Désamorcer les conflits conjugaux en apprenant à faire le vide

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conflits conjugauxCombien de conflits conjugaux, ou de conflits-tout-court, d’ailleurs, seraient évités si nous apprenions à « faire le vide » ?
Non, je ne veux pas dire faire le vide « en balançant son interlocuteur par-dessus le balcon » !
Je parle d’apprendre à faire un vide mental qui nous prépare à accueillir l’échange, même quand on le pressent malveillant, difficile, agressif ou désagréable. Et surtout quand on pense savoir par expérience qu’il en sera ainsi… !
Faire le vide dans son esprit est une technique qui aide à trouver une paix intérieure, et à être dans l’action plutôt que dans la réaction.
J’aurais bien aimé l’apprendre plus tôt dans ma vie.
Mais on ne me l’a pas enseignée, et ce n’est qu’après des décennies d’erreurs, de disputes inutiles, de conversations envenimées et de conflits conjugaux qui dégénèrent, que j’ai finalement compris comment faire le vide mental et que tous ces différends pouvaient être gérés autrement.

Et ceci en changeant UNILATÉRALEMENT ma manière de m’engager dans ces discussions difficiles.

Dans cette vidéo, je vous explique comment faire le vide m’aide à gérer les situations délicates.

 

I. Les conflits conjugaux qui démarrent au quart de tour

 

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais nous avons souvent dix fois moins de patience avec nos proches qu’avec des étrangers ?

Certaines personnes que nous ne connaissons pas se montrent agressives à la caisse,
désagréables dans la rue, incorrectes au travail, et nous réagissons peu, ou de manière mitigée… poliment,
trop tard, quelques fois en nous excusant presque.
Chez nous, par contre, il suffit de peu pour « péter un câble »…
Et qu’est-ce que cela nous apporte, sinon des conflits conjugaux, des adolescents qui claquent les portes et des petits qui se roulent par terre ?

 

Ce qui se passe bien souvent, c’est que nous nous préparons à ces conflits avec un biais négatif :
bien avant que la discussion ait commencé,
nous avons écrit un scénario dans notre tête,
nous avons décidé des réponses et réactions qui nous seront faites
et nous entrons dans la conversation sur une position défensive — ou agressive — mais en aucun cas neutre…

 

La « neutralité » ne veut pas dire que l’on n’a pas d’opinion, mais que l’on refuse de rentrer dans un conflit (définition du dictionnaire).
Être neutre permet de choisir « ses » batailles, c’est-à-dire de défendre son point de vue uniquement quand il en vaut vraiment la peine pour nous…
Mais dans la pratique, c’est loin d’être ce que nous faisons !

 

Nous nous accrochons avec les autres pour des bagatelles.
Ou avec des gens qui n’écouteront jamais notre point de vue…
Alors, à quoi bon ?

Dans de nombreuses circonstances,
nous savons à l’avance que nous allons devoir aborder des sujets difficiles,
des thèmes sur lesquels nous ne sommes pas d’accord avec notre conjoint, nos enfants, notre chef, etc. 

Et comme nous prévoyons les réactions négatives, nous les projetons dans la discussion.
Nous choisissons mal nos mots, nous n’écoutons pas les réponses,
nous ne donnons aucune chance à notre interlocuteur de se comporter autrement que comme dans le scénario que nous avons en tête.

S’en suit une dispute — comme toutes les fois précédentes, ce qui nous conforte dans nos positions respectives.

 

II. Faire le vide pour désamorcer les conflits conjugaux (et autres conversations difficiles)

1- Et si l’on se préparait en mode neutre ?

 

Quand je pars faire une permanence téléphonique à la ligne de soutien,
je ne sais jamais de quoi ces heures de gardes vont être composées.
Elles peuvent être surchargées.
Les personnes qui appellent la ligne vivent souvent des situations dramatiques, très différentes les unes des autres.

De manière à être réceptive, j’éprouve le besoin de faire en moi un grand vide mental avant de commencer ma permanence.

Quelles que soient les préoccupations qui sont dans ma vie courante, quel que soit l’article de blog que je rédige, il m’est nécessaire de tout laisser derrière moi.

