Pourquoi j’ai choisi l’expression “se libérer d’une relation abusive ou violente”

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quitter son conjoint, relation abusive, relation violente

« Se LIBÉRER d’une relation abusive ou violente » : nous sommes libres quand nous avons le choix.

Dans les premiers articles que j’ai partagés avec vous, j’évoque la relation abusive dans laquelle j’ai vécu. J’y présente aussi l’objectif du blog et j’y explique « qui » je suis. J’ai aussi relaté la recherche (épique) du nom du blog… j’ai, en fait, beaucoup réfléchi au concept de ce projet. Je me suis par conséquent interrogée sur vous, mes lectrices. Quelles femmes viendraient lire ce blog ? Qui êtes-vous, à quel moment de vos interrogations vous trouvez-vous ? Et dans quel but, surtout, êtes-vous ici ?
Que puis-je vous apporter ?

Mon souhait le plus cher serait de pouvoir éradiquer le mal à la racine. Ou du moins, le plus tôt possible. J’aimerais qu’une femme qui se pose des questions sur la qualité de sa relation, qui commence à douter, qui s’interroge sur des comportements qu’elle ne comprend pas et qui l’angoissent… J’aimerais que cette femme se trouve accompagnée. Qu’elle puisse identifier les mécanismes qui se mettent en place, et s’affirmer face à eux. Quitte à quitter son conjoint.

Mais il n’est nullement question de donner un mode d’emploi ou de faire des choix à votre place. Il n’y a pas une solution unique à des situations qui sont toutes aussi différentes les unes des autres. Aussi différentes que les personnes qui en sont les protagonistes.

J’aimerais que les sites (le plus souvent institutionnels ou d’association) qui se concentrent en grande partie sur la gestion de crise de la violence déjà avancée à un stade extrême n’aient plus raison d’exister. J’aimerais que les sonnettes d’alarme résonnent tôt dans la vie de ces femmes victimes d’abus. Qu’aucune d’elles ne s’enfonce dans l’isolement, la douleur, la peur. J’aimerais qu’une femme qui se pose des questions n’interrompe pas sa lecture en se disant « oh la la, je n’en suis quand même pas encore là ! Ce site ne s’adresse pas à moi… »
Qu’elle ne referme pas son ordinateur jusqu’au jour où malheureusement sa situation sera telle qu’elle aura besoin justement de ce site, celui qui donne des conseils de sécurité et des numéros d’urgence.

J’aimerais que chaque femme qui consulte de telles pages sur le Net se rende compte justement qu’elle en est « déjà là », puisqu’elle cherche de l’information sur le sujet. La violence commence tôt, elle ne commence jamais par des abus physiques et d’ailleurs, elle ne traduira peut-être jamais en bleus et lèvres ouvertes. Mais elle deviendra physique forcément, parce que l’emprise mange sa victime de l’intérieur. Ne plus dormir, ne plus manger (ou trop), vivre à un niveau de stress débile, avoir peur, se sentir coupable, douter de ses sens, de sa réalité, de sa propre santé mentale, etc., tout cela amène à une souffrance extrême qui devient physique. La violence commence tôt, par le manque de respect. Si vous lisez ces pages, j’aimerais que chacune de vous soit accompagnée pour (re)trouver son équilibre, s’affirmer dans sa relation ou en dehors…

 

Pourquoi je ne réponds pas à la question : « Doit-on quitter son compagnon ? »

 

Parce que justement, cela, ce n’est pas à moi de le décider.

Dans sa relation ou en dehors, chacune doit retrouver, à sa manière, le pouvoir de s’affirmer et d’être respectée.

Pour moi, les caractères malsain, abusif ou violent d’une relation sont des degrés de manifestation d’un même problème, basé sur un manque de respect de la personne. Bien sûr, il y a différents types de pathologies impliquées dans la construction de ces relations déséquilibrées et néfastes. Mon objectif n’est pas — et ne sera jamais — d’étudier les auteurs de ces maltraitances, mais de soutenir les femmes en souffrance. De les aider à acquérir l’indépendance d’esprit et la force de faire leur propre choix.

