Comment aider une personne sous emprise ?

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Il arrive que l’on se renseigne sur les relations toxiques ou la violence conjugale pour le compte de quelqu’un d’autre. Parce qu’on aimerait aider une amie à se sortir d’une relation toxique.
Ou bien on veut aider une personne proche, victime de manipulateur, dans sa vie personnelle ou au travail.
C’est peut-être ton cas.
C’est le cas de personnes qui me contactent et me demandent comment aider une personne sous emprise.

 

I. Comment aider une personne sous emprise ?

 

Ma première observation n’est pas très positive.
Car, qu’il s’agisse de relation toxique, d’emprise psychologique ou de violence conjugale,
il est très difficile — voire impossible — d’aider quelqu’un qui refuse d’être aidé.

De même qu’on ne peut pas contrôler la consommation d’alcool d’une personne qui en abuse
ni forcer à se soigner un malade qui refuse de consulter un médecin,
nous n’avons pas la possibilité d’aider les gens contre leur gré.

 

La question est cependant très pertinente, car les victimes d’emprise sont souvent les dernières à vouloir ou pouvoir voir reconnaître et accepter leur situation.

Et même dans ces cas, elles ne souhaitent pas toujours être aidées.

Alors, comment aider une personne sous emprise ?
Faut-il pour autant jeter le tablier ? Que peut-on faire concrètement ?

 

Voici 3 conseils pour les proches de personnes qui souffrent dans des relations abusives ou violentes.

 

II. 3 conseils pour aider une victime

 

1. Rester présente et patiente

 

Si la personne pour laquelle tu t’inquiètes ne veut pas d’aide maintenant,
cela ne veut pas dire que ce sera toujours le cas.

Être présente, patiente et vigilante sont les comportements qui peuvent se révéler importants à l’avenir.
Ainsi la victime sait que tu fais partie de son réseau de proches,
et tu seras capable de remarquer et d’entendre le moment où son attitude changera
et qu’elle se montrera plus réceptive à ton aide.

Ce serait dommage de la laisser tomber,
sous le prétexte qu’elle n’accepte pas l’aide que tu veux lui donner aujourd’hui.

2. Se renseigner concrètement sur les services

 

Toutefois, tu n’es pas obligée d’être totalement inactive pendant ce temps.
Tu peux, bien entendu, te renseigner pour comprendre les mécanismes de l’emprise
et le processus qui s’engage quand on est dans un cycle de violence, ainsi que comment en sortir.

 

Parallèlement, tu peux aussi te renseigner sur les services ou les personnes qui seront à même d’aider cette personne, le jour où elle cherchera du soutien :

  • quelles sont les associations dans votre (ou sa) région,
  • quels sont les praticiens et les professionnels spécialisés dans cette dynamique (avocat, thérapeute, coach, psychologue, etc.),
  • où sont les refuges, si nécessaire, etc.

 

Il est toujours possible d’aider une personne sous emprise en faisant des démarches qu’elle n’est pas actuellement capable d’entreprendre pour elle-même. Tout en acceptant que ce ne soit ni ton devoir ni ton droit de la forcer à accepter de l’aide.

(Une remarque cependant : nous avons le devoir d’intervenir si des enfants mineurs sont en danger.)

 

3. Te préserver toi-même

 

C’est sans doute le conseil le plus important.
Ce n’est pas toujours facile à appliquer, car si nous sommes très attachées à la personne sous emprise,
nous souffrons de la voir s’enfoncer dans la toxicité de la relation.
Nous avons du mal à accepter que nous puissions si peu aider la personne sous emprise.

Mais deux personnes qui sombrent n’aident pas la personne en souffrance.

Il n’est pas de notre ressort de vivre la vie de l’autre ni de la prendre en charge.
Nous devons, dans ce domaine aussi, poser nos limites et nous préserver.

 

C’est le moyen d’être alerte, réceptive et capable pour le jour ou cette personne aura le déclic.

Car un jour elle comprendra ce qui se passe dans sa relation, elle comprendra qu’elle doit faire des changements dans sa vie, et tu seras présente.

 

T’est-il arrivé d’aider une personne sous emprise ? Ou bien as-tu bénéficié du soutien de tes proches ? Quels conseils pourrais-tu partager ?
N’hésite pas à enrichir le sujet dans les commentaires ci-dessous.

 

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Publié le 3 mai

  •  
  •  
Virginie Loÿ
Je m'appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d'une relation abusive ou violente.

3 thoughts on “Comment aider une personne sous emprise ?”

  1. Bonjour,
    Je suis la maman d’un garçon de 18 ans…suite à un divorce compliqué je n’ai plus aucune relation avec lui à cause de son père…
    Il est sous l’emprise de celui ci depuis 5 ans maintenant…
    Impossible pour moi de le voir et de lui parler…
    Il vient d’avoir 18 ans et vit toujours avec son père…ce dernier s’efforce de lui dire que je l’ai abandonné et que ne me suis jamais occupé de lui!
    Rémi est obligé de demander encore à son père si il doit me voir ou pas…et pour lui si on se voit c’ est pour “faire semblant”…
    D’un côté, son père lui dit que je suis une mauvaise mère qui ne veut jamais le voir et d’un autre côté, quand je lui propose une rencontre, il utilise les paroles paradoxales de son père…
    Rémi ne réfléchit plus par lui même…il est complètement habité et manipulé par son père…chantage affectif et manipulation psychologique…
    Je reste complètement impuissante et désespérée face à cette situation…
    Le temps avance sans que rien ne s’améliore…
    Ce temps me fait peur car nous ne sommes pas éternels…
    J’ai porté cet enfant pendant 9 mois et l’ai mis au monde…
    Nous avons toujours été très fusionnels…comme une maman avec son fils…
    Et puis un jour tous ces liens,tissés années après années se sont violemment brisés…comme si de rien n’avait existé…
    Je n’existe plus pour Rémi…
    Je n’ai plus de fils…il n’a plus de maman…
    Si des mamans ont connu ou connaisent cette détresse, merci de me répondre…

  2. Merci, Karine, pour ton commentaire.

    Les situations qui impliquent les enfants sont toujours délicates. Nous ne pouvons pas changer les autres, pas même nos enfants, ni les circonstances. Nous devons nous rappeler que la vie évolue et que la seule constante, c’est justement l’inconstance : rien n’est figé.
    Je pense que des pensées telles que celles que tu écris « je n’ai plus de fils » « il n’a plus de maman » sont une source de grande souffrance et qu’il pourrait être utile de travailler sur celles-ci afin de trouver un équilibre au quotidien.

    As-tu envisagé une aide extérieure ?
    N’hésite pas à me contacter par la page contact si tu veux en discuter et trouver un chemin hors de cette détresse.

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