Et surtout de laisser les émotions qu’ils génèrent, derrière moi. J’ai besoin de vider mon esprit. 

 

Car bien sûr, je ne pense pas à mes propres tracas quand je réponds au téléphone…
mais la qualité de mon écoute est fonction de l’état mental dans lequel je suis en décrochant le combiné.
Et pour rentrer dans cet espace d’accueil neutre, j’ai besoin de faire une coupure.

 

La plupart du temps, je vais faire une grande promenade avec ma chienne Pixie.
Je regarde la nature, le ciel, les gens que je croise.
Une petite vieille tirée par son basset, des enfants qui font la course en skate-board.
Le soleil qui brille dans les flaques.

Je déconnecte ma tête. Et je respire.

2- Une technique pour les conversations difficiles

 

J’ai aussi adopté cette technique à toutes les discussions que j’entrevois comme « difficiles »…
Rien que cette étiquette « difficile » montre l’état d’esprit dans lequel on se précipite, si l’on ne prend pas de recul !

C’est un bon signal d’alerte 🙂

 

Ainsi, la prochaine fois que vous devez aborder un sujet que vous pressentez comme « difficile », réfléchissez à votre mode de pensée :

  • est-ce que vous abordez cette discussion dans le bon état d’esprit ?
  • et surtout, cette discussion est-elle indispensable ?

Si votre conclusion est qu’elle est inévitable, je vous invite à l’aborder en faisant le vide.

Rejouer le même scénario avec ses ados ou son conjoint pour la énième n’est bénéfique pour personne.

Partez faire un tour dans le jardin ou autour du pâté de maisons, isolez-vous sous la douche et, au lieu de préparer les questions et les réponses, concentrez-vous sur le vide.

Identifiez votre message et ne prévoyez pas les réponses.
Préparez-vous à accepter les arguments de votre interlocuteur sans les juger, ni vous justifier ou vous défendre, et éventuellement à différer vos propres réponses.

Vous pouvez dire : « J’ai entendu ton point de vue, je dois réfléchir. Je ne suis pas aussi rapide que toi. », par exemple.
Vous pouvez aussi lire cet article sur comment communiquer avec des personnalités toxiques.
Ce sont de bonnes techniques pour éviter que les conflits conjugaux s’enveniment.

 

Plus nous parvenons à faire le vide en nous,
et plus nous abordons ces moments avec une attitude sereine,
moins ils auront de prise sur nous.

 

 

Et vous, avez-vous des techniques qui vous aident à aborder les discussions problématiques ou les conflits potentiels ?
Quelles sont les pratiques qui vous aident ? Comment parvenez-vous à faire le vide dans votre esprit?

Partagez-les ci-dessous et faites-moi part de vos pensées sur cet article…
J’accueillerai les commentaires, comme toujours, en commençant par faire le vide !

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Publié le 31 décembre

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Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

5 thoughts on “Désamorcer les conflits conjugaux en apprenant à faire le vide”

