Dépendance affective : Symptômes et clés pour s’en libérer

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La dépendance affective: symptômes et clés pour s'en libérerLa dépendance affective, cela t’évoque quelque chose ? Nous avons tous besoin de donner et de recevoir de l’amour. Mais pour certaines, ce besoin vire à l’obsession, à l’addiction, et peut engendrer des comportements extrêmes de soumission ou d’attachement : c’est cela, être dépendante affective. D’un côté, le dépendant est en permanence en quête de l’approbation et du soutien d’autrui. De l’autre, le codépendant oriente toute son énergie vers autrui et est incapable de tenir compte de ses propres besoins. Mais alors, amour ou dépendance affective ? Et que faire pour sortir d’un schéma de dépendance émotionnelle ? Nous évoquons aujourd’hui les rouages de ces schémas complexes et douloureux.

Les symptômes de la dépendance affective

La dépendance affective désigne un phénomène d’incapacité psychologique à vivre par et pour soi-même. Dotés de peu de confiance en eux, les dépendantes affectives souffrent de ce manque dans tous les domaines de leur vie, et notamment dans le domaine amoureux. Elles ont une forte tendance à s’effacer devant leur partenaire. Passifs, elles cherchent constamment l’approbation de leur compagnon, quelle que soit leur entreprise. Elles souffrent enfin d’une peur maladive de l’abandon, ce qui pèse lourdement sur leur relation amoureuse.

Amour ou dépendance affective ?

L’amour peut, certes, nous faire ressentir un sentiment de dépendance. L’absence de la personne aimée est douloureuse, elle est omniprésente dans nos pensées, nous faisons tout pour lui complaire… Mais il y a une différence entre l’amoureuse « normale », pour qui ces sentiments ne sont pas synonymes de souffrance, et l’amoureuse dépendante affective, dévorée par la peur de l’abandon dès le moindre débat dans le couple.

Seule, une dépendante affective ne peut pas être heureuse. Elle ressent de l’ennui, n’apprécie pas le temps passé avec elle-même. Elle cherchera l’âme sœur à tout prix pour combler un vide qu’elle est incapable de combler autrement. Bien sûr, une personne qui ne connaît pas ce genre de trouble recherche également l’amour, mais la différence est qu’elle le fait par envie et non par besoin. Elle sera heureuse de trouver l’amour, là ou la dépendante affective ne peut tout simplement pas vivre sans.

Les signes d’une dépendance affective

Les symptômes de la dépendance affective se manifestent essentiellement dans le domaine amoureux, mais elle peut également s’exprimer au travail, auprès de la famille ou des amis. Cette dépendance peut aussi prendre la forme d’une addiction, qui aide à affronter le quotidien et sans laquelle l’individu a le sentiment de ne plus avoir de raison d’être (drogue, alcool, jeux, sport, travail, etc.).

  • Difficultés à prendre des décisions seule
  • Besoin des autres pour assumer ses responsabilités
  • Difficultés à entreprendre par soi-même
  • Peur de la solitude

La dépendante affective ressent de graves difficultés à prendre ses décisions sans le conseil ou la validation d’un tiers. L’approbation et le réconfort des autres sont son seul moteur, elle en a besoin pour faire face à ses responsabilités dans des domaines importants : santé, gestion du foyer, revenus, choix professionnels, etc. D’une manière générale, une personne souffrant de dépendance affective est impuissante à faire les choses par elle-même, à démarrer et à mener à bien des projets.

Incapable d’apprécier le temps passé seule, elle ne prend aucun plaisir à prendre soin d’elle-même. Et c’est sans doute là le signe le plus distinctif parmi les symptômes de la dépendance affective: plus que tout, la dépendante craint la solitude. Cela peut même aller jusqu’à la phobie.

Le cas de la codépendance

Les codépendantes vont encore plus loin dans ce besoin absolu des autres. Elles deviennent largement plus soucieuses de leur entourage que d’elles-mêmes et se sentent responsables de la satisfaction des désirs et des besoins d’autrui.

Symptômes de la personne codépendante

Une personne souffrant de codépendance l’exprime à tous les degrés de ses relations sociales. Son manque de confiance en elle peut s’exprimer dans le déni ou un conformisme excessif :

  • Culpabilisation face à ce qui ne va pas
  • Sentiment de responsabilité vis-à-vis des besoins d’autrui
  • Incapacité à imposer ses propres limites
  • Négation de ses propres ressentis
  • Crainte maladive du conflit
  • Ou à l’inverse : Stratégies pour tenir les autres à l’écart

La personne codépendante dénigre ses propres valeurs et opinions face à celles d’autrui. L’approbation des autres est supérieure à ce qu’elle-même pense juste ou bien, c’est pourquoi elle évite tout désaccord avec son interlocuteur. Elle craint plus que tout d’être rejetée ou exclue. À l’inverse, il arrive aussi qu’elle développe des stratégies d’évitement, en s’attachant à provoquer chez autrui le rejet ou la colère. Elle fuira donc toute intimité émotionnelle et conservera ses distances pour éviter de souffrir ou de se sentir vulnérable. Ce genre de stratégie peut la pousser à se sentir supérieure, à dénigrer les autres ou à les juger avec dureté.

Notez bien que la codépendance ne concerne pas le sentiment de préoccupation que l’on peut développer pour les gens que l’on aime ou la volonté de prendre en charge certains de leurs problèmes. Elle concerne les comportements excessifs, à un niveau maladif, où l’on ignore sa propre personne pour diriger tous nos actes et nos pensées (positifs ou négatifs) vers les autres et leur regard.

