Comment j’en suis arrivée là

« Une chose par jour », c’est ce que j’ai décidé de faire pour sortir de la relation abusive dans laquelle je me perdais et pour quitter — enfin — mon mari. C’était en 2003. D’un côté: la violence, la souffrance, le danger, la misère morale. Assez flippant. De l’autre : loin de mon pays et de ma famille, devenir maman solo et sans boulot de deux enfants de moins de dix ans. Rien de mirobolant. Assez flippant aussi, en fait. Je devais faire un choix.

Virginie Loÿ, coach de vie, pour rebondir après une relation toxique« Une chose par jour », c’est ce que j’ai fait pour devenir une femme indépendante et confiante. La maman comblée de deux jeunes adultes épanouies. La femme-qui-avait-dit-qu’elle-ne-se-remarierait-jamais qui s’éclate dans son second mariage. La coach certifiée qui accompagne aujourd’hui d’autres femmes, dans leur reconstruction.

Mon histoire ne commence pas en 2003, mais dans le milieu des années soixante… C’est un cocktail de Cendrillon et de Dracula, de conte de fées et tragédie grecque… j’ai longtemps cru qu’elle finirait mal.

J’avais tout pour être heureuse…

A priori, j’avais tout pour être heureuse. Rien ne laisser présager un drame. Une enfance dans une famille traditionnelle, papa, maman et trois enfants dont j’étais l’aînée. Pas de divorce, pas de chômage. Des vacances au ski en février et en Bretagne l’été. Les dimanches à jouer avec les cousines chez une grand-mère adorable en plein cœur de la Bourgogne. De bons résultats à l’école.

Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que certains principes avaient été particulièrement toxiques pour moi : l’intransigeance paternelle (et ce n’était pas un mot vain, chez nous), la pratique religieuse étriquée, le Grand Amour (« unique, tu le reconnaîtras, comment ? On ne sait pas, mais tu le sauras », pas exactement le meilleur critère de choix pour un compagnon de vie.)

 

Le saut dans le vide

Des études à Londres et des stages un peu partout au monde m’ont donné le goût du voyage. Diplôme en poche, je suis partie vendre de l’immobilier au Portugal. Objectif : gagner de l’argent, vite fait, bien fait. J’avais grandi avec l’impression que nous en manquions. J’avais des compétences, je suis devenue vendeuse étoile, et rapidement, libre de vivre comme je voulais. Côté personnel, par contre, c’était le désastre. Mon succès professionnel masquait ma peur d’être rejetée ou abandonnée. Je plaquais mes conquêtes avant que l’inverse se produise. Jusqu’au jour où j’ai rencontré J.. Comme toi peut-être, j’aurais dû voir plus loin que le bout de mon nez : un homme qui avait laissé derrière lui en Finlande son fils âgé âgé de quelques mois. Un fêtard incapable de remettre le bouchon sur une bouteille. Mais moi aussi, j’étais jeune, j’adorais faire la fête et danser. Et puis, il était beaaaaauuu. Et amusant. Et ambitieux. Il me traitait comme une princesse et j’étais sûre que personne ne m’aimerait jamais autant. C’était lui, je l’ai « reconnu ». Mon père m’a bannie de la famille (l’ex-femme et l’enfant, c’était trop). J’étais acculée. Je me suis lancée dans l’aventure sans filin de rappel.

 

Les hauts étaient hauts et les bas…

Nous étions passionnés par notre boulot, nous avions des idées, nous les avons développées. D’ailleurs, au fil de notre parcours, notre complémentarité professionnelle n’a jamais défailli et a sans doute contribué à mes doutes : pouvait-on descendre si bas dans notre couple alors que nous étions l’image de la réussite ? Du Portugal, nous avons migré en Finlande. (On y parle le finnois, c’est très dur à apprendre, même pour une polyglotte comme moi). Nous avons mené des entreprises de zéro au succès, une fois, deux fois, trois fois. C’était palpitant. On voyageait, on s’amusait, on s’est mariés. On a eu deux enfants. Mon père a fini par s’amadouer. Nous avons acheté un petit voilier, puis un plus grand, et un plus grand encore, et une voiture, puis une plus grande, et encore une plus grande, et on faisait des fêtes, puis des plus grandes… Pour lui, rien n’était jamais assez.

