Comment supporter l’injustice : 5 clés pour arrêter de souffrir

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Comment supporter l'injustice? 5 clés pour avancerComment supporter l’injustice ? As-tu l’impression que la vie n’est pas juste ? Pire même, souffres-tu en te demandant comment gérer l’injustice ? C’est une question qui revient fréquemment lorsqu’on aborde le sujet de la violence psychologique, qu’il s’agisse de la violence conjugale ou de relations abusives au travail. Comment faire pour supporter l’injustice d’une décision du tribunal ou quand on est victime du manque d’impartialité de son supérieur ? Le sentiment de vivre une situation injuste révèle notre impuissance. On le vit dans l’incompréhension et le malaise, voire jusqu’à une profonde souffrance. Voici 5 clés qui m’ont aidée à accepter l’injustice.

 

 

Clé 1 : Comment supporter l’injustice : une fausse question

 

Au risque de te faire refermer ton ordinateur ou zapper direction Pinterest, je vais jeter un pavé dans la mare et déclarer qu’il y a un côté très infantile à qualifier une situation « d’injuste ». Souffrir d’injustice est une épreuve que nous nous infligeons à nous-mêmes. C’est purement et simplement de l’autosabotage. Comme si nous avions besoin de ça, en plus de ce que nous avons déjà vécu !

 

Comment supporter l’injustice est une fausse question : il n’y a rien à supporter. Rien à gérer ou surmonter. Uniquement à accepter. Le monde n’est pas juste. C’est ce que nous disons à nos enfants dès leur plus jeune âge, pour des pelles volées dans le bac à sable ou des parts de gâteau pas coupées au millimètre près. Pour des notes scolaires qui ne reflètent pas le travail fourni, ou des minettes qui ne jettent pas un seul regard à notre ado enflammé. Le monde n’est pas juste. Point.

 

Définition de l’injustice

Direction le dictionnaire : « L’injustice est l’absence de justice. Celle-ci étant un principe moral impliquant la conformité de la rétribution avec le mérite, le respect de ce qui est conforme au droit. Ce qui est injuste n’est pas conforme à la justice, à l’équité. »

 

Nous pouvons nous accorder immédiatement sur le fait que cette définition est loin de nous apporter des certitudes. Voulons-nous être traitées de manière unique alors que nous sommes toutes différentes ? Par définition, si nous nous trouvons sur des bancs opposés au tribunal, nous incarnons notre altérité et des valeurs morales souvent diamétralement opposées. Est-ce que ça veut dire qu’il y a d’un côté le juste et de l’autre l’injuste ? On voit bien que ça n’a pas de sens. Quant au droit, si les lois sont écrites, leur interprétation et leur application sont confiées à des humains, tous aussi partiaux que nous. Ce qui nous fait revenir sur le côté biaisé de l’affaire.

 

Ma première clé pour supporter l’injustice est un retour aux bases : te rappeler que le monde n’est pas juste. C’est un fait. Point.

 

 

Clé 2 : L’injustice, c’est un concept très relatif

 

Souffrir d’un sentiment d’injustice, c’est regarder le monde dans un miroir. Byron Katie, qui nous dit que nous pouvons arrêter de souffrir là, maintenant, nous inciterait à cesser de lutter contre la réalité. On peut, en effet, se demander : injuste… ? Oui, mais injuste pour qui ?

 

Puisque l’injustice est fondée sur le manque d’équité, souffrir d’injustice, c’est penser que « les autres » ont mieux que nous, sont mieux traités, s’en sortent mieux. Et en général, qu’ils ne sont pas punis pour leurs actions comme nous pensons qu’ils devraient l’être.

 

C’est comme si nous pensions qu’ils sont de l’autre côté du miroir. Que vu de leur côté, la situation n’est pas injuste. En réalité, quand nous demandons comment faire face à l’injustice, c’est parce que nous n’obtenons pas ce que nous voulons.

