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Comment faire le bilan sur sa confiance en soi en 2 exercices

Confiance en Soi : Bilan en 2 Exercices [2/4]

Comment faire le bilan sur sa confiance en soi en 2 exercicesComment retrouver confiance en soi ? Les relations toxiques ou dysfonctionnelles ont souvent pour conséquence de nous laisser sur le plancher, avec une piètre image de nous-mêmes et une perte totale de confiance en nous. Pour travailler la confiance en soi, nous devons apprendre à faire la distinction entre deux choses : ce qui est du domaine des faits (= réalité) et ce qui est du domaine des histoires que nous nous racontons (= pensées). Je te propose ici deux exercices concrets pour poser les bases de ton travail et développer ta confiance en toi. Cet article est le second d’une série de quatre, dans lesquels je développe le sujet avec des outils pratiques pour booster sa confiance.

Exercices de confiance en soi : dans quel but ?

Avant d’attaquer le sujet avec les exercices, faisons un tour d’horizon du contexte. Dans le premier article de ce dossier, je rappelai ce qu’est la confiance en soi, en quoi elle nous est utile et d’où elle nous vient :

  • elle ne vient pas de nos parents, ni de nos proches, mais elle est générée par nos pensées
  • ce n’est pas un attribut qu’on a ou qu’on n’a pas, mais une émotion que nous avons toutes la capacité de générer
  • le manque de confiance nous empêche de créer la vie que nous souhaitons et de nous sentir bien dans notre vie.

Lire l’article complet ici : reprendre confiance en soi après une relation toxique,

L’objectif d’un travail sur la confiance en soi n’est donc pas de partir à la recherche de quelque chose de « concret » extérieur à nous-mêmes. Ce n’est pas en accomplissant une action gratifiante ou spectaculaire que nous construisons notre confiance… c’est en ayant confiance que nous créons le spectaculaire ou, tout simplement, l’ordinaire dont nous rêvons.

Développer sa confiance en soi n’est pas le résultat d’un séminaire ou d’une semaine de travail, mais une démarche quotidienne. Avoir confiance est le résultat d’un engagement dans la durée et la régularité. Nous verrons en troisième partie de ce dossier comment mettre en place des changements pratiques au quotidien. Avant cela, je propose de faire un bilan pour examiner ce que tu penses de toi actuellement.

 

Exercice 1 : Flot de pensée

Notre discours interne, ce que nous nous disons à nous-mêmes à longueur de journée, a un impact crucial sur notre vie et sur nos actions. Nous prenons malheureusement rarement le temps d’observer ce que nous nous disons et comment nous nous le disons. À force de répéter certaines pensées, elles sont devenues de véritables croyances, auxquelles nous sommes parfois fermement attachées, même si elles nous portent préjudice. Que te dis-tu de toi quand tu te parles tout bas ?

Pour faire un flot de pensée :

1) Écrire sans censurer

Prends une feuille et un crayon et note les pensées qui te viennent à l’esprit au sujet de ta confiance en toi. Sois aussi honnête que possible. Si tu te dénigres et te dévalorises en silence, pose ces phrases cruelles sur le papier, ce sera un poids en moins dans ta tête et une bonne occasion d’examiner ce qui s’y passe vraiment.

Pour t’aider, tu peux compléter des phrases telles que :

  • je n’ai pas confiance en moi parce que…
  • si j’avais davantage confiance en moi, je…
  • j’ai perdu confiance en moi depuis que…
  • je suis nulle en…
  • je n’ose pas…
  • je devrais être plus…, moins…
  • je ne peux pas faire… parce que…
  • les autres ont plus d’assurance dans …. parce que…

Tu peux trouver beaucoup de variations avec un seul début de phrase.
Je t’invite à aussi noter les domaines ou les actions dans lesquels tu AS confiance en toi.

2) Remettre en question ses pensées

Je t’invite ensuite à reprendre la liste de tes pensées et à les remettre en cause, c’est-à-dire à t’interroger. Sont-elles des vérités, voire des vérités absolues ? (Tu peux t’inspirer des 4 questions du Travail de Byron Katie)

Exemples :

Je suis incapable de me débrouiller seule.
Est-ce vrai ? Est-ce absolument, totalement, 100% vrai? Que fais-tu actuellement ? Ne te débrouilles-tu pas seule dans beaucoup de circonstances ?

Je n’ose pas rencontrer de nouvelles personnes et parler à des gens que je ne connais pas.
 Est-ce vrai ? Ne parles-tu pas à des étrangers dans de nombreuses situations ? Trouve des exemples.