Je voulais une vie “normale”

Mais moi, avec les enfants, je voulais une vie « normale ». Les contraintes de la vie de famille ne seyaient pas à J. Il ne pouvait pas emmener les enfants voir un docteur, car « l’odeur de l’hôpital lui était insupportable ». Il préférait inviter ses collègues en régate plutôt que passer la journée avec sa famille. Le bac à sable, ce n’était pas son truc non plus. J’étais devenue « chiante, incapable, contrôlante ». Les disputes étaient plus fréquentes, puis violentes. Je me suis aperçue que j’étais dépendante, de son opinion, de son emploi du temps, de son humeur. Je ne savais plus quoi faire, j’étais une mauvaise mère, une mauvaise femme. Par moment, des mois passaient et tout allait bien : nous partions à la voile et découvrions l’archipel en famille. Nous lancions un nouveau projet professionnel. Puis tout s’effondrait. Sans raison apparente. C’était le cycle. J’étais devenue « hystérique » quand je voulais savoir à quelle heure il allait rentrer ou bien où il avait passé la nuit. J’étais « folle à lier », au point qu’il me ferait interner et s’arrangerait pour que je perde mes enfants si je le quittais.

 

En 2001, j’étais prête à partir. Et… rebondissement !

J’ai failli m’enfuir.
Littéralement, la nuit, avec mes enfants, un sac d’affaires, l’adresse d’un refuge et le numéro d’une avocate. Il l’a senti, il a accepté une thérapie de couple. Nous avons suivi ce programme qui a prolongé l’illusion pendant presque deux ans. Cela m’a, surtout, fait prendre conscience de ma vulnérabilité et permis de me préparer à le quitter. Je n’étais plus moi. La peur était ma compagne de vie. Un jour, j’ai eu un flash : « Virginie, tu élèves peut-être des orphelines ». Ce jour-là, j’ai su que c’était fini. J’ai mis le turbo aux préparatifs. Par la suite, j’ai fait toutes les erreurs à éviter. (C’est aussi grâce à ça que je suis de bon conseil aujourd’hui… on ne peut pas inventer le vécu).

Les enfants sont la principale inquiétude quand on quitte un conjoint abusifNous avons divorcé. Je parlais à peine finnois, je n’avais plus de boulot, j’étais seule avec mes filles, loin de ma famille. Je ne voulais plus que quelqu’un, patron ou chef, m’impose sa loi. Je me suis lancée à mon compte avec une aide au lancement d’entreprise. J’ai travaillé tous les soirs jusqu’à 2 h du mat’, et puis ça a démarré.. Avec mes filles, on a retrouvé le goût du rire. Côté mère divorcée, j’en ai vu de toutes les couleurs avec leur père : les pensions impayées, les promesses non tenues, les crises au téléphone, les gardes décommandées, les petites-filles qui l’attendent et l’attendent encore dans la neige devant la maison. Au fil des ans, j’ai souvent été obligée de jongler avec l’argent, mais je n’ai jamais regretté le confort matériel. J’ai tout assumé. Mais côté femme, ce n’était pas mieux que 15 ans auparavant. Je cherchais d’autres bras pour me réconforter, me faire croire que j’étais digne d’être aimée et combler ce vide. Je ruminais sur le passé. J’expliquais tout ce qui allait mal dans ma vie par mon enfance ou la toxicité de mon ex mari. J’en voulais autant à mes parents qu’à mon ex. Personne ne savait me donner ce dont j’avais besoin, j’étais nulle et en manque.

J’avais peur que ça recommence.

Ça a recommencé.

Je suis tombée amoureuse, de K. Il me rassurait. C’était un « modèle différent ». Il n’avait pas les défauts de J.. Tout était génial. Nous avons emménagé ensemble, à toute vitesse avec tous les enfants. (C’est tellement typique comme bêtise que c’en est embarrassant à écrire, mais ça, à l’époque, je ne le savais pas.) Et puis, la réalité est arrivée et « je ne faisais rien comme il fallait ». Avec K. quand nous étions dans notre bulle, c’était le paradis sur terre (environ 0,3 % du temps). En dehors, tout recommençait : j’étais égoïste, égocentrique, intolérante. Je ne comprenais rien, je ne faisais pas assez attention à lui, j’aurais dû m’occuper plus de ses enfants, de lui, de ses besoins. Il me faisait culpabiliser, je me retrouvais plus nulle que nulle.

Une nuit, il n’est pas rentré. Je m’étais promis que jamais plus je ne passerais de nuit à broyer le noir en attendant quelqu’un. C’était la goutte de trop. Le processus de séparation, style yoyo, a été long et épuisant. Il m’a harcelée pendant des années.

 

Mais là, alléluia ! j’avais enfin compris.