 

Combien de fois te plains-tu de ne pas avoir reçu de contravention quand tu n’as pas payé ton parking ? Jamais ? Pourtant, il y a bien une injustice par rapport à ceux qui ont payé leur parking. Et par rapport à ceux qui ont eu l’amende pour ne pas avoir réglé leur stationnement. Pourtant on ne se plaint pas. Alors que si on regarde les faits, il y a bien injustice.

 

Ça te semble peut-être un exemple superficiel : il n’en est rien. Je n’ai jamais entendu quelqu’un se plaindre d’injustice après avoir gagné au tribunal (ni au loto, d’ailleurs).

 

Ma seconde clé pour comment supporter l’injustice est donc de prendre le recul nécessaire pour remettre de la partialité dans ton jugement, en observant la situation sous l’angle des différentes parties impliquées.

 

Clé 3 : Victime d’injustice… et alors ?

 

Courir après la justice est un jeu dangereux, auquel on peut se brûler les ailes. Certaines vont jusqu’à y laisser leur peau, après des années à se battre en justice (quel mot !). Et pour quoi ?

Est-ce se rendre justice à soi-même que de ne pas pouvoir laisser « les autres » gagner ? N’est-ce pas commettre la plus grande injustice de toutes que de se laisser souffrir par besoin d’équité, de moralité, de revanche ?

 

Le système judiciaire français a inventé le concept pernicieux du statut de victime : je recommande fortement de ne pas en faire ton identité. Il est important de reconnaître que l’on est victime de quelque chose ou quelqu’un pour pouvoir sortir de cet état. On peut comparer et constater qu’il faut reconnaître qu’on est malade pour rechercher les soins. Mais on n’en fait pas un statut. C’est un état à dépasser.

 

Je ne dis pas ici qu’il ne faut pas s’engager dans des démarches légales (ou autres). Ce que je dis, c’est qu’il faut choisir sa conduite à bon escient. C’est à dire, qu’il faut aimer les raisons pour lesquelles on s’engage sur cette voie.

Le plus simple et le plus radical, pour moi, c’est de me demander ce que je recherche : la justice ou la paix ? J’ai maintenant compris que la justice m’apporte rarement la paix. Mais je laisse à chacune le soin de décider pour elle-même et au cas par cas.

 

Ma troisième clé est donc de réfléchir sur les motivations qui te poussent à agir dans une direction et être sûre que tu les aimes.

 

Accepter l'injustice: 5 idées pour arrêter de souffrir
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Clé 4 : Prendre ses responsabilités

 

Pour moi, il y a un côté passif et un brin utopiste dans la recherche de justice. Utopiste, parce qu’on l’a vu le monde n’est pas juste. Mais aussi passif : parce que, quelque part en nous, on aimerait bien que quelque chose « extérieur » à nous, une instance, une morale, une valeur règle notre problème. Bling ! Coup de baguette magique. Ça nous éviterait d’avoir à nous remettre en question. Ça nous éviterait d’avoir à nous poser les vraies questions, au lieu de nous demander comment tolérer l’injustice.

 

Si nous étions seules sur Terre, le concept de justice n’existerait pas. Tout serait juste. La justice et, par conséquent, l’injustice n’existent que dans notre rapport aux autres. Et cette relation, entre nous et les autres, elle est exactement ce que nous choisissons d’en faire. Se dire que nous n’en faisons pas partie est totalement illusoire et contre-productif. Cela nous met à la merci de l’autre et nous dépossède de tout rôle dans notre propre histoire.

 

Mieux vaut accepter de regarder de quelle manière nous contribuons (ou avons contribué) à la situation et d’en prendre pleinement responsabilité. C’est le seul moyen de faire la part des choses entre ce qui est sous notre contrôle et ce qui ne l’est pas.

 

Tu as accepté un poste avec une supérieure qui avait l’air géniale et qui se révèle tyrannique (ou même, on a placé cette personne dans ton service). Ton travail est constamment dénigré. Tu ne le savais pas. Maintenant, tu le sais. Et tu vas faire quoi ?