Les statistiques européennes et internationales, les recherches et publications de psychologie, ainsi que les données transmises par les organisations de soutien aux volontaires (par exemple aux bénévoles tels que moi-même) corroborent le fait que l’auteur des maltraitances ne changera pas. Et que le cycle de la violence est une spirale qui mène à la catastrophe. (J’ai une opinion, ou une métaphore au sujet de cette spirale, que je développerai dans un autre article.) Dans la majorité des cas, la séparation est la seule solution. La majorité ne veut pas dire tous les cas, et le timing est souvent important.

Je pense toutefois qu’il est plus facile d’assumer une séparation (réelle et définitive) quand on a compris les mécanismes que l’on subit, que l’on est lucide par rapport à ses attentes, que l’on a réussi à s’affranchir de la dépendance que l’on a par rapport à l’auteur des violences, à canaliser ses sentiments et que l’on est capable de prendre sa décision de manière consciente et libre.

Il arrive fréquemment que l’on entende des commentaires péjoratifs sur le cas de victimes qui retournent vivre avec un mari violent, un compagnon abusif… On ne comprend pas… Pourtant, c’est justement parce que la victime, qui s’est enfuie, peut-être sous les coups, n’avait pas eu le temps ou la possibilité de faire ce travail intime qui lui permette, en profondeur, de se libérer de l’emprise. Et ces retours ne sont qu’une étape navrante dans une dégringolade irréversible.

Peu de femmes ont accès à un soutien pour pouvoir se libérer de ces chaînes. Il est clair que l’accompagnement thérapeutique professionnel est la voie royale. Indiscutablement. L’expertise des services ou associations locales, de même. Mais est-ce une raison pour ne rien proposer d’autre ? À toutes celles qui sont loin des services ? À toutes celles qui ne peuvent justifier d’heures d’absence du domicile ? À toutes celles qui ne peuvent pas investir des milliers d’euros ou des mois de thérapie ?

Tel que je le vois, les organisations de soutien et d’entraide qui existent n’ont aucune raison de s’exclure les unes les autres. Nous les femmes sommes toutes dans des situations uniques, nos enjeux sont divers, nos disponibilités, nos ressources, notre accès même aux services d’entraide sont différents. Et puis notre réceptivité à différentes formes d’aide varie aussi.

Nous connaissons tous quelqu’un qui a arrêté de fumer, ou essayé. Ou essayé dix fois avant d’y parvenir. L’un l’a fait dans son coin à la seule force de sa volonté, un autre a réussi au sein d’une équipe de collègues de travail, un troisième a mâchouillé des pastilles à la nicotine pendant qu’un quatrième se faisait planter des aiguilles dans l’oreille, un cinquième d’ailleurs n’a pas encore réussi… Tous les conseils, toutes les approches sérieuses, qui encouragent et accompagnent les femmes victimes d’abus sont des pierres stables qui forment un gué vers la délivrance, vers la liberté d’être soi. Et d’être respectée en tant que telle.

Et comme je sais qu’éradiquer la violence à la racine est un souhait utopique, je me contenterai d’espérer que ce blog soit l’une des pierres stables sur laquelle construire votre vie libre.

N’hésitez pas à partager ci-dessous votre opinion et ce qui a marché pour vous. Quelles associations vous ont aidées, quel type de soutien vous a été bénéfique ? Quels livres avez-vous lus ? Vos commentaires et conseils peuvent être source d’inspiration pour d’autres !

publié le 9 juillet

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Virginie Loÿ

Je m’appelle Virginie Loÿ . Dans ce blog, je souhaite partager avec vous des informations et des conseils pour se libérer des liens d’une relation abusive ou violente.

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