Un compagnon dépendant

En résumé, la codépendante a besoin qu’on ait besoin d’elle. C’est ce qui la pousse généralement vers des partenaires de vie dépendants affectifs. Le dépendant a vitalement besoin de l’attention, de la présence et du soutien que la codépendante a vitalement besoin de donner.

Mais il arrive aussi, comme nous l’avons vu, que la dépendance prenne la forme d’une addiction. Un schéma répandu met en scène un compagnon par exemple alcoolique, dont la compagne codépendante prend à son compte la gestion de la dépendance. La codépendante pense que, sans elle, le dépendant est dans l’incapacité de s’en sortir, et ce sentiment d’être indispensable à la survie et au bonheur de l’autre la valorise : elle est utile, précieuse, unique pour quelqu’un. Il arrive d’ailleurs que dans les cas où le dépendant parvient à surmonter son addiction, le couple s’écroule, car l’addiction était devenue le moteur de leur relation et son principal ciment.

 

 

Dépendance affective ou codépendance?
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Se libérer d’une relation basée sur la dépendance émotionnelle

Pour la dépendante affectif – qui a développé un besoin maladif d’être prise en charge – comme pour la codépendante – qui met son existence au service d’autrui –, les clés pour s’en sortir sont sensiblement les mêmes. Il s’agit dans les deux cas d’opérer un retour vers soi conscient et volontaire.

Agir au quotidien pour se libérer de la dépendance affective

L’une des principales clés pour se libérer de la dépendance affective consiste à travailler au quotidien sa confiance en soi. Plus facile à dire qu’à faire me diras-tu ? Certes… Mais il existe des techniques simples à mettre en œuvre pour construire chaque jour les bases de l’estime de soi.

Commence par lister ce que tu as accompli seule dans ta vie. Sans l’aide de personne, uniquement avec ta volonté et tes compétences. Les conseils de nos proches ne comptent pas : nous pouvons tous en recevoir sans qu’ils soient absolument indispensables. Mais même les petites choses comptent : peut-être as-tu passé le permis ? Débuté une formation ? Fait un voyage seule ? Ou seulement choisi d’aller au cinéma seule ? T’inscrire à des cours de cuisine ? Fait un achat important pour toi ? Prends le temps d’y réfléchir. C’est la première étape pour retrouver de la valeur à tes yeux.

Forte de ces constatations, tu gagneras en confiance pour surmonter ta peur et prendre des initiatives au quotidien. Qu’il s’agisse des petites choses relevant de l’organisation du foyer ou d’importants choix personnels, l’assurance vient avec l’habitude. Il faut inverser la machine, retrouver le réflexe d’oser. Mais cela ne peut venir qu’en ayant conscience du blocage et en agissant pour faire ce dont on se sent capable. En faisant preuve de patience et d’indulgence à ton égard, le champ des possibles s’élargira au fil du temps. N’hésite pas à prendre le temps de te féliciter pour savourer ces petites et grandes victoires ! Tu peux par exemple tenir un journal où tu noteras tes actes et tes choix réalisés seule. Il est ainsi possible de mesurer ta progression pour regagner en confiance et renforcer ta motivation.

Enfin, il est important de te concentrer sur ton bien-être et d’apprendre à t’aimer. Concocte-toi des journées en ce sens : pendant ce temps défini, offre-toi de faire ce que tu aimes vraiment, sans rendre de compte à personne. Après tout, on a tous besoin de trouver de la force !

Réfléchir à l’énergie accordée à autrui

Une fois davantage tournée vers toi-même, tu peux mieux réfléchir à l’énergie et à l’attention que tu accordes aux autres. La dépendance affective et la codépendance peuvent te pousser à donner sans compter de ton temps, de ton aide, de ton argent, de ton investissement émotionnel, etc. Tu dois impérativement réfléchir avant d’agir de la sorte : peux-tu accorder cela sans te mettre en difficulté ? N’essaye pas non plus de devancer les désirs et les besoins de l’autre, attends qu’ils soient formulés et, seulement alors, réfléchis à ton envie et à ta capacité de les satisfaire.

À l’inverse, ne donne pas de marque d’affection dans le but d’en recevoir. Il te faut reconnecter tes sentiments réels et ta communication. Bien sûr, il faut exprimer ce que l’on ressent de positif pour les gens qui nous entourent, mais attends de ressentir ces choses pour les exprimer. Non seulement ta parole sera plus juste, mais elle sera aussi plus précieuse, plus importante pour celui qui la reçoit. Dans le même esprit, abandonne les automatismes qui te poussent à demander l’attention de l’autre (« Est-ce que tu m’aimes ? », « À quoi tu penses ? ») : ces signes ne sont pas ceux de l’amour, mais de la fragilité et peuvent être mal reçus.

 

La dépendance affective, comme certaines formes d’addiction, peut être combattue et surmontée par la volonté et l’action. Il faut parvenir à prendre conscience et identifier le vide ou le manque que nous voulons combler avec nos relations, et travailler soi-même à remplir ce vide. Évidemment, se libérer de la dépendance affective n’est pas évident et prendra du temps. Dépendantes et codépendantes ont bâti leur fonctionnement sur des réflexes et des schémas dont il est difficile de s’extraire, mais, comme souvent, la prise de conscience de la situation est une première étape pour reprendre sa vie en main et s’en sortir.

 

Rédaction confiée par mes soins à Ninon Guilbot

Attribution des photos : Rawpixel (modifiée)

Publié le 3 octobre

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