Tu t’es mariée avec un prince charmant qui t’insulte, te rabaisse, contrôle tes sorties et pire encore. Tu ne le savais pas. Maintenant, tu le sais. Et tu vas faire quoi ?

Tu sors du tribunal avec un arrangement de garde d’enfant qui ne correspond pas à ce que tu voulais, et ne prend pas en compte les déficiences — ou les mensonges de ton ex ? Tu ne le savais pas. Maintenant, tu le sais. Et tu vas faire quoi ?

Des options, nous en avons toujours, et la première est d’arrêter de nous faire souffrir pour rien en nous disant que nous sommes victimes d’injustice.

 

C’est ma quatrième clé : examiner le rôle que tu as joué, reprendre tes responsabilités et définir le nouveau rôle que tu veux te donner.

 

 

Clé 5 : Accepter son impuissance

 

Comment vivre avec l’injustice, cependant, n’est pas uniquement une question de volonté, d’implication personnelle ou de passage à l’action. Paradoxalement, surmonter l’injustice, c’est justement aussi un exercice de lâcher-prise.

 

Nous ne pouvons pas tout contrôler. Les situations injustes nous font souffrir, car elles nous renvoient cette vérité en pleine figure. Sans contrôle, nous avons peur. Peur de nous faire avoir, peur de ne pas s’en sortir, peur de ne pas savoir gérer les conséquences, etc. Cette peur nous fait souffrir et nous avons l’illusion que si nous avions le contrôle, nous ne ressentirions pas toutes ces émotions négatives. C’est une quête sans fin.

 

Accepter son impuissance, cela ne veut pas dire ne rien faire. Cela signifie simplement apprendre à faire tout son possible et « que » son possible. Accepter que lorsque l’on a fait de son mieux, fourni ses meilleurs efforts, utilisé ses meilleures ressources, avec la connaissance de la situation que nous avons aujourd’hui (et pas celle que nous aurons a posteriori), alors, les dés sont jetés. Nous n’avons rien à nous reprocher et nous pouvons nous accorder la clémence, au lieu de la souffrance.

 

Pour m’aider sur ce chemin, j’ai récité pendant de nombreuses années, tous les soirs avant de m’endormir et tous les matins avant de me lever, cette prière. Mon regard sur la vie a tant changé que je ne la récite désormais qu’occasionnellement, mais toujours en me concentrant sur les mots et leur signification dans ma vie à ce moment précis :

 

Donne-moi la sérénité

D’accepter les choses que je ne peux pas changer

Le courage de changer celles que je peux

Et la sagesse de savoir faire la différence.

 

Ma cinquième clé est de lâcher prise, d’abandonner le sentiment illusoire que tout irait mieux si tout allait comme tu veux.

 

En résumé

 

Voici les 5 clés qui m’ont aidée à accepter de vivre en paix sans plus souffrir du sentiment d’injustice :

  1. me rappeler que le monde n’est pas juste
  2. remettre de la partialité dans mon jugement
  3. aimer les raisons qui me poussent à agir
  4. reprendre mes responsabilités
  5. lâcher prise

 

 

Si tu as lu cet article jusqu’au bout, au lieu de refermer ton ordi, c’est certainement que ta motivation à quitter cette souffrance est grande. Les clés sont réellement dans ta main et le travail, assez simple, en fait. La question n’est pas de savoir comment supporter l’injustice, mais de mieux comprendre ta vie, identifier les pensées qui t’apportent ce que tu veux et sur lesquelles te concentrer, et celles que tu peux laisser tomber.

 

Quelles sont les situations qui te font ressentir l’injustice ? Comment gères-tu cette émotion et quel est son impact sur ta vie ?