L’objectif de ces questionnements n’est pas de te faire adopter des pensées « positives » (ce qui ne marcherait pas) ni « d’effacer » le discours négatif et généralisant proposé par ton cerveau. Le principal but est de mettre en évidence que:

  • ce discours existe et
  • qu’il ne s’appuie pas toujours sur des réalités.

Et qu’à ce titre, mieux vaut alors prendre un peu de recul. Ce discours interne est principalement fondé sur des pensées. Nous pouvons trouver quelques faits irréfutables, mais beaucoup sont des pensées. Donc optionnelles.

 

Exercice 2 : Ce que tu sais faire

 

Tu as maintenant déposé sur le papier la liste de tes griefs envers toi-même et certainement observé que certains seraient difficiles à prouver à un jury !

Qu’en est-il de tout ce que tu es capable de faire ? Nous prenons souvent pour acquis une multitude de fonctions qui nous sont familières. Pourtant, à un moment de notre vie nous ne savions pas les faire, puis un jour nous avons appris, et maintenant nous ne nous posons plus la question.
Cela n’enlève aucune valeur à cette somme de capacités.

1) Liste ce que tu sais faire

Prends une feuille et un crayon et liste tout ce que tu sais faire et ce dont tu es capable. Sois le plus concrète possible. Rappelle-toi que pour chacune des tâches que tu sais faire, il y a quelqu’un d’autre, probablement assez proche de toi, qui soit ne sait pas faire cette chose, soit ne s’en donne pas le mal.

Pour t’inspirer, voici quelques pistes :

  • en tant que femme dans ton environnement : je sais conduire, je sais faire du vélo, je sais remplir les papiers de la sécurité sociale, je sais entretenir mon logement (comment), je sais faire une quiche lorraine, je sais planifier un voyage…
  • en tant que mère de famille : je sais alimenter mes enfants, je sais communiquer avec le médecin et administrer un traitement, je sais surveiller les devoirs, je sais les coucher à l’heure
  • dans le monde du travail : je sais ouvrir un Excel, je sais conduire un tracteur, m’occuper des vaches, monter une vidéo, enseigner, être ponctuelle…

Tu peux ajouter tes diplômes, tes certificats, toutes tes aptitudes. Liste, liste, liste, liste.

2) Observe les faits sans les dénigrer

 

Tu te diras certainement : « Mais c’est normal, tout cela. Tout le monde fait ça. »

Ce qui n’est pas la vérité : il y a des gens autour de nous qui ne passent jamais la serpillière, n’emmènent jamais leurs enfants chez le dentiste et leur donnent des chips devant la télé en guise de dîner. Il existe quelqu’un qui ne sait pas conduire ou planifier un voyage. La somme des nos capacités n’est pas « rien ».

Vivre une relation abusive et en sortir sont les preuves que tu sais faire des choses difficiles.

 

Réflexions sur la confiance en soi

 

Les deux exercices précédent nous permettent de prendre du recul et de distinguer la réalité de nos pensées.Dans le troisième article de ce dossier, je vais te proposer de te servir du Modèle de Brooke pour analyser ce que ce manque de confiance crée (ou ne crée pas) dans ta vie et comment faire des changements.

 

Nous avons toutes appris à faire une multitude de choses qui forment la somme de nos capacités actuelles. Nous avons appris certaines par la force des choses, d’autres avec curiosité et enthousiasme. Nous avons évolué dans notre poste petit à petit. Nous avons grandi dans notre rôle.
Peu de nous, enceinte d’un premier enfant, déclarerait avoir une confiance absolue en sa capacité à l’élever… voire à l’accompagner -avec frères et soeurs en prime- à travers l’adolescence : et pourtant, un jour, ils sont partis et on l’a fait. Nous avons grandi dans nos capacités.

À quoi cela sert de nous gâcher la vie avec un discours interne dévalorisant… puisque nous sommes capables ?

J’en profite pour faire remarquer que nous accusons nos ex-compagnons de leurs violences psychologiques et verbales. Je ne les remets absolument pas en cause, et ils en sont totalement responsables –et coupables.

Mais qui est coupable de ce discours interne extrêmement violent et préjudiciable que nous nous servons à nous-mêmes et qui résulte en une perte de confiance totale ? Ce n’est pas le discours des autres qui nous déstabilise: c’est le fait que nous y accordions foi et que nous l’adoptions. Identifier ce mécanisme est la première pièce du puzzle. La seconde est de le mettre en parallèle avec nos capacités objectives… et potentielles.

Nous avons la capacité d’apprendre, de construire et de reconstruire.

 

 

 

Attribution photo : Yeshi Kangrang modifiée, merci Unsplash)

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