 

Si je m’étais retrouvée dans des situations si semblables avec des hommes si différents, il allait falloir que j’aie le courage de tourner le projecteur sur moi. C’était le moment d’apprendre à vivre avec moi-même. À vivre en harmonie avec cette inconnue.

J’ai décidé que plus personne ne viendrait perturber ma vie avec mes filles. J’avais toujours été présente : j’avais lu les histoires, soufflé sur les bobos, confisqué les portables, parlé aux maîtresses. Plus tard, j’ai expliqué la pilule, les capotes et l’alcool et j’avais consolé les peines de cœur. J’ai décidé de m’occuper de moi aussi bien que je m’occupais d’elles. J’ai décidé que je devais dépasser le manque, le vide, la rumination, les angoisses, les peurs. J’ai décidé de commencer à réellement mettre en pratique les enseignements de développement personnel que je lisais. Car des livres j’en avais lu, et des conseils j’en avais reçu. Intellectuellement, je les comprenais. Mais quels changements avais-je mis en place dans ma vie, concrètement ? Quels principes avais-je remis en question ? Il était temps de prendre la totale responsabilité de ma vie passée et présente.

 

Du développement personnel au coaching

 

J’ai lu Scott Peck et Byron Katie. J’ai compris que j’avais la liberté de penser ce que je voulais, et que les pensées que j’avais jusqu’alors me limitaient à reproduire ce que je connaissais déjà. J’ai apprivoisé ma solitude et je l’ai utilisée pour me connecter à moi. Pour me faire du bien. J’ai appris à lâcher prise. Après avoir arrêté de fumer, j’ai laissé tomber l’alcool totalement, puis les sucres. Chaque étape m’a apporté une véritable libération émotionnelle. J’ai cultivé ma pratique du yoga, appris à méditer et surtout à faire une chose par jour, chaque jour, pour diriger ma vie dans la bonne direction, celle que je choisissais intentionnellement.

 

Je suis devenue bénévole sur une ligne de soutien et j’ai eu envie d’aller plus loin. Tout ce que j’avais appris, je l’avais appris sur le tas, à ma sauce, par essai et erreur, il me fallait un moyen de le transmettre. J’ai créé ce blog et simultanément, j’ai rencontré le podcast de Brooke Castillo, la coach de vie américaine qui a révolutionné ma vie. Son message a résonné en moi, comme si elle avait réussi à condenser tout ce que j’avais appris de manière désordonnée en une méthode claire que tout le monde peut s’approprier. Car je ne veux pas que quiconque devienne dépendante d’une psy, d’une thérapeute, ou de moi : la solution est déjà en nous, nous devons juste savoir la dévoiler.

Le coaching et surtout me coacher moi-même chaque jour est ce qui a le plus changé ma vie. En accompagnant et en transmettant ces méthodes à d’autres, ce n’est pas une solution ponctuelle que j’apporte. Ce que j’offre, c’est la capacité de savoir identifier les émotions qui nous bloquent, dans n’importe quelle circonstance, et de créer avec intention la vie que nous voulons.

 

Derrière des enfants sains, une femme équilibrée

 

Les enfants apprennent de notre exemple et de notre résilience.Aujourd’hui, j’ai deux filles adultes. Elles connaissent leur père, et l’aiment sans avoir d’attentes irréalistes. Toutes les trois, nous sommes à la fois indépendantes et complices. Nous partageons des fous rires, nous nous engueulons et nous nous écoutons. L’une comme l’autre a connu des déboires sentimentaux ou professionnels. C’est normal, c’est la vie. Mais elles ont les outils : elles ne se chargent pas du bonheur des autres, elles savent réfléchir à leur situation et placer leurs limites. Je ne m’inquiète pas pour elle. Leur vie sera aussi belle que la mienne.

 

Personne ne nous dit que partir, ce n’est que le point de départ et qu’il va falloir déconstruire ce qui s’est mis en place dans la relation toxique. Personne ne nous dit que la rumination, le manque, la peur de l’avenir, l’incapacité à passer à l’action, c’est normal. C’est le passage obligé pour devenir qui nous sommes.

C’est pour cela que j’en parle ici dans mon blog et c’est là que je veux et peux t’aider. Pour t’éviter de faire les mêmes erreurs que moi. Pour ne pas y retourner ou retomber entre les griffes d’un autre, pour ne pas t’isoler et t’étioler. Et pour devenir une femme équilibrée et libre, qui soutient ses enfants par l’exemple de sa résilience.

Si c’est ce que tu souhaites, tu peux prendre contact avec moi ici.virginie-loy-coach

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