  1. J’ai expérimenté une méthode qui m’a permis de cesser de “rentrer dans le jeu” de conversations difficiles, qui pourtant démarrent toujours d’un air “bon enfant” sur le ton de la confidence, de l’explication, dans lesquelles, bravasse je m’engageais, convaincue de faire prendre en compte mon ressenti face à un discours de manipulateur. Discussions stériles et exténuantes qui n’ont jamais de conclusions claires. La technique du SOURIRE. Quel sourire ? Le sourire commercial, sûrement pas, le sourire de complaisance,(vas-y je te fais plaisir en te laissant parler), le sourire narquois, encore moins ! Sourire, ME sourire (est-ce mon enfant intérieur qui me sourit ou moi qui qui lui adresse cette reconnaissance, je ne saurai dire), sourire à la vie, sourire au monde mais sourire dès que je sens une amorce de “pseudo-conversation”, de discours à double sens dont je sortirai avec cent hypothèses et aucune idée de ce qu’il cherchait réellement.
    Attention, je ne conseille pas cette stratégie face à un alcoolique, un impulsif violent ou dans le cadre d’une discussion spécifique. C’est plutôt pour éviter le phénomène d'”enfumage” destiné à vous brouiller l’esprit afin de vous convaincre, suggérer ce qu’a décidé votre interlocuteur.
    Pour être efficace, vous maintenir en sécurité, il faut ressentir ce sourire. ce n’est pas juste une mimique.
    Comment l'”appeler” le faire venir alors qu’on est stressée, sur le qui-vive ? Il faut s’entraîner avant. Non pas s’entraîner à sourire, s’entraîner à faire appel à une idée, un souvenir, une situation, un endroit apaisant qui vous a fait vous sentir “bien” en paix, sereine, dont le souvenir amène naturellement un sourire au bord de vos lèvres et illumine votre visage. . Le faire revivre en soi, le ressentir. Pas besoin d’un événement extraordinaire. Chaque moment de bienveillance, reçue ou donnée fera l’affaire. Le sourire de quelqu’un à qui l’on a tendu la main autant que le sourire de compréhension, d’empathie d’un inconnu qui, d’un regard, vous a témoigné de la compassion un jour où vous serriez votre mouchoir contre votre nez rouge, tentant de vous dissimuler aux regards. Le contact de la tête de votre animal préféré, cherchant votre main pour une caresse. Cette promenade en forêt, cette plage déserte… à chacun de retrouver en lui ces moments précieux de communion avec le monde où tout semblait “à sa place”. Sans peur et sans attente.
    Une fois retrouvés, il faut s’exercer à les appeler, ces moments, comme un génie qui sortirait de sa lampe. Quelques instants suffisent. En marchant, dans les transports, devant son bureau, détendu(e) dans son canapé, au moment de s’endormir. Comme une rêvasserie. Des moments drôles ou touchants également. Le souvenir d’un mot d’enfant ….
    Lorsque vous avez compris, admis avoir à faire à une personne toxique que vous n’avez pas encore pu sortir de votre environnement et qu’une discussion s’engage : souriez ! Je dis bien quand vous avez compris …
    Hypocrite, narquoise, complaisante, indifférente à sa personne ? C’est ce que cette personne se demande quand je m’applique à cette mise en sécurité de mon psychisme et il est amusant d’observer par quels procédés elle tente de vérifier ses hypothèses. Pour sûr que je suis folle avec mon air benêt. “Heureux les simples d’esprits” (me dis-je en m’adressant un clin d’oeil) … Procédés qui alors me sautent aux yeux et que je deviens plus à même d’identifier et de désamorcer, tout en conservant ma sérénité. Mais surtout, adopter cette attitude me permet de rester centrée sur moi, sur ma vérité et non plus de me laisser “happer” par l’incohérence de l’autre ou dans celle dans laquelle il veut m’entraîner.
    Une chose par jour. Chaque “conversation” potentiellement déstabilisante évitée est une marche que je n’aurai pas à remonter.

    1. Merci Anne,
      Très bon commentaire: il y a beaucoup de manière de trouver sa pais intérieure, et à la lumière de celle-ci avancer d’une manière qui nous est bienveillante.
      Partager ses astuces ici peut aider d’autres personnes, donc un grand merci d’avoir pris le temps 🙂

    1. S’entraîner …toute seule, au calme puis dans les embouteillages, une file d’attente … chaque fois que quelque chose d’extérieur impatiente, agace. Une fois une bonne maîtrise obtenue ( et ce n’est pas gagné à tous les coups !) tenter doucement lorsqu’une conversation, dont on sait par avance comment elle va tourner, s’engage, (car on le sait même si on espère que non …). Et si ça ne fonctionne pas “courage fuyons”. Changer de conversation, se souvenir de quelque chose à faire, quelqu’un à appeler, changer de lieu, passer du coq à l’âne. Pas grave de passer pour incohérente. l’essentiel est de se prouver que cette fois, l’on ne s’est pas laissé(e) happer. Un petit pas …. et ne pas se décourager si l’on trébuche. On ne pourra que faire mieux la prochaine fois !

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