 

Attribution des photos : Faye Cornish (modifiée)

Publié le 8 août

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Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

6 thoughts on “Comment supporter l’injustice : 5 clés pour arrêter de souffrir”

  1. Chapeau ! Ce blog se densifie de jour en jour. Partie d’une situation précise tu étends progressivement et “élèves” le débat à des concepts qui semblent périphériques et qui pourtant, sont bien au cœur de la problématique de départ. Car tout est lié …. Ce sont les valeurs, les conditionnements, les croyances de chacun, entrant en opposition avec ceux d’autrui qui souvent ont mené beaucoup d’entre nous à l’impasse et à la souffrance. Je retrouve, au fil des articles, plus de 30 ans de questionnements propres abordés sans complaisance et toutefois avec bienveillance. Encore merci pour ce travail qui, je le sais, se fait aussi grâce aux retours et aux témoignages que tu reçois. Continue c’est de plus en plus riche et ….apaisant !

  2. Merci. Anne, pour ton soutien.
    Sortir d’une relation abusive, ce n’est pas seulement partir.
    C’est aussi faire la paix avec son passé et se donner les moyens d’une vie prospère et sereine… et la vie nous envoie constamment des challenges.
    Quand on a compris que ce sont des opportunités pour se développer, c’est parfois inconfortable, mais c’est vraiment fructueux!

  3. Article très intéressant, merci Virginie 🙂
    J’en retiens cette question à se poser, et je la trouve très juste 😉 : comment faire pour vivre avec l’injustice ? Parce que tu as raison, la justice et donc l’injustice sont des concepts relatifs. J’aime beaucoup aussi ce qui est dit dans « conversations avec Dieu » de Neale Donald Walsh : « tu ne sais pas ce que l’âme de l’autre recherche pendant cette vie ». Cela aide aussi à prendre du recul sur notre envie de justice et à comprendre que justement, la justice et l’injustice sont toutes relatives.

    1. Merci Emily.
      D’ailleurs, si tu te rappelles, Byron Katie a dit à la dernière femme sur scène que la chose la plus juste que nous puissions faire, c’est commencer te nous occuper de notre propre souffrance. C’est en s’occupant, nous, d’aller mieux, que nous pouvons offrir la meilleure contribution pendant notre passage sur la planète.

      (Pour les autres lectrices, j’ai assisté au passage de Byron Katie à Paris en compagnie notamment d’Emily: https://une-chose-par-jour.com/arreter-de-souffrir-est-possible-dit-byron-katie/ )

  4. Merci Virginie ,
    Oui , je suis bien d’accord sur tous les points …Voilà …quand un ex-mari , pervers narcissique , quitté depuis février 2012 , m’a laissé des dettes pour plus de trente cinq mille euros , que votre famille ( parents toxiques , pourtant riches …vos 3 soeurs et un frère qui prend le contrôle de la fortune des parents …vous laisse tomber ) comment à 58 ans , seule , sans amis (e) …, que vos 4 enfants sont indifférents malgré vos efforts …vous quittent aussi …que un éventuel compagnon ne veut pas s’engager à cause de votre situation financière …
    Comment avoir la force de continuer à vivre ?

    1. Merci Fabienne pour ton commentaire.
      C’est vrai, il y a toujours un décalage entre comprendre une chose intellectuellement et la mettre en pratique. La véritable prise de conscience, c’est quand on comprend qu’on doit chercher les causes et les solutions en soi, et non pas à l’extérieur : pas chez son ex, pas chez ses parents, ses frères et sœurs, ses enfants, quelqu’un qui ne s’engage pas… Chacune de nous est totalement responsable de ses choix et de sa vie.
      Pour avoir la force de vivre, il faut te demander comment tu veux vivre les 30 prochaines années : utiliser tes forces pour observer tout ce que les autres pourraient faire, mais ne font pas (parce qu’ils sont comme ça, les autres, ils ne font jamais ce qu’on veut…) ou les concentrer sur ce que tu peux faire pour toi ?
      La solution ne vient jamais de l’extérieur.

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