nos ex et, pire, notre monologue intérieur. Pourtant, la confiance en soi, comme toute autre qualité, peut s’acquérir et se renforcer à tout âge. Au lieu d’adopter les pensées limitantes que notre cerveau nous propose, nous pouvons utiliser ses capacités pour créer des pensées qui nous donnent confiance en nous. Dans cet article, le 3e du dossier sur la confiance en soi, nous allons voir comment utiliser le Modèle de Brooke pour reprogrammer notre cerveau.

 

Comment générer la confiance en soi avec ses pensées ?

 

Le manque de confiance en soi est une émotion.

 

La première étape est d’observer d’où vient notre manque d’assurance. Il suffit d’écouter, et mieux, d’écrire ce qui nous passe par la tête pour identifier notre flot de pensées. Quand nous avons des pensées critiques et dévalorisantes à propos de nous-mêmes, nous nous sentons… inadéquates et pas sûres de nous. Cela semble logique, non ? Et inversement, quand nous avons des pensées confiantes et bienveillantes, nous reprenons de l’assurance et nous nous sentons sûres de nous.

Or les pensées sont des connexions neuronales, que notre cerveau a pris l’habitude d’utiliser. Avoir des pensées dévalorisantes ou autocritiques, en soi, n’est pas un problème : c’est le fait de concentrer toute la puissance de notre cerveau vers celles-ci, et uniquement celles-ci, et d’y croire qui les rend nocives. Pour remonter notre niveau d’estime de soi et développer sa confiance en soi, nous devons changer nos pensées (= changer notre cerveau).

Le manque de confiance en soi est rarement ancré dans des réalités objectives. Je t’invite à faire le bilan proposé dans l’article précédent de ce dossier sur la confiance en soi.

Méfie-toi des « affirmations positives »

Il ne suffit cependant pas de se répéter des affirmations positives, devant le miroir de la salle de bain. Car ce qui se passe de mieux quand tu répètes des pensées « positives » auxquelles tu ne crois pas c’est : RIEN. Et souvent, c’est pire, car tu te sens frustrée de pratiquer des affirmations sans résultats, tu te dis que tu n’es même pas capable de faire « ça » et tu abandonnes.

Non, pour commencer à changer ton mode de pensée, le premier objectif est la neutralité. Les exercices du bilan de confiance en soi que tu as faits dans le 2e article de cette série ont probablement mis en évidence le décalage entre ton monologue (critique) intérieur et l’ensemble de tes capacités factuelles. Ce sont ces éléments tangibles qui vont servir de passerelle pour construire ta confiance en toi, vers la neutralité et au fil du temps, vers le positif.

 

Le manque de confiance en soi dans le Modèle de Brooke

 

La confiance en soi est une émotion, que nous créons avec nos pensées. Elle est donc en 3e ligne du Modèle de Brooke. (Si tu n’es pas familière avec ce concept, je te conseille de lire l’article : un outil pour comprendre sa vie, dans lequel j’explique comment utiliser cette grille.)

Exemple de l’effet du manque de confiance

 

Corinne craint les manipulations de son ex, le père de ses enfants. Elle dit avoir perdu confiance en elle et en la légitimité de ses demandes.

C (Circonstances) : Arrangements pour la garde des enfants

P (Pensée) : « Il va retourner la situation »

E (Émotion) : Impuissante

A (Action) : Je n’ose pas dire ce que je souhaite, je revois mes exigences à la baisse.

R (Résultat) : Je retourne la situation moi-même et je ne demande pas ce que je voulais.

 

Simone ne souhaite pas vieillir seule, mais à 57 ans elle se dit qu’elle est passée à côté de sa vie et qu’elle n’est pas très intéressante. Elle se dit qu’elle manque de confiance pour nouer de nouvelles relations.

C (Circonstances) : Rencontrer des gens nouveaux à une soirée

P (Pensée) : Je ne suis pas intéressante.

E (Émotion) : Nulle

A (Action) : Je me replie sur moi et je ne vais pas à la soirée ou bien, j’y vais et je ne parle qu’aux personnes que je connais.

R (Résultat) : Je ne m’intéresse à personne de nouveau et je ne crée pas l’opportunité pour d’autres de s’intéresser à moi

(Note : c’est un résultat « négatif » uniquement dans la mesure où il produit le résultat inverse de ce que Simone souhaiterait).

 

Isabelle voudrait que ces capacités soient mieux reconnues et un meilleur salaire, mais elle se dit qu’elle n’a pas suffisamment confiance en elle pour exposer ses souhaits.

C (Circonstances) : Demander une augmentation

P (Pensée) : On ne me la donnera jamais, je fais juste mon boulot.

E (Émotion) : Manque de confiance

A (Action) : Je vais à mon entretien annuel sans attente ni espoir et je n’ose pas demander mon augmentation.

R (Résultat) : Je n’ai pas d’augmentation. (C’est à dire : je ne me suis même pas donné la chance de recevoir une augmentation. La décision finale est hors du contrôle d’Isabelle.)

 

Que se passerait-il avec des affirmations positives ?

 

  • Une option d’affirmation positive pour Corinne serait « Je suis maîtresse la situation ». Mais comme elle n’y croit pas de toute son âme, cette pensée lui fait se sentir illégitime : elle n’obtient pas de résultat différent du premier Modèle.
  • De son côté, pour Simone, c’est impossible de penser qu’elle sera la star de la soirée. Quand elle essaie de répéter cette pensée, elle ajoute une couche d’autocritique : « Pour qui te prends-tu, ma pauvre, à ton âge ? », elle se sent deux fois plus mal et ne va pas à la soirée.
  • Quant à Isabelle, avant son entretien annuel, elle se motive à penser qu’elle est « indispensable pour son entreprise ». Mais au fond d’elle-même, elle se dit que si elle n’était pas là, son patron trouverait rapidement une remplaçante, et moins cher. Du coup, elle ressort de son entretien sans augmentation, mais avec des responsabilités supplémentaires !

Utiliser des affirmations ne fonctionne que lorsqu’on y croit totalement. Nos résultats sont toujours à la hauteur de la foi que nous avons en nos pensées. Impossible de développer sa confiance en soi en répétant des affirmations qui ne résonnent pas en nous de manière constructive, motivante et inspirante. C’est avec des pensées réalistes que nous allons générer la confiance dont nous avons besoin pour avancer.

 

Créer des Modèles pour développer sa confiance en soi.

 

La clef pour avancer est d’accepter que s’il n’est pas impossible de changer des comportements ancrés de longue date, c’est souvent difficile. Pour avancer, mieux vaut procéder par étape, une chose par jour. Sur la route des pensées positives, la neutralité est une étape accessible qui nous permet de créer de nouvelles connexions neuronales et de nous familiariser avec la démarche.

Je t’invite à expérimenter toi-même avec des situations dans lesquelles tu ressens un manque d’assurance et de t’aider de ton bilan de capacité pour inventer de nouvelles pensées auxquelles tu crois. Identifie le 1er Modèle (dit Non-Intentionnel) dans lequel se manifeste ton manque de confiance en toi, ou d’autres pensées et émotions dévalorisantes. Construis ensuite un nouveau Modèle (sans changer la situation, c’est-à-dire la ligne de circonstances) en veillant bien à ce que tu crois à la pensée que tu choisis. Imagine (ou teste) les actions que tu prends grâce à cette nouvelle émotion.

Application dans les exemples précédents :

Corinne

C (Circonstances) : Arrangements pour la garde des enfants

P (Pensée) : « Je suis capable de lister mes exigences. »

E (Émotion) : Légitime

A (Action) : Je prépare ma discussion en listant par écrit ce que je veux et en réfléchissant pourquoi (je vérifie que j’aime mes raisons), quand je suis en phase avec moi-même je communique exactement ce que je veux de la manière qui me convient.

R (Résultat) : J’exprime mes souhaits sans censure.

(Comme dans la vraie vie, le Résultat final n’est pas toujours dans nos seules mains, mais Corinne s’est assurée de prendre la responsabilité totale de sa partie et de ne pas « perdre par forfait. »)

 

Simone

C (Circonstances) : Rencontrer des gens nouveaux à une soirée

P (Pensée) : Ma voisine, 74 ans, a rencontré son compagnon il y a 3 ans à une fête : tout est possible.

E (Émotion) : Pas plus nulle que ma voisine

A (Action) : Je me dis que je ne serais peut-être pas la plus vieille, je m’apprête et je téléphone à mon amie pour savoir qui sera là et pour lui demander de faire des présentations

R (Résultat) : Je m’ouvre aux possibilités.

(Note : parfois, c’est en prenant un exemple « neutre » extérieur à notre vie, ou « universel » que nous pouvons créer de la neutralité dans notre Modèle. Simone ne se sent pas « pleine d’assurance », mais en se sentant un peu moins nulle, elle prend des actions pour anticiper ce qu’elle appréhende.)

 

Isabelle.

C (Circonstances) : Demander une augmentation

P (Pensée) : Mon travail contribue aux résultats de l’entreprise.

E (Émotion) : Confiante

A (Action) : Je liste toutes mes fonctions et comment j’ai créé des résultats tangibles, je mets l’accent sur ce qui m’est unique et je réfléchis à une proposition concrète pour offrir encore plus de valeur.

R (Résultat) : Je demande mon augmentation et je contribue à mes résultats personnels.

Se sentir bien à tout prix

 

Nous sommes souvent sous l’illusion qu’avoir confiance, c’est se sentir bien en toute circonstance. Dans les situations nouvelles, avec les inconnus, face aux problèmes, etc. Dans un tel scénario, se sentir mal serait le signe que quelque chose ne va pas et que nous « n’avons pas assez confiance en nous » pour aller de l’avant.

Cette une idée erronée. Avoir confiance en soi, c’est faire le choix de faire de son mieux pour atteindre ses objectifs. Mais cela ne gomme pas les obstacles. Cela n’empêche pas les échecs ni les déceptions associées à ces échecs.

La réalité est plutôt un troc entre deux sortes d’inconfort. D’un côté, l’inconfort de rester paralysée par le manque de confiance et donc, de ne rien faire pour se rapprocher de ses objectifs. Ce qui contribue à « prouver » que nous sommes incapables de changer. De l’autre, l’inconfort de travailler sur ses pensées pour comprendre où sont les obstacles, de créer des plans et des stratégies pour aller de l’avant et d’essuyer parfois des échecs. Mais la prime est que cet inconfort nous pousse à développer toutes nos capacités, la confiance en nous n’en étant qu’une, et nous rapproche de nos objectifs et de nos rêves.

Entre les deux, j’ai fait le choix. Et toi ?

 

 

Attribution photo : Kasper Rasmussen, merci Unsplash (modifiée)

  •  
  •  
Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *